Top 2016 – films

Profitons de ce début d’année pour revenir sur le millésime cinématographique 2016 désormais clos. Pour cela, nous nous plions bien volontiers à l’exercice, par essence subjectif, qui consiste à établir un top 10 des films vus en salle en 2016.

Vous pouvez cliquer sur le titre du film pour accéder à l’article dédié. Nous complétons ce top annuel par une analyse de celui-ci, notamment en le comparant à notre top 2015. Il y a un an, jour pour jour, la belle année cinématographique 2015 nous avait incité a publié ce top 2015 en guise de premier article de notre blog In Ciné Veritas. Quel verdict portons-nous sur le cru 2016 ?

Nous souhaitons à nos fidèles lecteurs une excellente année. Souhaitons-nous un millésime 2017 riche en propositions cinématographiques fortes.

1. Voyage à travers le cinéma français de Bertrand Tavernier (France)

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Genre : documentaire – Box office France : 49 278 entrées

Analyse brillante, passionnante, précise sur quatre décennies du cinéma parlant français à travers quelques réalisateurs, acteurs et compositeurs. Œuvre-somme, Voyage à travers le cinéma français est déjà un classique indispensable.

2. Les huit salopards de Quentin Tarantino (États-Unis)

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Genre : western – Box office France : 1 779 974 entrées

Ce film a déçu une partie des fans de Quentin Tarantino. Il nous a ravi par ses qualités techniques et son engagement politique. La filmographie de Tarantino acquiert là une dimension qui lui faisait défaut jusqu’ici et… Jennifer Jason Leigh, comme une évidence.

3. Eva ne dort pas de Pablo Agüero (Argentine)

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Genre : drame – Box office France : 14 092 entrées

Ambitieuse trilogie post mortem en triple huis-clos dédiée à la mémoire d’Eva Perón. Ni biographie, ni récit historique ou politique, Eva ne dort pas fascine par ses longs plans séquences baignés dans de somptueux clairs-obscurs.

4. Juste la fin du monde de Xavier Dolan (Canada)

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Genre : drame – Box office France : 1 034 528 entrées

Avec Juste la fin du monde, Xavier Dolan rompt avec Mommy et signe une deuxième adaptation au cinéma d’une pièce de théâtre bien plus convaincante que sa précédente tentative Tom à la ferme en 2013.

5. Mademoiselle de Chan-wook Park (Corée du Sud)

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Genre : drame, romance, thriller – Box office France : 271 932 entrées

Sublime écrin réceptacle d’une histoire en chausse-trappe d’émancipation saphique sur fond de conte sadien. Avec virtuosité, Chan-wook Park mêle dans ce thriller érotisme, fétichisme et culture coréenne et japonaise.

6. Elle de Paul Verhoeven (France)

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Genre : drame, thriller – Box office France : 572 617 entrées

Entre Buñuel et Chabrol, Paul Verhoeven manie ambiguïté, amoralité, cynisme et perversité. Les sujets sensibles abordés sont traités avec une liberté de ton devenue rare. Il en résulte un thriller psychologique atypique, étrange et sans cesse surprenant.

7. Nocturama de Bertrand Bonello (France)

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Genre : drame, thriller – Box office France : 58 158 entrées

Dans cette œuvre politique ambitieuse dénuée de tout manichéisme ou stigmatisation, Bertrand Bonello multiplie les plans séquences jusqu’à un épilogue désespéré exécuté sans sommation. Film de genre majeur.

8. The strangers de Hong-jin Na (Corée du Sud)

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Genre : thriller, policier, drame, épouvante-horreur – Box office France : 64 160 entrées

Thriller noir, horreur, épouvante, gore, zombies…, tels sont les genres manipulés par Hong-jin Na. Ce thriller en milieu rural confirme le sens inné du cadre et du rythme de son auteur.

9. Illégitime d’Adrian Sitaru (Roumanie)

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Genre : drame – Box office France : 11 685 entrées

Inceste, avortement. Adrian Sitaru cumule et conjugue les sujets audacieux et jette le trouble sur un couple illégitime, double fusionnel. Le traitement cinématographique sans concession proposé est brillant et intelligent.

10. Spotlight de Thomas J. McCarthy (États-Unis)

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Genre : crime, drame, histoire – Box office France : 624 459 entrées

Reconstitution sobre, intelligente et sans emphase d’une enquête journalistique d’investigation sur un réseau pédophile couvert par l’Église catholique. Scandale local à portée mondiale magistralement servi par un casting irréprochable.

Analyse

La comparaison de ce classement 2016 avec son prédécesseur nous permet d’identifier quelques similarités. La première d’entre-elles, probablement la plus visible, concerne la forte présence de films estampillés « drame ». Huit longs métrages répondent à ce genre cinématographique contre neuf en 2015. Pour autant, contrairement à la composition de notre top 2015, un second genre, celui du thriller, émerge avec quatre citations. Nous constatons au passage qu’aucun film de science-fiction n’a réussi à s’octroyer une place dans notre top annuel. Ils étaient deux en 2015.

Comme en 2015, cinq des dix longs métrages retenus étaient présentés au festival de Cannes (Voyage à travers le cinéma français, Juste la fin du monde, Mademoiselle, Elle et The strangers). Ce constat confirme que les sélections cannoises doivent toujours être suivies de près. Par contre, le suivi des palmarès semble moins primordial puisque parmi les primés de l’édition 2016, seul le dernier opus de Xavier Dolan s’immisce dans notre classement avec son Grand Prix du Jury. Il succède ainsi au Fils de Saul de László Nemes récompensé du même prix un an plus tôt et présent dans notre top 2015 comme The lobster de Yorgos Lanthimos, Prix du Jury en 2015.

Parmi les autres festivals majeurs, la sélection de la Nostra de Venise était doublement représentée dans notre top 2015 avec A la folie de Wang Bing  et Francofonia d’Alexander Sokurov. Peine perdue pour 2016, aucun film de la dernière édition de la Nostra n’a trouvé grâce à nos yeux.

La différence la plus frappante entre nos deux derniers tops annuels réside dans la quasi-disparition du cinéma de l’ancien bloc de l’Est dans notre classement 2016. En 2015, les trois marches de notre podium étaient aux couleurs de l’Estonie, de la Hongrois et de la Russie et nous indiquions « que le cinéma des pays de l’est [n’avait] jamais été aussi aventureux ». Il faut cependant indiquer qu’aucun des cinéastes majeurs de l’Est (Sokurov, Loznitsa, Zviaguintsev, Konchalovskiy, Kanevsky, Bykov, Germanika, etc.) n’a livré de nouvel opus en 2016 ou, pour ceux qui l’ont fait, ledit nouvel opus n’a pas (encore) fait l’objet d’une distribution dans les salles françaises. Seul le cinéma roumain a réellement été présent à l’affiche de nos cinémas ainsi qu’à Cannes. Mais, là encore, c’est hors des sélections festivalières que nous avons trouvé un représentant de notre top 10, à savoir Illégitime d’Adrian Sitaru passé sous de nombreux radars.

Le cinéma asiatique maintient à deux ses représentants dans notre classement annuel (Mademoiselle et The stranger). Le cinéma européen conserve également ses positions à la faveur d’une plus forte représentation du cinéma français : trois longs métrages (Voyage à travers le cinéma français, Elle et Nocturama) succèdent à Valley of love de Guillaume Nicloux, unique représentant tricolore dans notre top 2015. Les places perdues par le cinéma de l’Est sont donc gagnées par celui d’Outre-Atlantique. Absent de notre top 2015, le cinéma d’Amérique du Nord et du Sud compte pas moins de quatre membres dans notre classement 2016 (Les huit salopards, Eva ne dort pas, Juste la fin du monde et Spotlight).

Ce déplacement de l’est vers l’ouest de notre classement annuel se voit également dans le nombre d’entrées enregistré en France par notre top 10 : 4 480 883 en 2016 contre moins de 900 000 un an plus tôt. Les 237 000 entrées enregistrées par The lobster de Yorgos Lanthimos, meilleur box-office France de notre top 2015, sont ainsi allègrement dépassées par cinq films de notre top 2016 dont deux millionnaires, Les huit salopards de Quentin Tarantino et Juste la fin du monde de Xavier Dolan. Ces beaux chiffres ne doivent cependant pas masquer le faible nombre de tickets déchirés pour Nocturama de Bertrand Bonello et Eva ne dort pas de Pablo Agüero, deux œuvres risquées et ambitieuses qui méritaient amplement un meilleur soutien.

Enfin, notons l’absence de premier long métrage dans notre top 2016. Le premier long métrage de César Augusto Acevedo, La terre et l’ombre, échoue à la douzième place de notre classement derrière Midnight special de Jeff Nichols. Ce classement 2016 ne révèle donc pas de successeur à Martti Helde, Alex Garland et László Nemes qui, pour les deux premiers nommés, passeront l’épreuve du deuxième long métrage en 2017.

Finalement, notre top 2016 reflète un millésime inférieur à son prédécesseur. Il est certes plus proche des classements publiés par la presse spécialisée et donc plus « mainstream » mais compte moins d’œuvres fortes qu’en 2015. Le cinéma indépendant s’est montré plus timoré en 2016 qui ne l’avait été un an plus tôt. Au regard de l’ambition de certains films attendus cette année, le cru cinématographique 2017 devrait voisiner la saveur du cru 2015, verdict dans un an !

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