N.B. #1 – Les tricheurs (1958, Marcel Carné)

Gros succès en salle lors de sa sortie en 1958, Les tricheurs fut ensuite un des angles d’attaque des tenants de la Nouvelle Vague pour dénigrer un cinéma « ancien genre ». Ce film et toute la filmographie de Marcel Carné feront les frais de « critiques » pas toujours pertinentes. Soixante ans après sa réalisation, il est savoureux de constater que Les tricheurs a bien mieux vieilli que nombre de films estampillés « Nouvelle Vague », œuvres pour certaines tournées par les plus fervents détracteurs dudit Les tricheurs.

Dans le années 1950 à Saint-Germain-des-Prés, la jeune Mic rencontre Bob par l’intermédiaire d’une bande d’amis. Les différences de classes sociales, l’orgueil, les sentiments dissimulés auront raison de leur amour…

Il était ainsi de bon ton de ne pas apprécier Les tricheurs. Pourtant, dix ans avant mai 68, Marcel Carné, Jacques Sigurd et Charles Spaak adoptent un ton très libre dont l’écho est aussi perceptible dans les mœurs dissolues des personnages féminins incarnés par Pascale Petit et Andréa Parisy. Une moindre liberté est constatée chez les deux protagonistes masculins principaux interprétés par Laurent Terzieff et un « très 16ème [arrondissement] » Jacques Charrier.

Si la trame narrative demeure classiquement chronologique, la narration n’en est pas moins alerte. Les dialogues sont ainsi sporadiquement dynamisés par l’intrusion furtive d’un personnage extérieur. D’une séquence à l’autre et avec une belle fluidité, Carné fait alterner le porteur du rôle principal parmi les quatre comédiens précités. Et, après un jeu de la vérité frontal et en gros plans, le final des Tricheurs ne cesse d’accélérer son rythme d’abord par des séquences dansées puis par une course poursuite en voiture.

Ce film porte un propos fataliste et désabusé sur une jeunesse sans repère et dont les parents n’apparaîtront jamais à l’écran. Sur le tempo d’une très séduisante et très jazzy bande originale, Les tricheurs se révèle être une belle caisse de résonance d’une époque et de son atmosphère. Et, pour faire bonne mesure, outre les quatre rôles principaux mentionnés plus haut, remarquons le personnage épisodique endossé par Jean-Paul Belmondo ou encore les apparitions furtives de Guy Bedos, Yves Boisset, Dany Saval, Jacques Perrin, etc.

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