N.B. #7 – Le départ (1967, Jerzy Skolimowski)

Quand deux Nouvelles Vagues se rencontrent, l’une polonaise, l’autre française, nait Le départ, Ours d’or de la Berlinale 1967. Dans les remous formés, le spectateur ne peinera pas à voir enfreints aussi bien les codes du cinéma que le code de la route. Ce film de Jerzy Skolimowski bénéficie depuis aujourd’hui d’une ressortie en salle dans sa version restaurée.

Marc a 19 ans. Garçon coiffeur, il aime les voitures et veut participer au départ d’un rallye qui va avoir lieu dans deux jours. Seulement, il n’a pas de voiture. Nous allons le suivre pendant 48 heures dans sa course effrénée à travers Bruxelles à la recherche d’un véhicule ou de l’argent pour se le procurer. Finalement le hasard lui amène une voiture à domicile. Pourtant le départ n’aura pas lieu.

Ce film, référence et révérence à la Nouvelle Vague française, Jerzy Skolimowski l’a tourné en Belgique. C’est son premier long-métrage réalisé hors de sa Pologne natale. En digne « frère de cinéma de Godard », il emprunte amplement au cinéma du chef de file de la Nouvelle Vague française. Il s’attache notamment les services de Jean-Pierre Léaud et de Catherine Duport, reformant ainsi un duo vu un an plus tôt dans Masculin Féminin (Exercice de genres) de… Jean-Luc Godard.

Garçon coiffeur pour dames, Léaud, fougueux et désinvolte, incarne un amateur de grosses cylindrées allemandes et plus spécifiquement celles motorisées par Porsche. Le régime moteur du Départ est calé sur les partitions jazz avant-gardistes de Krzysztof T. Komeda. A ce free jazz, Skolimowski associe un film tout aussi libre dont le format 1.66 est drapé dans un beau noir et blanc.

Le cinéaste polonais fait étalage de son savoir-faire au fil de scènes en partie improvisées et prises sur le vif. Une bande son postsynchronisée et des effets visuels lors d’une exposition de voitures ou dans un miroir viennent encore relever l’ensemble. Le départ déboule ainsi sur les chapeaux de roue et déroule un récit qui, comme des diapositives ou des photographies, s’embrase sans coup férir.

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3 réflexions sur “N.B. #7 – Le départ (1967, Jerzy Skolimowski)

    • Attention Strum, le film emprunte pas mal à Godard et comme je crois savoir que tu ne fais pas partie des aficionados de JLG, tu risques de ne pas y trouver ton compte.
      Si tel est le cas, tu pourras te concentrer sur la BO composée par Komeda. Du grand free jazz qui ne peut pas laisser indifférent !

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      • Oui, mais j’aime bien Léaud et il y a des Godard que j’aime bien aussi. Et j’ai beaucoup aimé Deep End même si j’imagine que c’est différent. Merci pour l’avertissement en tout cas.

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