Olivia – Devoirs de demoiselles

Ce jour, ressortie en salle d’Olivia, film réalisé en 1951 par Jacqueline Audry qui fut l’une des pionnières du cinéma français au féminin. Cinéaste féministe dans l’âme, la réalisatrice joint dans Olivia le geste à la parole. Prenant l’homosexualité féminine pour thème principal, Audry fait la démonstration d’un cinéma féminin et féministe jusqu’à l’extrême.

1890. Mademoiselle Julie, professeur dans un pensionnat de jeunes filles, est une personnalité fascinante. A tel point qu’elle en vient à jeter le trouble chez l’une de ses élèves, Olivia, dont le cœur ne tarde pas à être en émoi. L’attitude pour le moins ambiguë du professeur pousse une jeune femme, Cara, très attachée à mademoiselle Julie, à commettre l’irréparable.

Olivia est l’adaptation cinématographique du roman éponyme de Dorothy Bussy écrit en 1933 et publié en 1949. Ici, Jacqueline Audry nous plonge dans le petit monde d’une pension de jeunes filles. Dans cet internat, tout est à sa place, sauf un livre dans une bibliothèque qu’une étudiante s’empressera de saisir en nous indiquant qu’elle est autorisée à le lire dans sa chambre ! Nous voilà embarqués dans l’égrainage, pendant quatre-vingt-dix minutes qui en paraissent le double, des chamailleries et états d’âme de ces demoiselles sans qu’on puisse y trouver grand intérêt.

Sur son blog, Bertrand Tavernier indique : « Jacqueline Audry a dirigé un petit corpus de films dont certains, comme le signale Jacques Lourcelles, osent aborder des thèmes tabous dans le cinéma français et qu’ils sont les seuls à évoquer à l’époque, en s’abritant souvent derrière le vernis du film à costumes, de la reconstitution ironique de la Belle époque. […] OLIVIA […] décrit l’univers d’un pensionnat de jeunes filles où l’amour et donc l’homosexualité féminine jouent un très grand rôle. »

Certes, nous ne contestons nullement l’ambition de la réalisatrice qui, au mitan du siècle dernier, abordait le thème de l’homosexualité féminine. Un fait rare à l’époque, mais le traitement trop timide débouche sur un film daté rendu inoffensif par les années qui nous séparent de sa réalisation. L’ensemble se voit même encore alourdi par les nombreux clichés véhiculés et une mise en scène extrêmement guindée et d’une platitude semblant rivaliser avec celle de l’interprétation des comédiennes. En directrices de l’établissement, les « demoiselles » Edwige Feuillère et Simone Simon ne font guère d’ombre à la débutante Marie-Claire Olivia.

Audry ne cachait pas ses convictions féministes qui influençait la composition du casting de ses longs-métrages. Ainsi, dans Olivia, nous ne dénombrons que quatre hommes dans le casting. Il y a un jardinier entraperçu quelques secondes de dos, dont le rôle mutique sera limité à couper le traditionnel sapin de Noël. Dans le dernier quart d’heure, trois juges seront « intronisés ». Là encore, les dialogues sont comptés et le filmage sera au mieux de trois quarts dos ! Ce film à l’univers trop bien rangé manque cruellement d’hormones masculines.

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