N.B. #9 – Menaces dans la nuit (1951, John Berry)

Suite à sa restauration, le dernier film américain réalisé par John Berry bénéficie d’une ressortie en salle. Menacé par le maccarthysme, le cinéaste américain fut ensuite contraint de s’exiler en France où il entama une seconde carrière avec Eddie Constantine pour acteur fétiche. Il fut aussi la voix américaine de Jean Gabin. Cette ressortie s’accompagne pour la Menace dans la nuit (1951) originelle d’une mise au pluriel. Le menace devient multiple mais l’affaire nous semble anecdotique tant le titre original – He ran all the way – sied bien mieux au récit proposé.

Nick Robey et Al Molin tentent de voler la paye d’une entreprise mais ils paniquent et tuent un policier. Pour échapper aux recherches, Nick se rend dans une piscine où il fait la connaissance de Peg Dobbs qui l’accompagne dans l’appartement où elle vit avec sa famille…

Menaces dans la nuit est un pur film de série noire américain qui présente des ressemblances avec Les forbans de la nuit (1950, Jules Dassin) et Le rôdeur (1951, Joseph Losey). Berry et Losey font appel au même scénariste, à savoir Dalton Trumbo qui, toujours pour cause de maccarthysme, n’est pas crédité au générique de ces deux films. Ce scénario est d’une extrême concision ce qui explique pleinement la courte durée du film limitée à soixante-dix-sept minutes.

Le récit se déroule essentiellement en huis-clos dans l’appartement de la famille Dobbs. Le scénario laisse planer le doute sur certains personnages susceptibles de jouer un double-jeu. L’ambiance et le climat oppressants que parvient à instaurer Berry proviennent d’une mise en scène qui s’attache à placer les décors de Harry Horner au centre des enjeux et des émotions. Ainsi, Menaces dans la nuit est notamment parsemé de cadrages peu courants au mitan du siècle dernier.

Pour ce qui sera son dernier rôle au cinéma, John Garfield interprète avec brio le sens de la culpabilité du personnage principal du film tout en s’éloignant significativement des canons de l’incarnation des caïds criminels de l’époque. Au-delà de son interprétation en tant qu’acteur, Garfield est à l’origine même du film puisqu’il acheta les droits du roman de Sam Ross, He ran all the way, en 1950. Shelley Winters lui donne la réplique mais livre une interprétation plus transparente.

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