N.B. #15 – Miracle en Alabama (1962, Arthur Penn)

Arthur Penn a fait trois adaptations du roman autobiographique d’Helen Keller, Sourde, muette et aveugle : l’histoire de ma vie. D’abord pour la télévision en 1957, puis au théâtre en 1959 et enfin pour le cinéma en 1962. Aujourd’hui, Miracle en Alabama réapparaît en version restaurée à l’affiche de nos cinémas. Ce film a valu à son duo central féminin composé d’Anne Bancroft et de Patty Duke, l’obtention respective de l’Oscar de la Meilleure actrice et de celui de la Meilleure actrice dans un second rôle.

Les parents d’Helen Keller, une fillette devenue aveugle et sourde alors qu’elle était encore bébé, font appel à Annie Sullivan, une institutrice spécialisée aux méthodes révolutionnaires, elle-même mal-voyante. Persuadée que les fonctions intellectuelles d’Helen sont intactes, Annie va utiliser les sens dont elle dispose, toucher, goût, odorat, pour l’éveiller au monde. La lutte est acharnée car Helen ne supporte aucune contrainte.

Le sujet difficile et douloureux de Miracle en Alabama appelait à un traitement tire-larmes. Mais, cinq ans avant Bonnie et Clyde (1967, Parker, Barrow et le Nouvel Hollywood), Arthur Penn s’éloigne déjà des codes du cinéma hollywoodien classique et propose une narration habile et brillante, loin des poncifs que nous pouvions craindre.

Les deux actrices principales, Anne Bancroft et la jeune Patty Duke, héritent chacune d’un rôle physique et difficile à tenir. Elles donnent à leur personnage respectif, peu aimable de prime abord, force et complexité. Nous pouvons aisément imaginer que certaines scènes ont été très compliquées à tourner et ont probablement nécessité plusieurs prises. Là encore nous ne pouvons que reconnaître la belle qualité de la direction d’acteur du cinéaste américain.

Pareille dureté non larmoyante émane du drame psychologique filmé sans concessions et sans emphase par Penn. En définitive, Miracle en Alabama ne cesse de surprendre agréablement. Le film est étrange et inclassable. Ses scènes de rêve filmées en noir et blanc, comme la totalité du film, mais avec un grain très marqué et des images en surimpression au flou savamment dosé participent au caractère hybride et fascinant de ce long-métrage.

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