N.B. #16 – L’angle mort (2019, Patrick-Mario Bernard et Pierre Trividic)

L’angle mort de Patrick-Mario Bernard et Pierre Trividic a été présenté au festival de Cannes cette année dans la sélection ACID. Ce film fragile au budget contraint est un vrai film de genre qui surprend dans le paysage cinématographique français actuel. Outre une bonne direction d’acteurs, L’angle mort bénéficie d’un scénario porté par une belle originalité.

Dominick Brassan a le pouvoir de se rendre invisible. Il ne s’en sert pas beaucoup. À quoi bon, d’ailleurs ? Il a fait de son pouvoir un secret vaguement honteux, qu’il dissimule même à sa fiancée, Viveka. Et puis vient un jour où le pouvoir se détraque et échappe à son contrôle en bouleversant sa vie, ses amitiés et ses amours.

L’angle mort démarre dans les années 1970 par quelques plans qui mettent en scène la disparition d’un nourrisson dans une boîte où règnent funk et marijuana. Cette introduction et la suite du film évoquent Incassable (2000) de M. Night Shyamalan.

Au fil d’un narration intimiste non exempt de quelques incohérences, le film relate la rencontre de l’invisible avec le visible. L’invisible est le personnage principal incarné par Jean-Christophe Folly doué d’invisibilité. Un don de super-héros que son propriétaire, un trentenaire lambda, vit comme un encombrant bagage non voulu. Le visible est son entourage interprété notamment par Isabelle Carré, Golshifteh Farahani et Sami Ameziane. L’aventure mêle le réalisme et le fantastique pour former un tout, une entité. Elle prend même une dimension insoupçonnée quand l’homme invisible (sous sa propre volonté) rencontre son contraire… sous les traits d’une femme aveugle de naissance.

L’originalité du scénario fait partie des qualités de L’angle mort. L’idée simple de filmer l’invisible comme s’il était visible et donc sans trucage vidéo est… bien vue. Le titre renvoie d’ailleurs à cette notion : l’invisible généré par l’angle mort reste visible si on change d’angle de vue. Ici, l’angle de vue proposé par Bernard et Trividic permet aux spectateurs de voir l’invisible qui reste invisible aux autres protagonistes du film. L’angle mort surprend en particulier tant que les ressorts de l’invisibilité et son déclenchement demeurent mystérieux, il perd ensuite un peu de son intérêt.

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