Maternal – Foi en l’instinct maternel

Dans Maternal, Maura Delpero aborde le thème de la maternité de mères adolescentes dans un pays – l’Argentine – où l’avortement demeure illégal. Ce premier long-métrage de la réalisatrice italienne n’a cependant pas vocation documentaire. Il interroge la féminité et l’attachement maternel sous deux prismes quasi antinomiques : la religion chrétienne d’une part, la soif de liberté et d’indépendance d’une jeunesse sans repère d’autre part. Il y a, à travers des tempéraments bien trempés, confrontation entre foi et certitudes, deux valeurs aux contours flous.

Paola quitte l’Italie pour Buenos Aires où elle doit terminer sa formation de Sœur au sein d’un foyer pour mères adolescentes. Elle y rencontre Luciana et Fatima, deux jeunes mères de 17 ans. A une période de leur vie où chacune se trouve confrontée à des choix, ces trois jeunes femmes que tout oppose vont devoir s’entraider et repenser leur rapport à la maternité.

Autrice jusqu’ici de deux documentaires en l’espace d’une décennie, Maura Delpero axe pour la première fois son scénario vers la fiction. Plus encore, elle adopte un point de vue singulier : celui de deux jeunes filles mères (Denise Carrizo et Agustina Malale) placées dans un foyer installé dans un couvent. Entre les murs de ce lieu de prières, deux mondes se confrontent : celui voué à la méditation et à la paix intérieure, et celui fait de conflits intérieurs et de rébellions envers une société dans laquelle il est très difficile de trouver sa place. Le monde décrit dans ces lieux intimes jouit d’une réalité certaine dont la source n’est autre que l’expérience vécue par la réalisatrice elle-même dans un foyer religieux.

Le début de Maternal fait d’ailleurs craindre une œuvre binaire avec d’un côté, des jeunes filles en rébellion systématique et de l’autre des bonnes sœurs en retrait et silencieuses dont sœur Paola interprétée par Lidiya Liberman. Mais Delpero trouve dans un second temps un juste équilibre entre ces deux écosystèmes antinomiques. Un récit d’une grande délicatesse s’installe alors même si la violence verbale, voire physique, peut resurgir à tout moment.

Sans manichéisme et animé d’une mise en scène classique, Maternal relève avant tout d’un pari narratif original que la réalisatrice-scénariste italienne parvient à mener à bon port. Pareil éloge peut être porté à la direction d’acteurs et en l’occurrence d’actrices qui n’en sont pas puisque le casting quasi entièrement féminin regroupe des comédiennes non professionnelles.

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