Mad Dog and Glory – De Niro mène l’enquête ou presque

John McNaughton réalise Mad dog and Glory en 1991 qui ne connaîtra un début d’exploitation en salles que deux ans plus tard. Pourtant, ce polar virant sciemment vers une comédie au ton volontiers ironique est pourvu d’un scénario sans temps mort et d’un beau casting regroupant Robert de Niro, Bill Murray, Uma Thurman et David Caruso dans les rôles principaux. A cela s’ajoutent la photographie de Robby Muller et la musique de Elmer Bernstein.

Wayne, surnommé ironiquement Mad Dog par ses collègues, sauve la vie d’un truand. Celui-ci, pour le remercier, lui envoie en cadeau une serveuse nommée Glory, mais lorsqu’au bout d’une semaine il veut la récupérer, Mad Dog en est tombé amoureux.

Wayne Dobie (Robert de Niro), policier anonyme, est flanqué de la belle Glory (Uma Thurman) prêtée pour une semaine par Frank Milo (Bill Murray). Ce dernier navigue entre affaires douteuses le jour et humour miteux le soir. Ce prêt vient en récompense d’un acte héroïque relevant plus du concours de circonstance que de l’acte prémédité.

Documentariste passé à la réalisation de films de fiction en 1986 avec Henry, portrait d’un serial killer, John McNaughton bénéficie donc d’un joli casting. Une distribution inspirée et complétée par David Caruso, autre acteur de talent, précédemment vu dans un rôle voisin chez Abel Ferrara dans King of New York (1990). Injustement méconnu, Mad dog and Glory est sa première réalisation pour un studio hollywoodien, en l’occurrence Universal Pictures. Martin Scorsese apparaît aussi parmi les producteurs du film.

De Niro interprète avec finesse et subtilité un policier exemplaire… par son anti héroïsme. Pour ses collègues qui le surnomment ironiquement Mad dog c’est un sujet de plaisanteries récurrent surligné par la ritournelle « pas de risque, pas de gloire » qui lui est régulièrement infligée. Néanmoins, la banalité de sa personnalité pèse et interroge Wayne Dobie. Ce mal-être donne lieu à quelques dialogues et situations cocasses. L’imagination de Richard Price auteur du scénario et précédemment de celui de La couleur de l’argent (1986, Martin Scorsese) est fertile et débouche sur des développements en décalage avec ce qui peut être pressenti par les spectateurs. Le film est ainsi émaillé de séquences réjouissantes telle cette scène de crime avec Just a gigolo en musique diégétique.

McNaughton livre un distrayant polar urbain observant de belles embardées parfaitement contrôlées. L’humour y est ironique sans jamais être potache. Mad dog and Glory défile à l’écran sans temps mort, l’énergie qui y circule est celle d’un chien fou. Elle vient en contrepoint de l’apparente apathie du personnage incarné par de Niro. Bien que sans réelle inventivité, la réalisation mise en œuvre par le cinéaste brille par son efficacité et son à-propos. Au final, Mad dog and Glory verse plus volontiers dans la comédie légère car, si l’enquête policière reste le fil conducteur du récit, le spectateur comprendra vite que sa conclusion, quelle qu’elle soit, importera peu.

Enfin, signalons pour finir que ce film bénéficie de la photographie calibrée par Robby Muller et de la musique composée par Elmer Bernstein. Voilà qui complète les talents qui ont œuvré à la réalisation de Mad dog and Glory, un film plaisant mais resté méconnu.

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