Une blonde émoustillante – Légère, rafraichissante, sensuelle

Une blonde émoustillante – © Malavida

A l’identique de Trains étroitement surveillés (1966, Belles mécaniques) et Alouettes, le fil à la patte (1969, Luttes sous contrôle), Jirí Menzel adapte au grand écran de nouveau un roman de Bohumil Hrabal (La chevelure sacrifiée, 1974). Là encore ce dernier coécrit avec le cinéaste le scénario du film titré Une blonde émoustillante (1981). Une collaboration bien rodée, fructueuse et toujours efficace puisqu’elle se déclinera en 1981 par l’obtention pour Menzel d’une mention spéciale lors de la Mostra de Venise.

Au début des années vingt, Francin dirige la brasserie d‘un petit village. La chevelure de Maryška, sa femme, cascade de boucles blondes, fait l’orgueil des villageois. Elle adore la bière, la saucisse et surtout, être entourée d’hommes, ce qui déplaît fortement à son mari… Pépin, le frère de Francin, débarque et bouleverse tout ce petit monde…

Le carton inaugural de Une blonde émoustillante permet la contextualisation et la localisation géographique de l’action. En l’occurrence, le spectateur se trouve immergé dans une brasserie. La « blonde émoustillante » du titre est une bière qui coule à profusion par ces contrées et vient accompagner la cochonnaille également fournie en quantité confortable. Cette présentation vaut pour la première partie du film. En effet, ce long-métrage réalisé par Jirí Menzel cultive d’abord les plaisirs simples de la chair…

Le titre du film est cependant à double sens car il fait aussi référence à la longue chevelure blonde du personnage principal féminin incarné par Magda Vasaryova. L’arrivée de l’excentrique beau-frère de celle-ci, Pépin, fait basculer la narration. Pépin, interprété par Jaromir Hanzlik, parle à la fois fort et beaucoup, raison certainement pour laquelle il ne lui est pas attribué l’épithète « le bref ». Le canevas narratif devient alors plus flou, moins perceptible à travers les envahissantes vocalises de Pépin.

Une blonde émoustillante – © Malavida

A l’écran, Une blonde émoustillante ménage une sensualité certaine en particulier à travers la présence physique de Vasaryova. Il y a aussi dans ce long-métrage un doux mélange entre romance et comédie parfois burlesque. Les ingrédients multiples du récit sont subtilement servis par la qualité d’écriture du scénario. Rien n’est ainsi exagéré, outrancier ou caricatural comme à l’accoutumé chez Menzel et Hrabal, duo au ton inimitable. Il ressort de ce film une pointe de nostalgie qui n’émane pas des autres réalisations du cinéaste. Ce fait nouveau est très probablement à rapprocher du roman source, La chevelure sacrifiée, récit évocateur des souvenirs de l’enfance provinciale du romancier.

La recette d’apparence simple était pourtant complexe à composer au regard des nombreux ingrédients rassemblés. Tout semble ainsi suspendu dans un juste équilibre où la légèreté d’un propos presque impalpable domine avant tout. En définitive, la narration avance comme avancerait celle d’un conte (pour adultes). Une blonde émoustillante est une ode à la vie et aux plaisirs que celle-ci peut procurer. Elle mérite d’être consommée et, plus encore, d’être dégustée sans modération.

Notons enfin que le rôle du médecin est tenu par l’acteur fétiche du réalisateur : Rudolf Hrusinsky. Celui-ci faisait déjà partie des personnages principaux de Un été capricieux (1968) et de Alouettes, le fil à la patte. De nombreuses autres collaborations lieront le cinéaste et l’acteur notamment durant les années 1980.

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