Pororoca, pas un jour ne passe – Nouvelle Vague porteuse

Film au long cours (2h30), drame psychologique profond, Pororoca, pas un jour ne passe est émaillé de deux longs plans-séquences radicalement différents. Ils sont autant de marqueurs d’une mise en scène réfléchie, intelligente et brillante. Ce film, réceptacle d’une excellente gestion des durées et des espaces dans un format Scope, positionne son auteur, Constantin Popescu, en bonne place dans la sphère du cinéma roumain actuel.

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En guerre – Otages défaits

Dans En guerre, Stéphane Brizé reprend le procédé mis en œuvre dans La loi du marché (2015). Vincent Lindon en leader syndicaliste est le centre de gravité d’un récit politique placé entre fiction et documentaire. Ni manichéen ni dogmatique, En guerre convainc dans sa globalité jusqu’à un épilogue en forme de surenchère dramatique à double détente : la première est inutile, la seconde est discutable.

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N.B. #1 – Les tricheurs (1958, Marcel Carné)

Gros succès en salle lors de sa sortie en 1958, Les tricheurs fut ensuite un des angles d’attaque des tenants de la Nouvelle Vague pour dénigrer un cinéma « ancien genre ». Ce film et toute la filmographie de Marcel Carné feront les frais de « critiques » pas toujours pertinentes. Soixante ans après sa réalisation, il est savoureux de constater que Les tricheurs a bien mieux vieilli que nombre de films estampillés « Nouvelle Vague », œuvres pour certaines tournées par les plus fervents détracteurs dudit Les tricheurs.

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Adua et ses compagnes – Merlin n’a pas vocation enchanteresse

Après Du soleil dans les yeux (1953) et Je la connaissais bien (1965), le distributeur Les Films du Camélia poursuit son travail de réhabilitation de l’œuvre cinématographique d’Antonio Pietrangeli. Ainsi, fin janvier, Adua et ses compagnes (1960) est réapparu en salle en version restaurée. Dans la filmographie de son auteur, ce cinquième long-métrage se caractérise par la mise en scène non pas d’une unique héroïne mais d’un quatuor féminin franco-italien.

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L’homme qui tua Don Quichotte – ¿ « Quixote vive » ?

L’homme qui tua Don Quichotte démarre au son d’une voix, celle de Terry Gilliam. En voix off sur un écran noir, le cinéaste témoigne que ce film est le fruit de vingt-cinq ans de travail… et de foire d’empoigne ! Dès lors, il est légitime de s’interroger sur ce qui caractérise le plus ce long-métrage espéré de longue date et à la genèse maudite. Est-ce que L’homme qui tua Don Quichotte reflète le long labeur annoncé ou relève-t-il plutôt d’un ersatz de film, possible spécimen de foire ?

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Foxtrot – Tragédie chorégraphiée

En 2009, Samuel Maoz obtenait le Lion d’Or au Festival de Venise dès son premier film, Lebanon. Huit ans plus tard, c’est le Lion d’Argent de la Mostra qui célébra son second métrage, Foxtrot. Le cinéaste israélien use d’une mise en scène extrêmement précise et livre un film très formaliste qui n’abandonne pas pour autant tout propos. Le récit de Foxtrot délaye une réflexion sur les traumas d’une société malade, celle d’Israël, doublée d’une dénonciation de l’absurdité de la situation militaire de l’État hébreu.

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Everybody knows – En terrains connus de tous

Asghar Farhadi est l’auteur de récits remarquablement ancrés dans le contexte social et politique de son pays. En 2013, le cinéaste iranien avait réalisé Le passé. Cette première tentative d’exporter son cinéma nous avait moyennement convaincu. Le passé n’avait pas la force des œuvres précédentes du cinéaste. Celui-ci n’était pas parvenu, à nos yeux, à redresser la barre dans sa réalisation suivante en Iran, Le client (2016, Crime, châtiment et esquives), pourtant animée par des acteurs locaux. Avec Everybody knows, Farhadi réitère l’expérience de Le passé mais cette fois-ci en langue et terres espagnoles.

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