La favorite – Luttes des castes

En comparaison avec les précédents films réalisés par Yórgos Lánthimos, La favorite a, par sa moindre cruauté, vocation à trouver l’adhésion d’un public plus large. Cette tragi-comédie nihiliste, troisième film en langue anglaise du cinéaste grec, dresse un portrait satirique de la cour d’Angleterre du début du XVIIIème siècle. Le cinéaste filme au grand angle cette cour et les jeux de pouvoir qui l’animent notamment à travers un trio amoureux incarné par les comédiennes Olivia Colman, Rachel Weisz et Emma Stone.

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Une intime conviction – Le réel plutôt que la fiction

Une intime conviction est le premier long-métrage réalisé par Antoine Raimbault. A côté de l’attendu film de procès dicté par la véridique affaire Suzanne Viguier et le procès en appel qui en découla, le cinéaste livre un polar social purement fictionnel. Ce polar-juridique est donc un film double dont la part la plus convaincante n’est pourtant pas celle qui était la plus simple à maîtriser.

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Green book : sur les routes du sud – « Là où la géographie importe »

Délaissant les comédies à l’humour régressif commises avec son frère, Peter Farrelly s’emploie dans Green book à la mise en scène d’un scénario original relatant la complicité entre Don Shirley (1927-2013) et Tony Vallelonga (1930-2013). Dans l’Amérique encore ségrégationniste du début des années 1960, Green book est avant tout affaire de dualités entre deux hommes que tout opposait.

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Ixcanul – Pour un ailleurs

Ixcanul est à ce jour un des rares films guatémaltèques qui soit parvenu jusqu’à nous. Mieux encore, dans son premier long métrage, Jayro Bustamante nous parle de son pays, le Guatemala, à travers la communauté maya des Cakchiquel. Ixcanul est un film singulier assurément, logique lauréat à la Berlinale 2015 du prix Alfred-Bauer (Ours d’argent) dont l’objet est de récompenser une « vision esthétique singulière et novatrice ».

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Roma – Cinéma-système (2/2)

Décevant sur le fond, Roma – premier film d’Alfonso Cuarón ayant pour unique scénariste le cinéaste lui-même – avance d’autres arguments sur le plan formel cette fois. Très travaillées, la mise en scène et la photographie pourraient inscrire le Lion d’Or 2018 dans la lignée du précédent film de CuarónGravity réalisé en 2013. A savoir, innovations graphiques en moins, l’enfermement d’un récit famélique par la mécanique rutilante d’un schéma formel très (trop ?) calculé.

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Border – Incertain regard

Shelley (2016), premier long métrage d’Ali Abbasi, reste à ce jour inédit en France. Pour sa part, Border son deuxième opus ne passe pas inaperçu. Dans la quête identitaire menée par Tina (Eva Melander) flanquée de Vore (Eero Milonoff) son double masculin, le cinéaste se joue des limites du cinéma de genre. A l’image de Get out (2017, Mixité des genres) de Jordan Peele mais dans un autre registre, Border déplace les bornes pour rendre visite sans rendre visible la frontière entre animalité et humanité. De ce parti pris fort nait un film étrange, troublant et par instant prodigieux.

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