Fête de famille – Dégénération

Parmi les cinéaste français, Cédric Kahn fait partie de ceux qui savent s’aventurer sur des terrains extérieurs à leur « pré carré ». Ainsi à La prière (2018, Vœu pieux ?) succède Fête de famille, soit la visite d’un genre cinématographique récurrent du cinéma français, celui axé sur les histoires familiales contemporaines. Malheureusement, il couple cette visite avec l’adoption de manquements tout aussi récurrents du même cinéma français. Les intentions sont bonnes, mais il est difficile d’user du même qualificatif vis-à-vis du résultat à l’écran.

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Once upon a time… in Hollywood – 1969, année filmique

Bien que présenté en sélection officielle à Cannes et malgré ses indéniables et nombreuses qualités, Once upon a time… in Hollywood de Quentin Tarantino n’a obtenu aucun prix, exception faite de l’anecdotique Palm dog. Toujours réalisateur et scénariste, mais, fait nouveau, également coproducteur, l’auteur de Reservoir dogs (1992) nous livre un film dont chaque souffle respire le cinéma. Puisque les deux volumes de Kill Bill ne comptent que pour un, ce neuvième et donc avant-dernier film ouvre une attente forte : celle d’une version « uncut » qui pourrait être diffusée sous la forme d’une mini-série.

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N.B. #15 – Miracle en Alabama (1962, Arthur Penn)

Arthur Penn a fait trois adaptations du roman autobiographique d’Helen Keller, Sourde, muette et aveugle : l’histoire de ma vie. D’abord pour la télévision en 1957, puis au théâtre en 1959 et enfin pour le cinéma en 1962. Aujourd’hui, Miracle en Alabama réapparaît en version restaurée à l’affiche de nos cinémas. Ce film a valu à son duo central féminin composé d’Anne Bancroft et de Patty Duke, l’obtention respective de l’Oscar de la Meilleure actrice et de celui de la Meilleure actrice dans un second rôle.

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Quentin Tarantino, 1970, 7 ans, l’âge de raison

Après le visionnement de Once upon a time… in Hollywood et avant de vous livrer notre analyse de ce film, il nous paraît opportun de revenir sur la master class tenue par Quentin Tarantino lors de l’édition 2016 du festival Lumière. En effet, il y a trois ans, l’auteur de Pulp fiction évoquait l’année 1970 comme bascule définitive du cinéma américain dans le Nouvel Hollywood. L’année précédente, 1969, est celle qui hante le dernier opus en date du cinéaste américain.

Avec le débit mitraillette que nous lui connaissons, multipliant les précisions et les références, Tarantino se prêta volontiers au délicat exercice de la master class. Ce mercredi soir 12 octobre 2016, un solide bagage cinéphile n’était pas superflu. Récit d’une master class passionnante prémonitoire à Once upon a time… in Hollywood.

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Les ailes du désir – Désirs d’elle

En 1984, Wim Wenders réalisait Paris, Texas, un film pleinement ancré dans le réel américain. Trois ans plus tard, le cinéaste allemand prend tous ses suiveurs à contre-pied en livrant Les ailes du désir, véritable ode métaphysique dédiée à Berlin, personnage à part entière du film. Il compose une œuvre en apesanteur dans cette ville-cicatrice barrée par un mur séparant ses faubourgs ouest de ses quartiers est. Il naît une envolée lyrique et poétique de la structure audacieuse tant sur le plan de la narration que sur celui de la forme.

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Une grande fille – Grandeur et puissance

En 2017, dès son premier film, Tesnota, une vie à l’étroit (Cadres étroits, regard large), Kantemir Balagov avait remporté le prix de la critique internationale (FIPRESCI) dans la sélection cannoise Un Certain Regard. Deux ans plus tard, bis repetita pour ce jeune metteur en scène russe. Son deuxième film, Une grande fille, suit les traces de son aîné : sa sélection à Cannes dans la catégorie Un certain regard se conclut par l’obtention du même prix FIPRESCI auquel s’ajoute celui de la mise en scène. Le personnage central féminin de Tesnota se double ici pour former un duo composé par deux actrices débutantes et convaincantes car bien dirigées, Viktoria Miroshnichenko et Vasilisa Perelygina.

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