Le septième juré – Juré « presque innocent »

En 1962, Georges Lautner réalise Le septième juré. Alors que le cinéma français est agité par la Nouvelle Vague, ni le cinéaste ni ses films n’auront été invités à surfer sur cette vague. Pourtant, derrière une structure de narration classique héritée de « la qualité française », Le septième juré jouit de qualités tout à fait notables. Un large casting regroupant d’excellents acteurs parfaitement dirigés, une mise en scène soignée et variée font partie de celles-ci.

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Les choses de la vie – Fuite en arrière

Les choses de la vie, prix Louis Delluc en 1970, est probablement le film le plus emblématique de Claude Sautet. Le cinéaste se livre à un exercice de style tant formel que narratif qui interpelle au regard de ses autres réalisations. C’est à travers les souvenirs du personnage incarné par Michel Piccoli, indécis dans sa vie double entre son ex-épouse interprétée par Lea Massari et sa maîtresse sous les traits de Romy Schneider, que Les choses de la vie se matérialise, atemporel.

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Vincent, François, Paul… et les autres – Crise économique, chocs existentiels

Dans la filmographie de Claude SautetVincent, François, Paul… et les autres réalisé en 1974 est le film qui jouit de la plus grande notoriété tant auprès du public que des critiques. Ce constat est probablement lié, en partie, à l’impressionnant casting réuni : Michel PiccoliYves MontandSerge ReggianiGérard DepardieuStéphane AudranMarie Dubois… Un film choral excellemment servi par ses acteurs et dont ressort, à nos yeux, l’interprétation sans faille de Michel Piccoli, d’une justesse rare dans de multiples registres.

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Les années difficiles – Euphémisme, eux font mine

Dès 1948, soit à peine trois ans après la mort de Mussolini et la fin de la seconde Guerre Mondiale, Luigi Zampa fait œuvre pamphlétaire. Son titre ? Les années difficiles. Un titre programmatique et, malgré son extrême justesse, forcément réducteur par rapport aux souffrances vécues à l’époque. Le cinéaste italien y aborde l’histoire tumultueuse de son pays sur plus d’une décennie courant jusqu’à la fin du second conflit mondial.

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Pinocchio – Faire peu de tout bois

La sortie en salle française de Pinocchio réalisé par Matteo Garrone n’aura pas lieu. D’abord programmée au 18 mars, elle a été reportée au 1er juillet prochain pour cause de crise sanitaire. Le Pacte, distributeur français du film, a finalement posé son dévolu sur la date du 4 mai et opté pour une distribution via la plateforme Amazon Prime. Un choix dicté par des raisons financières pour un film destiné au grand écran, présenté en février dernier lors de la Berlinale et nommé quinze fois aux prochains David di Donatello (César italiens). Le succès obtenu par Pinocchio dans les salles italiennes n’aura donc pas d’équivalent en France.

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Devs – Deus ex machina

D’abord brillant scénariste notamment pour Danny Boyle (La plage, 28 jours plus tard, Sunshine), Alex Garland est passé derrière la caméra mais sans délaisser l’écriture scénaristique en 2014 avec Ex machina (Futur film culte). Cette première excellente réalisation peu remarquée fut suivie et confirmée par Annihilation (Le miroitement : faits, science, fiction) réalisé en 2018. « Trop intello, trop compliqué » selon David Ellison, l’un de ses producteurs, Annihilation avait alors été relégué à une diffusion via le réseau Netflix. Un chemin de traverse qui ne plaidait pas pour une reconnaissance plus large bien que pourtant méritée. En 2020, Garland, toujours scénariste (ici, « créateur »), élargit le champ des possibles… et son temps d’antenne en livrant Devs, une série TV dont il assure aussi la réalisation et la production. Verdict ? Tant scénariste que réalisateur, Garland demeure à nos yeux l’un des auteurs-cinéastes les plus fascinants d’un siècle naissant.

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Le jardin des Finzi-Contini – Mourir une première fois

Du beau et mortifère roman autobiographique Le jardin des Finzi-Contini (1962) de Giorgio Bassani, auteur et narrateur, Vittorio de Sica tire un film quasi éponyme. En effet, étrangement, le titre du film dans sa version originale (Il giardino dei Finzi Contini) perd le trait d’union porté par le patronyme composé de la famille visitée. Est-ce là une simple erreur de typographie ou une volonté de scinder la famille-titre pourtant unie en deux entités distinctes ? Est-ce prémonitoire à la chronique d’une mort annoncée ? Mystère. Des interrogations futiles peut-être face à un film réalisé en 1970 et qui remporta l’Ours d’or à Berlin en 1971 puis l’Oscar du meilleur film étranger en 1972.

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