N.B. #12 – Menocchio (2018, Alberto Fasulo)

Tant sur le thème abordé que sur ses aspects formels, Menocchio d’Alberto Fasulo ne conviendra pas à tout le monde. Le film animé par un casting composé de comédiens amateurs reflète dans ses beaux clairs-obscurs l’âpreté et la densité dosées de son sujet.

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El reino – Thriller politique sans fard

En 2016, Rodrigo Sorogoyen présentait Que Dios nos perdone (Noirceur et nihilisme exaucés). Ce thriller avait par ses qualités retenu toute notre attention au point de le placer en cinquième position de notre Top 10 annuel. Nous attendions donc de pied ferme la prochaine réalisation de ce jeune cinéaste espagnol. C’est sous le titre de El reino qu’elle s’affiche actuellement au programme des salles obscures françaises. Notre attente n’a pas été déçue, bien au contraire. Les qualités observées dans Que Dios nos perdone sont décuplées dans El reino.

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Tous les matins du monde – L’art sans retour ni détour

Passionné de musique baroque, Alain Corneau réalise Tous les matins du monde en 1991. Ce film en costumes, baroque et austère surprend de la part d’un cinéaste passé maître dans la réalisation de polars en digne héritier de Jean-Pierre Melville. La surprise est même double quand on constate que le rôle principal est confié à Jean-Pierre Marielle utilisé ici dans un registre janséniste diamétralement opposé aux personnages hâbleurs et extravertis qui ont fait sa notoriété. Tous les matins du monde est le plus grand succès public de Corneau. Le même accueil favorable est constaté du côté des professionnels qui récompensèrent le cinéaste du Prix Louis-Delluc en 1991 et de sept Césars en 1992 dont ceux du meilleur réalisateur et du meilleur film.

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Vernon Subutex – Dérive et sous-contexte

La série Vernon Subutex créée par Cathy Verney est l’adaptation pour le petit écran du bestseller éponyme de Virginie Despentes. Plus précisément, la réalisatrice et coscénariste s’empare des deux premiers volumes de ce bestseller qui en compte trois. Elle met en images – ne galvaudons pas le terme de mise en scène – la dérive du personnage-titre en neuf épisodes d’une trentaine de minutes.

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Monrovia, Indiana – A Monrovia comme ailleurs

Depuis l’élection en 2016 de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, nombre de films et de documentaires ont cherché à saisir et expliquer cet évènement. A la lecture de son synopsis, Monrovia, Indiana réalisé par Frederick Wiseman parait appartenir pleinement à cette veine « analytico-trumpiste ». Du moins, il nous est présenté comme tel.

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Le livre d’image – Montage, son éternel souci

Récompensé du Prix du jury lors du festival de Cannes en 2014 pour Adieu au langage, Jean-Luc Godard revient avec un nouvel objet filmique, Le livre d’image. En 2018, ce n’est pas moins qu’une Palme d’or spéciale qui vint saluer ce film mais aussi et probablement toute l’œuvre cinématographique de l’auteur d’A bout de souffle (1960). Le livre d’image résonne comme un adieu au cinéma après l’Adieu au langage formulé quatre ans plus tôt. Ainsi vont les Histoire(s) du cinéma (1989-1999) auxquelles l’ultime opus en date du chef de file de la Nouvelle Vague paraît intimement lié.

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Nuestro tiempo – L’adulte erre, toujours

Habitué du festival de Cannes, Carlos Reygadas y a remporté le prix du Jury en 2007 avec Lumière silencieuse et celui de la Mise en scène en 2012 avec Post tenebras lux. En 2018, son dernier opus, Nuestro tiempo, n’a pas eu les honneurs d’une sélection cannoise mais ceux de la Mostra de Venise. Pourtant, sa filiation avec Lumière silencieuse est particulièrement forte au point, semble-t-il, de freiner l’ambition narrative qui aurait pu (dû ?) animer Nuestro tiempo.

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