Cœurs cicatrisés – Affections béantes

Radu Jude ne figure pas parmi les plus connus des réalisateurs de la Nouvelle Vague du cinéma roumain. La couverture médiatique offerte aux réalisations de ses compatriotes Cristian Mungiu, Cristi Puiu ou encore Corneliu Poromboiu est bien plus large. Pourtant ce quadragénaire passé à la réalisation de longs-métrages depuis une dizaine d’années bâtit une œuvre cinématographique dont chaque élément paraît essentiel après visionnement. Cœurs cicatrisés réalisé en 2016 ne déroge pas à ce constat. Pourtant ce film n’a jamais été distribué en France par quelque moyen que ce soit (salles, DVD, Blu-ray, VOD) malgré l’obtention du Prix du jury lors de l’édition 2016 du festival de Locarno !

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Grandeur et décadence d’un petit commerce de cinéma – Manifeste anti Pirates

Œuvre rare sur les écrans, Grandeur et décadence d’un petit commerce de cinéma fait partie des quelques contributions de Jean-Luc Godard à la fiction télévisuelle. Ce film produit et diffusé par TF1 en 1986 appartient à une époque révolue durant laquelle la première chaîne de télévision française s’aventurait à financer des réalisations aventureuses. L’écrin de Grandeur et décadence… n’était autre que la collection Série Noire dirigée Pierre Grimblat. Ici, Godard adapte très librement le polar Chantons en chœur ! de James Hadley Chase. A l’écran, Jean-Pierre Léaud incarne un cinéaste flanqué de Jean-Pierre Mocky en… producteur fauché (autoportrait ?).

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So long, my son – Unique et indivisible

Xiaoshuai Wang n’a pas eu les honneurs d’une sélection à Cannes cette année mais son film So long, my son a très bien été reçu au festival de Berlin. Jingchun Wang et Mei Yong, ses deux interprètes principaux, ont ainsi respectivement reçu l’Ours d’argent du meilleur acteur et de la meilleure actrice lors la dernière Berlinale. Ces deux comédiens trouvent dans le mélodrame familial mis en images un vaste terrain de jeu avec, en toile de fond, la politique de l’enfant unique en Chine.

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Chernobyl – Cœur explosif et invisible irradiant

Chernobyl est une excellente mini-série diffusée par OCS et plusieurs services de VOD. Le cinéaste suédois Johan Renck met en images en cinq épisodes cumulant cinq heures et demi de visionnement un récit implacable de Craig Mazin. Cette fiction sur la catastrophe nucléaire de Tchernobyl animée d’un souci constant du détail bénéficie d’une précision quasi documentaire. Il émane de ce récit-catastrophe en forme de chronique glaçante un effet de réel saisissant, captivant, fascinant.

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Parasite – Débats en haut

Au palmarès des Palmes d’or du festival de Cannes, à Une affaire de famille de Hirokazu Kore-eda succède une autre affaire de famille, celle proche, le Japon et la Corée sont voisins, de Bong Joon-ho. Si la Palme d’or 2018 ne nous avait guère convaincue (Affaire courante), celle de 2019, peu contestée, émerge d’une sélection officielle « excellente », voire « exceptionnelle » pour de nombreux journalistes. De plus, Parasite, puisque tel est son titre, est originaire de Corée du sud. Nous sont venus du pays du matin calme de remarquables films tels que Burning en 2018 (Au brasier des délices) de Lee Chang-dong ou encore Mademoiselle en 2016 (Thriller saphique à tiroirs) de Park Chan-wook. Deux excellents longs-métrages qui ont aussi eu les honneurs de la sélection officielle du festival de Cannes mais, faits incompréhensibles, sans obtenir le moindre prix. Le rendez-vous était donc pris avec Parasite, chef-d’œuvre en puissance.

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La dernière séance – Fin d’époque et innocence perdue

Nommé huit fois aux Oscars en 1972, La dernière séance de Peter Bogdanovich y remporta ceux des meilleurs actrice et acteur dans un second rôle. Deux Oscars décernés respectivement à Cloris Leachman et à Ben Johnson qui remporta aussi le même prix aux Golden Globes de 1972. Ces nominations et ces récompenses parmi tant d’autres venaient saluer un titre emblématique du Nouvel Hollywood. Aux États-Unis, elles firent de Bogdanovich un scénariste-réalisateur reconnu dès ce troisième film de fiction. En terres américaines, il devint le chef de file des réalisateurs qui tournaient des films à l’européenne. En France, alors que La dernière séance s’inscrivait dans la veine de la Nouvelle Vague dont son auteur s’inspirait pleinement, l’accueil fut moins chaleureux. Étrangement, Bogdanovich n’a jamais bénéficié sous nos latitudes d’une presse favorable.

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N.B. #14 – Wrong cops (2013, Quentin Dupieux)

D’abord chapitre, puis court-métrage, puis film et enfin mini-série dont il est question ici, Wrong cops de Quentin Dupieux n’a pas la saveur de ses aînés, notamment Rubber (2010) et Wrong (2012). La part conceptuelle de cette réalisation est circonscrite à l’utilisation d’optiques russes des années 60 sur un Canon 5D. D’un point de vue visuel, les images obtenues sont laides. La surexposition de certaines d’entre elles ne constitue qu’un procédé cache misère.

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