Je la connaissais bien – Portrait d’une enfant déçue

Avant-dernier opus d’une filmographie trop courte, Je la connaissais bien (1965) rend compte du chemin parcouru par Antonio Pietrangeli depuis son premier film, Du soleil dans les yeux (1953). Voisins dans leur thème, chronique amère à la psychologie opaque d’une jeune femme provinciale cherchant fortune professionnelle à Rome, ces deux subtils et solides portraits d’une jeune femme provinciale fragile diffèrent pourtant tant sur la forme que sur le fond. Chacun acquiert, au fur et à mesure de son visionnage, une identité propre pour figurer un même désenchantement.

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Festival International du Film de La Rochelle 2018

J-1 ! Durant toute la durée du Festival International du Film de La Rochelle (FIFLR), du 29 juin au 8 juillet, nous invitons nos lecteurs à nous suivre au fil d’un large et éclectique programme cinématographique.

Nous allons donc piocher dans ce programme composé d’environ 200 films et documentaires. Nous assisterons à de multiples projections et partagerons notre ressenti quotidiennement notamment à travers notre Journal de critiques.

Au chapitre des rétrospectives, nous suivrons celles rendues aux cinéastes Ingmar Bergman et Robert Bresson. Nous ne délaisserons pas pour autant la section « Les drôles de dames du cinéma muet » qui rendra hommage à des actrices telles que Clara Bow, Marion Davies, Beatrice Lillie, Colleen Moore, Ossi Oswalda, etc.

Et, à travers l’hommage rendu au réalisateur Aki Kaurismäki, nous irons quérir un peu de fraîcheur du côté de la Finlande. Notre trajet aura aussi pour étape la Bulgarie balisée par la section « Du côté de la Bulgarie » qui met à l’honneur une nouvelle génération de cinéastes bulgares.

Enfin, les sections « Ici et ailleurs » et « D’hier à aujourd’hui » composées respectivement de films récents inédits et de films de patrimoine restaurés ou réédités viendront compléter un copieux menu auquel nous vous convions.

Consultez notre Journal Critique FIFLR 2008.

N.B. #1 – Les tricheurs (1958, Marcel Carné)

Gros succès en salle lors de sa sortie en 1958, Les tricheurs fut ensuite un des angles d’attaque des tenants de la Nouvelle Vague pour dénigrer un cinéma « ancien genre ». Ce film et toute la filmographie de Marcel Carné feront les frais de « critiques » pas toujours pertinentes. Soixante ans après sa réalisation, il est savoureux de constater que Les tricheurs a bien mieux vieilli que nombre de films estampillés « Nouvelle Vague », œuvres pour certaines tournées par les plus fervents détracteurs dudit Les tricheurs.

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Adua et ses compagnes – Merlin n’a pas vocation enchanteresse

Après Du soleil dans les yeux (1953) et Je la connaissais bien (1965), le distributeur Les Films du Camélia poursuit son travail de réhabilitation de l’œuvre cinématographique d’Antonio Pietrangeli. Ainsi, fin janvier, Adua et ses compagnes (1960) est réapparu en salle en version restaurée. Dans la filmographie de son auteur, ce cinquième long-métrage se caractérise par la mise en scène non pas d’une unique héroïne mais d’un quatuor féminin franco-italien.

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Festival Travelling 2018 (Vienne)

Du 20 au 27 février se tient à Rennes l’un des festivals de cinéma les plus cinéphile et exploratoire qui soit, Travelling. Durant cette 28ème édition, après Tanger en 2017, c’est la ville de Vienne qui est mise à l’honneur durant une semaine. La capitale autrichienne est donc placée sous les projecteurs d’une programmation aussi large que variée. Le programme concocté par l’association organisatrice Clair Obscur est librement consultable au format pdf sur ce lien.

Au-delà des rencontres et concerts programmés, les occasions vont donc être nombreuses de redécouvrir des œuvres cinématographiques majeures signées par, et pour ne citer qu’eux, Michael Haneke, Ulrich Seidl, Max Ophuls, Ernst Lubitsch, Axel Corti, etc. Certains honoreront le festival Travelling de leur présence, notamment les réalisateurs Barbara Albert, Peter Kubelka, Virgil Widrich, Patric Chiha, ou encore le scénariste Jean-Luc Fromontal.

Mais le festival Travelling n’est pas uniquement tourné vers un cinéma du passé. Ainsi, neuf courts-métrages contemporains seront mis en concurrence dans le cadre de la sélection Urba[Ciné]. De nombreux films présentés en avant-première en présence de leur réalisateur et/ou équipe de film viennent émailler une programmation pléthorique.

Notre journal de critiques est librement consultable sur cette page dédiée.

Octobre à Paris – Devoir de mémoire

Dans Octobre à Paris, Jacques Panijel délaisse une approche historique au profit d’un regard militant et politique pour relater les tragiques évènements du 17 octobre 1961. Le réalisateur mêle captation documentaire, reconstitution des évènements relatés et commentaires militants dans un brûlot dénonciateur d’une tragédie niée par les autorités françaises. La fragilité technique de ce documentaire réalisé clandestinement et avec très peu de moyens est amplement compensée par la force des témoignages qu’il recèle.

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Les portes de la nuit – Au seuil du réalisme poétique

Marcel Carné à la réalisation, Jacques Prévert au scénario, Joseph Kosma à la musique, Alexandre Tauner aux décors, Philippe Agostini à la photographie et une belle distribution de seconds rôles, tel peut être le résumé de la fiche signalétique des Portes de la nuit. Tourné en 1946 et abordant avec noirceur et pessimisme des thèmes encore trop actuels, ce film fut incompris et rejeté par la critique lors de sa sortie en salle. Il aurait été un succès s’il avait été réalisé quelques années plus tard et mérite d’être redécouvert.

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