The wicked darling – Browning-Chaney première

Comment maintenir le lien avec son public festivalier en temps de fermeture des salles de cinéma ? Les organisateurs de l’Arras Film Festival ont opté pour l’organisation de ciné-concerts. Un choix original qui ne peut que ravir les cinéphiles passionnés de cinéma muet. Leur chaîne YouTube #ArrasFilm permet ainsi l’accès libre au dernier ciné-concert en date visant à célébrer The wicked darling réalisé en 1919 par Tod Browning et dont il est question ici.

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Mad Dog and Glory – De Niro mène l’enquête ou presque

John McNaughton réalise Mad dog and Glory en 1991 qui ne connaîtra un début d’exploitation en salles que deux ans plus tard. Pourtant, ce polar virant sciemment vers une comédie au ton volontiers ironique est pourvu d’un scénario sans temps mort et d’un beau casting regroupant Robert de Niro, Bill Murray, Uma Thurman et David Caruso dans les rôles principaux. A cela s’ajoutent la photographie de Robby Muller et la musique de Elmer Bernstein.

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Du rififi chez les hommes – Sans mot dire

A la fin des années 1940 et de l’autre côté de l’Atlantique, Jules Dassin placé sur la « liste noire » par les promoteurs du maccarthysme sur dénonciation d’Edward Dmytryk fut poussé à l’exil. Le cinéaste américain partit s’installer à Londres et réalisa en 1950 un remarquable et remarqué film noir : Les forbans de la nuit (Cavale labyrinthique nocturne). Après cinq ans de silence, alors installé en France, il réalisa Du rififi chez les hommes. Ce film plus méconnu que son prédécesseur n’en partage pas moins de nombreuses qualités.

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Le silence – Persona(e), non grata

Ultime opus du triptyque sur « l’absence de Dieu » composé par Ingmar Bergman après A travers le miroir (1961, Reflets intimes) et Les communiants (1963, En manque de (re)pères), Le silence (1963) est sans nul doute l’un des films les plus fascinants du cinéaste suédois. C’est l’histoire d’un exil mais aussi celle d’un univers mental, abstrait par définition, qui n’est pas sans annoncer Persona réalisé trois ans plus tard, tant sur le fond que sur la forme.

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Deburau – En vers, en verve

Auteur de la pièce de théâtre Deburau, Sacha Guitry en tint le rôle-titre au théâtre du Vaudeville en 1918 puis reprit sur les planches cette même pièce au théâtre du Gymnase au mitan du siècle dernier. C’est lors de cette reprise que vint à l’homme de théâtre devenu aussi metteur en scène au cinéma d’adapter sa propre pièce au grand écran. La formule à double succès du théâtre est reprise pour le 7ème art, Guitry y endosse ainsi à nouveau le rôle-titre, celui de Jean-Gaspard Deburau (1796-1846), mime… ici très loquace.

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Paris nous appartient – Au sommaire des Cahiers du cinéma

Paris nous appartient est le premier long-métrage réalisé par Jacques Rivette. Le cinéaste, un des tenants de la Nouvelle Vague, livre en 1961 un film reconnu comme emblème de ce mouvement du cinéma français porteur d’un courant nouveau. Pourtant, peu précurseur sur le fond comme sur la forme, Paris nous appartient semble recéler une part emblématique pour le moins limitée.

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Gardiens de phare – En éclaireur du 7ème art

Réalisé en 1929 au crépuscule de l’ère du cinéma muet, Gardiens de phare fut un temps perdu avant qu’une copie du film ne soit retrouvée en 1954 au Danemark. Pour reprendre la formule de Jean Grémillon, son auteur, Gardiens de phare était « perdu en mer ». Puis, longtemps, ce long-métrage n’a été visible que dans une mauvaise copie avant de bénéficier récemment d’une restauration salvatrice. Gardiens de phare est un chef-d’œuvre méconnu pour les raisons citées ci-dessus mais aussi parce qu’il a été réalisé par un cinéaste qui n’a jamais été réhabilité. Pourtant, l’auteur de Remorques (1941) fait partie, dans le sillon tracé par la première avant-garde, des figures importantes du cinéma français.

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N.B. #24 – Le papillon meurtri (1919, Maurice Tourneur)

Parmi les réalisations américaines de Maurice Tourneur figure Le papillon meurtri. Ce film, plus exactement, ce moyen-métrage (durée inférieure à une heure) a contribué en 1919 à renforcer outre-Atlantique la notoriété du cinéaste français. En effet, le magazine Photoplay plaçait déjà en 1918 dans son classement des meilleurs cinéastes mondiaux Tourneur au pied d’un podium dont les marches étaient alors occupées par D. W. Griffith, Thomas H. Ince et Cecil B. DeMille. En 1919, Tourneur s’était déjà imposé parmi les cinéastes qui comptent.

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L’incinérateur de cadavres – Au-delà

Nul doute, en tournant L’incinérateur de cadavres (1968), Juraj Herz a réalisé un des films les plus audacieux et marquants de la Nouvelle Vague du cinéma tchécoslovaque. Produit sous une dictature (tournage interrompu par l’arrivée des chars en Tchécoslovaquie, montage technique réalisé en secret), le film longtemps censuré relate l’insidieuse folie de son protagoniste principal peu à peu happé par l’idéologie nazi. Pour aborder ce sujet rude à travers la trajectoire de cet homme, Herz fait démonstration d’une grande inventivité et aisance dans la mise en scène adoptée.

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Une aussi longue absence – Quelques petites notes oubliées

En 1961, le jury du Festival de Cannes présidé par Jean Giono décerna une double palme d’or. L’une revint à Luis Buñuel pour Viridiana alors que l’autre fut remise à Henri Colpi pour la réalisation de Une aussi longue absence déjà récipiendaire l’année précédente du convoité prix Louis Delluc. Si le film de Buñuel est resté dans la mémoire de nombreux cinéphiles, pareil constat ne peut être appliqué à celui de Colpi et, de façon plus large, à l’ensemble de la filmographie de son auteur. L’égalité issue de la 14ème édition du Festival de Cannes fut donc celle d’un instant.

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