Georgia – L’Amérique ou les États désunis

Dans la filmographie d’Arthur Penn, Georgia fait à la fois figure d’ultime film intéressant et de chef-d’œuvre injustement oublié. Dès lors, ce long métrage acquiert les allures d’un film-testament tant pour son auteur que pour une certaine Amérique. Penn dépouille Georgia de tout idéalisme et porte un regard désabusé et désenchanté sur l’Amérique. Exception faite durant la séquence qui clôt le film, celle-ci ne sera jamais nommée États-Unis car l’Amérique unie a disparu avec le rêve américain.

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Top 2019 Classique

Nous complétons notre Top 2019 consacré aux films sortis en salle l’année dernière par un mini top des films « classiques » découverts ou redécouverts durant le même millésime. Sont éligibles à ce classement tous les films dont la réalisation date d’un autre millénaire et ayant fait l’objet d’une redistribution en version restaurée durant l’année 2019 en salle ou sur support DVD/Blu-ray.

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La charrette fantôme – Survivances en surimpression

Comment représenter les morts parmi les vivants au cinéma ? Dans La charrette fantôme tourné durant l’été 1920, Victor Sjöström a l’ingénieuse idée de procéder par des surimpressions. Cet effet spécial expérimental, audacieux et novateur pour l’époque, sied ici parfaitement à la figuration de présences spectrales. Dans ce film considéré à juste titre comme un des sommets de son œuvre, le cinéaste suédois redonne vie aux morts.

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N.B. #19 – La chatte des montagnes (1921, Ernst Lubitsch)

Au début des années 1920, Ernst Lubitsch réalise La chatte des montagnes, à savoir une « comédie grotesque en 4 actes ». Le terme farce nous paraît plus approprié pour qualifier ce film muet qui, semble-t-il, aurait été l’une des sources d’inspiration des Monty Python. L’intérêt principal de La chatte des montagnes réside cependant plus sur la forme que sur le fond.

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Kanal – Insurrection souterraine

A peine trentenaire, Andrzej Wajda réalise Kanal en 1957 et obtient la même année le Prix Spécial du Jury à Cannes, ex-æquo avec un certain Ingmar Bergman pour Le septième sceau. Ce deuxième long métrage après Une fille a parlé (1955) consacra le cinéaste polonais sur la scène internationale. La ressortie en salle en version restaurée et sous son titre original plus pertinent que le titre français (Ils aimaient la vie) devenu sous-titre nous offre l’occasion de nous ré-intéresser à ce film débordant d’intensité et de modernité.

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La roue – Sur de bons rails

4h33, telle est la durée maximale connue à ce jour pour La roue (1923). Après restauration et reconstitution, ce film réalisé par Abel Gance frôle les 7 heures (6h53) et s’étend sur un prélude et quatre « époques ». Le travail de restauration titanesque mené pendant cinq ans est à la démesure de l’ampleur d’un film-monstre annonciateur du Napoléon vu par Abel Gance réalisé quatre ans plus tard par le cinéaste français.

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N.B. #15 – Miracle en Alabama (1962, Arthur Penn)

Arthur Penn a fait trois adaptations du roman autobiographique d’Helen Keller, Sourde, muette et aveugle : l’histoire de ma vie. D’abord pour la télévision en 1957, puis au théâtre en 1959 et enfin pour le cinéma en 1962. Aujourd’hui, Miracle en Alabama réapparaît en version restaurée à l’affiche de nos cinémas. Ce film a valu à son duo central féminin composé d’Anne Bancroft et de Patty Duke, l’obtention respective de l’Oscar de la Meilleure actrice et de celui de la Meilleure actrice dans un second rôle.

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