Tous les matins du monde – L’art sans retour ni détour

Passionné de musique baroque, Alain Corneau réalise Tous les matins du monde en 1991. Ce film en costumes, baroque et austère surprend de la part d’un cinéaste passé maître dans la réalisation de polars en digne héritier de Jean-Pierre Melville. La surprise est même double quand on constate que le rôle principal est confié à Jean-Pierre Marielle utilisé ici dans un registre janséniste diamétralement opposé aux personnages hâbleurs et extravertis qui ont fait sa notoriété. Tous les matins du monde est le plus grand succès public de Corneau. Le même accueil favorable est constaté du côté des professionnels qui récompensèrent le cinéaste du Prix Louis-Delluc en 1991 et de sept Césars en 1992 dont ceux du meilleur réalisateur et du meilleur film.

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Compañeros – Silence hurlant

A la lecture du synopsis de Compañeros, nous imaginons volontiers positionner le dernier film d’Alvaro Brechner entre L’aveu (1970) de Costa-Gavras et Midnight express (1978) d’Alan Parker. Telle est pleinement la place de ce film mémoriel si on fait abstraction des quelques touches humoristiques constatées. Le cinéaste uruguayen relate des faits réels cauchemardesques jusqu’à atteindre un quasi point de non-retour dans la psychologie de ses personnages. Brechner filme l’indicible abandon à l’arbitraire et à l’obscurantisme de trois Compañeros.

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Green book : sur les routes du sud – « Là où la géographie importe »

Délaissant les comédies à l’humour régressif commises avec son frère, Peter Farrelly s’emploie dans Green book à la mise en scène d’un scénario original relatant la complicité entre Don Shirley (1927-2013) et Tony Vallelonga (1930-2013). Dans l’Amérique encore ségrégationniste du début des années 1960, Green book est avant tout affaire de dualités entre deux hommes que tout opposait.

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Silvio et les autres – Sans nous

Silvio et les autres est le premier film depuis 2004 de Paolo Sorrentino a n’avoir pas concouru en compétition au festival de Cannes. Autre élément de comparaison, ce portrait de Silvio Berlusconi succède dix ans après à celui, remarquable, qui avait été fait de Giulio Andreotti dans Il divo (2008). Pour ces deux films, le duo formé par Sorrentino et Toni Servillo, respectivement derrière et devant la caméra, demeure. C’est peut-être là la seule constante entre les deux opus politiques du cinéaste. Après Andreotti vient donc Berlusconi, plus pour le pire que pour le meilleur.

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Leto – Ceci « n’a jamais existé »

Présenté à Cannes, Leto, pourtant bien accueilli par la critique, n’a obtenu aucun prix. Au final, le film a plus fait parler de lui par l’absence de son auteur, Kirill Serebrennikov assigné à résidence à Moscou. Arborant un noir et blanc tendance et un sujet « historique » tout aussi porté à plaire, Leto n’a pas trouvé grâce aux yeux du jury cannois tout comme aux nôtres. Nous vous proposons notre analyse d’un film… menteur.

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Dovlatov – L’art empêché

Années 1970 débutantes, Sergueï Dovlatov alors simple journaliste aspirant romancier incarné ici par Milan Maric est le fil directeur d’un récit discursif et littéraire. Mais Dovlatov, film d’Alexey Guerman Jr., n’est pas un biopic centré sur son personnage-titre mais le portrait d’un groupe de jeunes artistes russes interdits d’exercer et d’exprimer librement leur art.

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