L’école buissonnière – « J’ai un nouveau maître »

Le public français garde de Bernard Blier (1916-1989) le souvenir d’un acteur resté célèbre par ses interprétations de personnages truculents dans un corps rondouillard défiant les canons du 7ème art. Ainsi, Blier, c’est avant tout Raoul Volfoni dans Les tontons flingueurs (1963, Georges Lautner), ou encore M. Guitton alias « Gazou » dans Le distrait (1970, Pierre Richard). Cette perception de l’acteur père du cinéaste Bertrand Blier est réductrice. Elle fait en effet fi des interprétations les plus subtiles qu’il ait fourni en plus de cinquante ans de carrière. Parmi celles-ci, il y a celle de son premier vrai premier rôle que lui offre Jean-Paul Le Chanois en 1948 dans L’école buissonnière.

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L’innocent – Prête-nom

Pas encore quarantenaire, Louis Garrel, côté réalisateur, est à la tête d’une filmographie amorcée par trois courts-métrages composés entre 2008 et 2011 et poursuivie par désormais quatre longs-métrages réalisés depuis 2015. Le dernier en date est L’innocent qui, contrairement à ses prédécesseurs restés somme toute assez marginaux et moyennement appréciés, semble accompagné par un certain enthousiasme de la critique. Dès lors, l’an 2022 marquerait-il la révélation d’un nouveau cinéaste ?

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Les jeunes loups – En réponse aux « jeunes turcs » ?

A l’émergence de la Nouvelle Vague du cinéma français, Marcel Carné a été le sujet privilégié des critiques émises par les figures éditoriales des Cahiers du Cinéma. Ces critiques, pourtant tout aussi partisanes qu’injustes, ont toujours cours car véhiculées par quelques canaux cinéphiles autorisés. Les mauvais propos et les critiques mal placées ont parfois la peau dure. Pour régler ses comptes, l’auteur des Enfants du paradis (1945) réalisa Les jeunes loups en 1968, un film clairement enraciné dans son époque, celle précédant les évènements de Mai 1968. Les jeunes loups sonne ainsi comme une sorte de réponse de son auteur aux « jeunes turcs ».

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Une blonde émoustillante – Légère, rafraichissante, sensuelle

Une blonde émoustillante – © Malavida

A l’identique de Trains étroitement surveillés (1966, Belles mécaniques) et Alouettes, le fil à la patte (1969, Luttes sous contrôle), Jirí Menzel adapte au grand écran de nouveau un roman de Bohumil Hrabal (La chevelure sacrifiée, 1974). Là encore ce dernier coécrit avec le cinéaste le scénario du film titré Une blonde émoustillante (1981). Une collaboration bien rodée, fructueuse et toujours efficace puisqu’elle se déclinera en 1981 par l’obtention pour Menzel d’une mention spéciale lors de la Mostra de Venise.

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Alouettes, le fil à la patte – Luttes sous contrôle

Alouettes, le fil à la patte – © Malavida NFA

Réalisé en 1969 par Jirí Menzel, Alouettes, le fil à la patte fut immédiatement interdit de toute exploitation par la censure tchécoslovaque. Ce n’est qu’après la Chute du mur de Berlin en 1989 que cette interdiction fut levée. La consécration pour son auteur ne tarda pas puisqu’il obtient l’Ours d’Or lors de la Berlinale de 1990. Ce film est désormais à redécouvrir en version restaurée 4K dans le cadre de la rétrospective dédiée au cinéaste tchèque, « la comédie est une arme », orchestrée par le distributeur Malavida.

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Don’t look up : Déni cosmique – Métaphore d’un déni

Adam McKay est issu de la réalisation pour le petit écran. Son début de carrière a été notamment marqué par la réalisation de plusieurs épisodes du Saturday night live. Son travail pour le grand écran fut salué en 2016 par l’obtention de l’Oscar du meilleur scénario adapté pour The big short. Cinq ans plus tard, le cinéaste américain livre Don’t look up : Déni cosmique, un nouveau film à grand spectacle dont il est aussi le co-auteur avec David Sirota. Au-delà du spectacle fourni, cette production Netflix diffusée sur la plateforme de streaming éponyme jouit d’un impressionnant casting composé, entre autres, de Leonardo DiCaprio, Jennifer Lawrence, Meryl Streep, Cate Blanchett, Jonah Hill et Mark Rylance. La lecture couramment constatée de Don’t look up dans la presse invoque la question climatique. Notre lecture est toute autre. Nous vous expliquons pourquoi.

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Un jour un chat – Couleurs d’âme

Un jour un chat – © Malavida

Un jour un chat a obtenu une première consécration en 1963. Ce film réalisé par Jasny Vojtech était en effet appelé à concourir à l’obtention de la Palme d’Or. Le jury du festival de Cannes 1963 présidé par Armand Salacrou, auteur de pièces de théâtre, lui décerna finalement son Prix spécial du jury ainsi qu’à Harakiri, un long-métrage réalisé par Masaki Kobayashi et fort différent de Un jour un chat. Ce n’est que fin 1965 que ce dernier fit enfin l’objet d’une distribution dans les salles françaises. L’année 2021 marque quant à elle un double retour célébrant la superbe restauration numérique du film : retour à Cannes en sélection officielle Cannes classics et retour en salle orchestré ce 1er décembre par le distributeur Malavida.

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Effacer l’historique – Reboot social

Effacer l’historique est le neuvième long-métrage écrit et réalisé pour le cinéma par le duo Benoît Delépine et Gustave Kervern depuis Aaltra distribué en salle en 2004. Autant de collaborations qui ont abouti à constituer une filmographie singulière dans le paysage des comédies françaises portées au grand écran. Sous couvert d’un humour jamais vulgaire et souvent grinçant, les deux cinéastes composent une filmographie qui tire le portrait de notre société de consommation et de ses dérives. Effacer l’historique ne déroge pas à cette formule désormais familière et reconnue.

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Mad Dog and Glory – De Niro mène l’enquête ou presque

John McNaughton réalise Mad dog and Glory en 1991 qui ne connaîtra un début d’exploitation en salles que deux ans plus tard. Pourtant, ce polar virant sciemment vers une comédie au ton volontiers ironique est pourvu d’un scénario sans temps mort et d’un beau casting regroupant Robert de Niro, Bill Murray, Uma Thurman et David Caruso dans les rôles principaux. A cela s’ajoutent la photographie de Robby Muller et la musique de Elmer Bernstein.

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Deburau – En vers, en verve

Auteur de la pièce de théâtre Deburau, Sacha Guitry en tint le rôle-titre au théâtre du Vaudeville en 1918 puis reprit sur les planches cette même pièce au théâtre du Gymnase au mitan du siècle dernier. C’est lors de cette reprise que vint à l’homme de théâtre devenu aussi metteur en scène au cinéma d’adapter sa propre pièce au grand écran. La formule à double succès du théâtre est reprise pour le 7ème art, Guitry y endosse ainsi à nouveau le rôle-titre, celui de Jean-Gaspard Deburau (1796-1846), mime… ici très loquace.

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