Le lycéen – Examen existentiel à l’épreuve

Avec un titre et une affiche anodins, le dernier film en date réalisé par Christophe Honoré avance doublement masqué. En effet, Le lycéen est un titre trompeur et finalement peu approprié à ce long-métrage au même titre que l’affiche de celui-ci. Sous ce titre, le spectateur peut légitimement s’attendre à un film de teenagers soit un genre cinématographique ciblant une partie spécifique du public. Pourtant, Le lycéen relève bien moins de ce genre cinématographique que d’un drame familial qui ne me manquera pas de bousculer son public par la charge émotionnelle qu’il recèle. Honoré livre un métrage dont l’auditoire ne devrait pas être exclusivement celui des teenagers. D’ailleurs, l’avertissement « des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs » accompagne le synopsis.

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Couleurs de l’incendie – Ni incendiaire, ni brûlot

« Adaptation de Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaitre, suite de la saga initiée par Au revoir là-haut. » C’est ainsi que nous est présenté ce film et c’est, bien avant le nom du réalisateur, le principal élément d’accroche de la bande annonce de Couleurs de l’incendie. Une saga historique qui dans ce deuxième volume s’appuie sur des personnages autres que ceux de Au revoir là-haut. En 2017 dans Au revoir là-haut (Populaire et ambitieux), la mise en images des écrits de Pierre Lemaitre était signée Albert Dupontel. En 2022 dans Couleurs de l’incendie, Clovis Cornillac lui succède derrière mais aussi devant la caméra. La saga se poursuit donc sur grand écran à travers un casting renouvelé des deux côtés de la caméra. Finalement, seul Lemaitre demeure en tant que scénariste, adaptant au cinéma, ici et de nouveau, ses propres écrits.

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L’école buissonnière – « J’ai un nouveau maître »

Le public français garde de Bernard Blier (1916-1989) le souvenir d’un acteur resté célèbre par ses interprétations de personnages truculents dans un corps rondouillard défiant les canons du 7ème art. Ainsi, Blier, c’est avant tout Raoul Volfoni dans Les tontons flingueurs (1963, Georges Lautner), ou encore M. Guitton alias « Gazou » dans Le distrait (1970, Pierre Richard). Cette perception de l’acteur père du cinéaste Bertrand Blier est réductrice. Elle fait en effet fi des interprétations les plus subtiles qu’il ait fourni en plus de cinquante ans de carrière. Parmi celles-ci, il y a celle de son premier vrai premier rôle que lui offre Jean-Paul Le Chanois en 1948 dans L’école buissonnière.

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Les jeunes loups – En réponse aux « jeunes turcs » ?

A l’émergence de la Nouvelle Vague du cinéma français, Marcel Carné a été le sujet privilégié des critiques émises par les figures éditoriales des Cahiers du Cinéma. Ces critiques, pourtant tout aussi partisanes qu’injustes, ont toujours cours car véhiculées par quelques canaux cinéphiles autorisés. Les mauvais propos et les critiques mal placées ont parfois la peau dure. Pour régler ses comptes, l’auteur des Enfants du paradis (1945) réalisa Les jeunes loups en 1968, un film clairement enraciné dans son époque, celle précédant les évènements de Mai 1968. Les jeunes loups sonne ainsi comme une sorte de réponse de son auteur aux « jeunes turcs ».

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Avec amour et acharnement – A bout de souffle

Dans le paysage du cinéma français, les réalisations de Claire Denis empruntent toujours des sentiers singuliers, des chemins de traverse peu empruntés par les autres cinéastes français. Quatre ans déjà après High life (2018, Ici-bas sur terre), Avec amour et acharnement ne déroge pas à cette règle même si ce dernier long-métrage en date de la réalisatrice n’est pas à classer parmi ses œuvres les plus aventureuses. Il n’en demeure cependant pas moins quelques aspects singuliers dont on prend toujours plaisir à être témoins.

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Les promesses d’Hasan – Hasan unique

Un an après sa présentation au festival de Cannes dans le cadre de la sélection Un certain regard, la dernière réalisation en date du cinéaste turc Semih Kaplanoglu apparaît enfin sur les grands écrans de nos cinémas. Les promesses d’Hasan, film au long cours entièrement tourné autour de son personnage principal, déroule le récit d’une rédemption morale. C’est une sorte de quête existentielle dont la charge est indéniablement symbolique.

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Men – Un mal, des mâles, histoire de genres

Ex-scénariste à succès pour Danny Boyle notamment (La plage, 28 jours plus tard et Sunshine), Alex Garland passé à la réalisation en 2014 avec Ex Machina (Futur film culte) livre Men son troisième long-métrage. Garland signe avec ce film son retour sur les grands écrans des cinémas après Annihilation (2018, Le miroitement : faits, science, fiction) dont les droits de diffusion avaient été rachetés par Netflix. Men marque aussi pour le scénariste-réalisateur anglais une plongée plus prononcée dans un genre cinématographie à la peine : les drames horrifiques.

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Hit the road – Séparations

Hit the road est le premier film réalisé par Panah Panahi. Panahi est un patronyme connu des cinéphiles. Panah est en effet le fils de Jafar Panahi, cinéaste iranien, auteur d’une œuvre cinématographique internationalement reconnue. Une reconnaissance née notamment à travers les thèmes politiques abordés qui ont placé les longs-métrages réalisés sous « contrainte », sans être empêchés, de la censure pratiquée par le régime politique iranien. La filiation de sang est d’aussi d’ordre cinématographique à travers cette première réalisation. Mais les inspirations en matière de cinéma de Panah Panahi ne se limitent pas à la veine paternelle.

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Un vrai crime d’amour – La fabrique d’un crime

La filmographie pour le grand écran de Luigi Comencini est composée d’une quarantaine de films de fiction réalisés sur autant d’années depuis la fin des années 1940. Etrangement, auprès du grand public, seules les comédies (à l’italienne) émergent vraiment de cette œuvre cinématographique pourtant plurielle. Parmi ces comédies, citons L’argent de la vieille (1972) qui précéda la réalisation des tout aussi recommandables Les aventures de Pinocchio (1972, série TV en 6 épisodes) et le mélodrame Un vrai crime d’amour (1974) dont il est question ici.

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Deux sous d’espoir – Quotidien payé cash

Le distributeur Les films du camélia poursuit ses belles initiatives en matière de cinéma de patrimoine. Ainsi, trois ans après la ressortie de L’enfer dans la ville (1959) de Renato Castellani, c’est au tour de Deux sous d’espoir du même auteur de bénéficier d’une version restaurée 4K et d’être de nouveau à l’affiche de nos cinémas. Malgré une Palme d’or obtenue lors du festival de Cannes de 1952, ni le film ni le cinéaste italien n’est entré dans la postérité du 7ème art. La faute en revient peut-être à l’ombre faite par Othello et son très médiatique auteur, Orson Welles, colauréat du Grand Prix (dénomination d’alors de la Palme d’or) de l’édition cannoise 1952.

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