La dernière séance – Fin d’époque et innocence perdue

Nommé huit fois aux Oscars en 1972, La dernière séance de Peter Bogdanovich y remporta ceux des meilleurs actrice et acteur dans un second rôle. Deux Oscars décernés respectivement à Cloris Leachman et à Ben Johnson qui remporta aussi le même prix aux Golden Globes de 1972. Ces nominations et ces récompenses parmi tant d’autres venaient saluer un titre emblématique du Nouvel Hollywood. Aux États-Unis, elles firent de Bogdanovich un scénariste-réalisateur reconnu dès ce troisième film de fiction. En terres américaines, il devint le chef de file des réalisateurs qui tournaient des films à l’européenne. En France, alors que La dernière séance s’inscrivait dans la veine de la Nouvelle Vague dont son auteur s’inspirait pleinement, l’accueil fut moins chaleureux. Étrangement, Bogdanovich n’a jamais bénéficié sous nos latitudes d’une presse favorable.

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Le jeune Ahmed – Ahmed terroriste, Dardenne auteurs-réalisateurs

Le phénomène de radicalisation islamiste parmi la jeune génération fait se succéder les films à l’affiche de nos cinémas. Sorti en salle le 24 avril dernier, L’adieu à la nuit d’André Téchiné se voit progressivement éclipsé par Le jeune Ahmed. Dans la foulée de sa présentation en sélection officielle du festival de Cannes, le film de Jean-Pierre et Luc Dardenne aborde ce sujet difficile sous un angle tout autre que celui adopté par Téchiné. Le résultat obtenu est pourtant le même : deux films inadaptés de bout-en-bout à leur sujet.

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Douleur et gloire – Douleurs présentes et gloire passée

Douleur et gloire figurait en bonne position parmi les films les plus cités pour l’obtention de la Palme d’or 2019. De nombreux critiques avisés avaient ainsi fait du dernier opus de Pedro Almodóvar leur « Palme du cœur ». Ce film, le septième du cinéaste présenté en compétition au Festival de Cannes depuis Tout sur ma mère (1999), n’a pas remporté le graal du 7ème art. Faut-il crier à l’injustice ? Non, car la Palme d’or n’a pas vocation à corriger d’éventuels manquements de palmarès passés. Elle vient honorer le meilleur film d’une sélection, rang auquel Douleur et gloire ne peut prétendre. Mais nul doute que si le cinéaste espagnol ne parvient pas à obtenir cette récompense avec l’une de ses prochaines réalisations, son honneur sera défroissé tôt ou tard par l’obtention d’une Palme d’Or… d’Honneur.

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Petra – Paternité des faits

Cinq des six longs-métrages réalisés par Jaime Rosales ont été présentés à Cannes, soit à Un certain regard – La soledad (2007) et La belle jeunesse (2014), soit à la Quinzaine des réalisateurs – Las horas del día (2003), Rêve et silence (2012) et donc Petra lors de l’édition 2018 du festival cannois. Comme les précédentes réalisations de ce cinéaste espagnol, Petra obéit à un schéma narratif singulier, intrigant accompagné d’un travail formel fort intéressant.

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El reino – Thriller politique sans fard

En 2016, Rodrigo Sorogoyen présentait Que Dios nos perdone (Noirceur et nihilisme exaucés). Ce thriller avait par ses qualités retenu toute notre attention au point de le placer en cinquième position de notre Top 10 annuel. Nous attendions donc de pied ferme la prochaine réalisation de ce jeune cinéaste espagnol. C’est sous le titre de El reino qu’elle s’affiche actuellement au programme des salles obscures françaises. Notre attente n’a pas été déçue, bien au contraire. Les qualités observées dans Que Dios nos perdone sont décuplées dans El reino.

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Tous les matins du monde – L’art sans retour ni détour

Passionné de musique baroque, Alain Corneau réalise Tous les matins du monde en 1991. Ce film en costumes, baroque et austère surprend de la part d’un cinéaste passé maître dans la réalisation de polars en digne héritier de Jean-Pierre Melville. La surprise est même double quand on constate que le rôle principal est confié à Jean-Pierre Marielle utilisé ici dans un registre janséniste diamétralement opposé aux personnages hâbleurs et extravertis qui ont fait sa notoriété. Tous les matins du monde est le plus grand succès public de Corneau. Le même accueil favorable est constaté du côté des professionnels qui récompensèrent le cinéaste du Prix Louis-Delluc en 1991 et de sept Césars en 1992 dont ceux du meilleur réalisateur et du meilleur film.

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