Au nom de la terre – Germes de surface

Au nom de la terre - 2

Un premier long-métrage réalisé pour le cinéma et prenant pour témoin le monde paysan, voilà qui n’est pas sans nous rappeler quelques souvenirs récents. Édouard Bergeon prend en effet le sentier emprunté deux ans plus tôt par Hubert Charuel. De fait, Au nom de la terre partage avec Petit paysan (2017, Amour vache et vaches folles) de nombreuses caractéristiques : traitement d’un sujet connu car vécu, quasi unicité de lieu (la ferme familiale), casting serré et schéma narratif observant une trajectoire dramatique très voisine. Mais le cinéma n’étant pas une science, une même formule ne produit pas le même résultat. En 2018, trois César avaient couronné Petit paysan. Seront-ils aussi nombreux en 2020 pour célébrer Au nom de la terre ?

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Bacurau – Futur antérieur

Après avoir réalisé deux films dont le centre de gravité géographique était la ville de Recife – Les bruits de Recife (2012) et Aquarius (2016, La mémoire au féminin), Kleber Mendonça Filho exporte pour la première fois son tournage et son récit hors de sa ville natale. Ici, le village d’accueil du récit est celui éponyme au titre du film. Comme dans ces deux précédentes réalisations, le motif développé réside dans la sauvegarde d’un territoire de vie par ses autochtones. Dans la cartographie dressée, Mendonça Filho et Juliano Dornelles manipulent et agencent de nombreux genres cinématographiques pour livrer une allégorie politique. Présenté à Cannes, Bacurau a obtenu le Prix du jury ex-æquo avec le beaucoup plus caricatural Les misérables de Ladj Ly, concurrent français à l’Oscar 2020 du meilleur film étranger…

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Les fleurs amères – Amères désillusions

C’est sous le titre Les fleurs amères que nous parvient le premier long-métrage de fiction d’Olivier Meys. Par son sujet intéressant, sa narration fluide et sa direction d’acteurs au diapason, ce film est une belle réussite. Il garde quelques caractéristiques, dont la précision, propres aux documentaires, domaine dont est issu le cinéaste belge. L’académie des Magritte (les César belges) ne s’y est pas trompée en attribuant à Bitter flowers (titre original du film) le Magritte du Meilleur premier film en février dernier.

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Fête de famille – Dégénération

Parmi les cinéaste français, Cédric Kahn fait partie de ceux qui savent s’aventurer sur des terrains extérieurs à leur « pré carré ». Ainsi à La prière (2018, Vœu pieux ?) succède Fête de famille, soit la visite d’un genre cinématographique récurrent du cinéma français, celui axé sur les histoires familiales contemporaines. Malheureusement, il couple cette visite avec l’adoption de manquements tout aussi récurrents du même cinéma français. Les intentions sont bonnes, mais il est difficile d’user du même qualificatif vis-à-vis du résultat à l’écran.

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Once upon a time… in Hollywood – 1969, année filmique

Bien que présenté en sélection officielle à Cannes et malgré ses indéniables et nombreuses qualités, Once upon a time… in Hollywood de Quentin Tarantino n’a obtenu aucun prix, exception faite de l’anecdotique Palm dog. Toujours réalisateur et scénariste, mais, fait nouveau, également coproducteur, l’auteur de Reservoir dogs (1992) nous livre un film dont chaque souffle respire le cinéma. Puisque les deux volumes de Kill Bill ne comptent que pour un, ce neuvième et donc avant-dernier film ouvre une attente forte : celle d’une version « uncut » qui pourrait être diffusée sous la forme d’une mini-série.

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N.B. #15 – Miracle en Alabama (1962, Arthur Penn)

Arthur Penn a fait trois adaptations du roman autobiographique d’Helen Keller, Sourde, muette et aveugle : l’histoire de ma vie. D’abord pour la télévision en 1957, puis au théâtre en 1959 et enfin pour le cinéma en 1962. Aujourd’hui, Miracle en Alabama réapparaît en version restaurée à l’affiche de nos cinémas. Ce film a valu à son duo central féminin composé d’Anne Bancroft et de Patty Duke, l’obtention respective de l’Oscar de la Meilleure actrice et de celui de la Meilleure actrice dans un second rôle.

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Les ailes du désir – Désirs d’elle

En 1984, Wim Wenders réalisait Paris, Texas, un film pleinement ancré dans le réel américain. Trois ans plus tard, le cinéaste allemand prend tous ses suiveurs à contre-pied en livrant Les ailes du désir, véritable ode métaphysique dédiée à Berlin, personnage à part entière du film. Il compose une œuvre en apesanteur dans cette ville-cicatrice barrée par un mur séparant ses faubourgs ouest de ses quartiers est. Il naît une envolée lyrique et poétique de la structure audacieuse tant sur le plan de la narration que sur celui de la forme.

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