Le franc-tireur – Les hasards de la Résistance

Prod DB © Acacias / Le franc-tireur (1972) de Jean-Max Causse et Roger Taverne avec Philippe Léotard.
Titre de ressortie : Les hasards de la gloire

Le franc-tireur est l’unique film écrit et réalisé par Jean-Max Causse et Roger Taverne. Le premier nommé n’est autre que le fondateur avec Jean-Marie Rodon du réseau des cinémas Action, salles emblématiques de la cinéphilie parisienne à partir de 1966 et sur plusieurs décennies. Cet unique long-métrage réalisé en 1972 n’a depuis bénéficié que d’une distribution très tardive et confidentielle. Cinquante ans plus tard, ce constat à défaut d’être expliqué continue de surprendre. Un pan du cinéma-vérité français reste boudé par les distributeurs et les exploitants probablement à cause de sujets abordés jugés « sensibles » et à ne pas promouvoir. Le franc-tireur longtemps censuré puis placardisé est un film maudit sur une époque maudite. L’urgence est là : réhabiliter en urgence une œuvre injustement méconnue.

Lire la suite

Boîte noire – Triptyque à l’affiche

Le scénario de Boîte noire démarre sur une catastrophe aérienne fictionnelle mais Yann Gozlan livre bel et bien un film-enquête délaissant le spectaculaire au profit d’ambitions lorgnant vers le cinéma d’auteur. Boîte noire dont le réalisateur est aussi le scénariste à l’image des précédentes réalisations de Gozlan (deux courts-métrages puis quatre longs-métrages depuis 2004) reconstitue aussi le duo formé en 2015 dans Un homme idéal entre le cinéaste et l’acteur Pierre Niney qui endosse de nouveau le rôle principal.

Lire la suite

Annette – Opéra(tique)

Près d’une décennie sépare Annette de Holy motors, précédent long-métrage réalisé par Leos Carax et sorti en salles en 2012. Dans la chronologie du 7ème art, ces neuf ans paraissent une éternité y compris à la lumière d’une filmographie débutée quatre décennies plus tôt et « forte » désormais de seulement six longs-métrages et autant de courts-métrages. Voir un nouveau film de Carax à l’affiche de son cinéma préféré est donc une chose rare. C’est même un évènement tant les précédentes réalisations du cinéaste français ont été forces de propositions cinématographiques dans l’antre d’un 7ème art français souvent convenu.

Lire la suite

The father – Justesse d’interprétation, fausseté du récit

The father, premier film réalisé par Florian Zeller, est précédé d’une belle réputation. Selon le recensement effectué sur le site IMDb, ce film a obtenu 133 nominations dont 26 ont abouti à des récompenses. Parmi les prix obtenus, on retient plus particulièrement l’oscar du meilleur acteur dans un premier rôle pour Anthony Hopkins et celui de la meilleure adaptation octroyé au réalisateur et à son coscénariste Christopher Hampton. Ces deux oscars sont le reflet exact des deux BAFTA Awards obtenus deux semaines plus tôt. Le parcours de ce long-métrage parmi les festivals et autres cérémonies de remises de prix que compte le 7ème art est pléthorique. Il est d’autant plus impressionnant qu’il vient célébrer la première réalisation pour le cinéma d’un homme de théâtre. Et, comme il n’y a jamais de fumée sans feu, il nous est peut-être donné à voir à travers The father la naissance d’un cinéaste à l’avenir prometteur.

Lire la suite

Les fantômes de Goya – Fresque inquisitrice

Les fantômes de Goya est l’ultime film de Milos Forman ayant bénéficié d’une distribution à l’international en 2006 et 2007. Celle-ci fut cependant discrète, l’heure de gloire du cinéaste était passée au fil d’une filmographie à la qualité déclinante. Pourtant, ce long-métrage mérite d’être découvert notamment au regard de l’ambition narrative qui l’anime. Mais nous évoquons là une caractéristique souvent décelée dans les réalisations de l’auteur de Ragtime (1981, Naissance d’une nation chorale).

Lire la suite

N.B. #26 – Basta capital (2020, Pierre Zellner)

En réalisant Basta capital, Pierre Zellner a fait œuvre politiquement incorrecte. A l’extrême (gauche), parfois jusqu’au-boutiste, ce film détonne dans le paysage cinématographique français contemporain volontiers véhicule de valeurs conservatrices. Film politique, Basta capital prône la révolution, non pas celle du cinéma faute de moyens, mais celle politique du fonctionnement de notre société libérale.

Lire la suite

La femme qui s’est enfuie – Narration évasive

Lors de l’édition 2020 de la Berlinale, Hong Sang-soo a obtenu l’Ours d’argent du meilleur réalisateur. Ce prix venait saluer la réalisation de La femme qui s’est enfuie. Ce film concourait aussi à l’obtention de l’Ours d’or du meilleur film qui revint finalement au Diable n’existe pas réalisé par Mohammad Rasoulof. Il faut reconnaître que sur le fond peu de chose distingue le millésime 2020 du cinéaste sud-coréen de ses prédécesseurs. Mais pareil constat peut aussi être fait du côté d’une réalisation immédiatement identifiable par son extrême minimalisme.

Lire la suite

The wicked darling – Browning-Chaney première

Comment maintenir le lien avec son public festivalier en temps de fermeture des salles de cinéma ? Les organisateurs de l’Arras Film Festival ont opté pour l’organisation de ciné-concerts. Un choix original qui ne peut que ravir les cinéphiles passionnés de cinéma muet. Leur chaîne YouTube #ArrasFilm permet ainsi l’accès libre au dernier ciné-concert en date visant à célébrer The wicked darling réalisé en 1919 par Tod Browning et dont il est question ici.

Lire la suite

Le silence – Persona(e), non grata

Ultime opus du triptyque sur « l’absence de Dieu » composé par Ingmar Bergman après A travers le miroir (1961, Reflets intimes) et Les communiants (1963, En manque de (re)pères), Le silence (1963) est sans nul doute l’un des films les plus fascinants du cinéaste suédois. C’est l’histoire d’un exil mais aussi celle d’un univers mental, abstrait par définition, qui n’est pas sans annoncer Persona réalisé trois ans plus tard, tant sur le fond que sur la forme.

Lire la suite

Deburau – En vers, en verve

Auteur de la pièce de théâtre Deburau, Sacha Guitry en tint le rôle-titre au théâtre du Vaudeville en 1918 puis reprit sur les planches cette même pièce au théâtre du Gymnase au mitan du siècle dernier. C’est lors de cette reprise que vint à l’homme de théâtre devenu aussi metteur en scène au cinéma d’adapter sa propre pièce au grand écran. La formule à double succès du théâtre est reprise pour le 7ème art, Guitry y endosse ainsi à nouveau le rôle-titre, celui de Jean-Gaspard Deburau (1796-1846), mime… ici très loquace.

Lire la suite