Tous les matins du monde – L’art sans retour ni détour

Passionné de musique baroque, Alain Corneau réalise Tous les matins du monde en 1991. Ce film en costumes, baroque et austère surprend de la part d’un cinéaste passé maître dans la réalisation de polars en digne héritier de Jean-Pierre Melville. La surprise est même double quand on constate que le rôle principal est confié à Jean-Pierre Marielle utilisé ici dans un registre janséniste diamétralement opposé aux personnages hâbleurs et extravertis qui ont fait sa notoriété. Tous les matins du monde est le plus grand succès public de Corneau. Le même accueil favorable est constaté du côté des professionnels qui récompensèrent le cinéaste du Prix Louis-Delluc en 1991 et de sept Césars en 1992 dont ceux du meilleur réalisateur et du meilleur film.

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Leto – Ceci « n’a jamais existé »

Présenté à Cannes, Leto, pourtant bien accueilli par la critique, n’a obtenu aucun prix. Au final, le film a plus fait parler de lui par l’absence de son auteur, Kirill Serebrennikov assigné à résidence à Moscou. Arborant un noir et blanc tendance et un sujet « historique » tout aussi porté à plaire, Leto n’a pas trouvé grâce aux yeux du jury cannois tout comme aux nôtres. Nous vous proposons notre analyse d’un film… menteur.

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Cold war – En panoramique étriqué

En 2015, Pawel Pawlikowski obtenait l’Oscar du meilleur film en langue étrangère avec Ida (2013). Dans sa nouvelle réalisation, Cold war, le cinéaste polonais reconduit le même formalisme cinématographique à savoir un noir et blanc enfermé dans un format 4/3. Face à la chronique mélancolique d’un exil entre la Pologne, l’Allemagne, la France et la Yougoslavie, ce style était-il le plus approprié ?

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Quién te cantará – Tout feu tout flamme ?

Nous retrouvons dans Quién te cantará nombre d’attributs ayant participé au succès du précédent film de Carlos Vermut, La niña de fuego (2014, Conte ibérique) qui avait placé son auteur parmi ceux dont nous attendions la prochaine réalisation. Les liens tant formels que narratifs entre les deux films sont nombreux mais ne font pas de Quién te cantará une simple variation de son aîné. Le cinéaste livre bel et bien un film marqué d’une identité propre très focalisée sur les rapports et dépendances entre les protagonistes jusqu’à la fascination.

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Belle toujours – L’élégance d’une variation buñuelienne

En 2006, Manoel de Oliveira livre Belle toujours, délicate réminiscence près de quatre décennies plus tard de Belle de jour. N’excédant guère la durée d’une heure, Belle toujours résonne comme une réponse aussi condensée qu’élégante au chef d’œuvre de Luis Buñuel. Le réalisateur portugais, alors quasi centenaire, déploie toute son expertise dans ce film qui demeure à ce jour la plus belle variation proposée sur l’univers buñuelien et le plus délicat hommage rendu au grand maître espagnol.

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Anna – Nouvelle Vague, pop art et… télévision

Dans Anna, Pierre Koralnik fait se rencontrer la Nouvelle Vague du cinéma français et la culture pop art sur le petit écran. Ce premier téléfilm français tourné en couleur réunit Anna Karina et Jean-Claude Brialy ainsi que Serge Gainbourg qui signe la bande originale d’une comédie musicale très pop. Aux qualités des paroles et de la composition musicale de L’homme à tête de chou, Pierre Koralnik adjoint celles d’une réalisation soignée et inventive.

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