Devs – Deus ex machina

D’abord brillant scénariste notamment pour Danny Boyle (La plage, 28 jours plus tard, Sunshine), Alex Garland est passé derrière la caméra mais sans délaisser l’écriture scénaristique en 2014 avec Ex machina (Futur film culte). Cette première excellente réalisation peu remarquée fut suivie et confirmée par Annihilation (Le miroitement : faits, science, fiction) réalisé en 2018. « Trop intello, trop compliqué » selon David Ellison, l’un de ses producteurs, Annihilation avait alors été relégué à une diffusion via le réseau Netflix. Un chemin de traverse qui ne plaidait pas pour une reconnaissance plus large bien que pourtant méritée. En 2020, Garland, toujours scénariste (ici, « créateur »), élargit le champ des possibles… et son temps d’antenne en livrant Devs, une série TV dont il assure aussi la réalisation et la production. Verdict ? Tant scénariste que réalisateur, Garland demeure à nos yeux l’un des auteurs-cinéastes les plus fascinants d’un siècle naissant.

Lire la suite

La flor – Bouquet cinématographique (3/4)

Après avoir établi le contexte du projet cinématographique de Mariano Llinás, nous vous avions livrés dans le deuxième volet de cet article notre analyse filmique de la première moitié de La flor. Nous clôturons ici cette analyse en nous concentrant logiquement sur la deuxième moitié d’un film-fleuve dont la durée dépasse les huit cents minutes.

Lire la suite

La flor – Bouquet cinématographique (2/4)

Dans le premier volet de ce focus consacré au film La flor de Mariano Llinás, nous avions posé le contexte de ce si singulier projet cinématographique. Il est désormais temps de vous rendre compte de notre analyse filmique. L’objet de ce deuxième article vise à établir une analyse comparative des deux premières parties soit la première moitié de ce film-fleuve.

Lire la suite

La flor – Bouquet cinématographique (1/4)

En 2018, Carlo Chatrian, directeur du festival de Locarno, vit en La flor une « réponse du cinéma aux séries télévisées ». Ce film de Mariano Llinás est une œuvre-monstre qui déroule successivement six histoires sur plus de treize heures. Une narration au long cours découpée en quatre parties et animée par un quatuor d’actrices – Elisa Carricajo, Valeria Correa, Pilar Gamboa et Laura Paredes – qui endosse de multiples rôles. Les spectateurs retrouveront pareille multiplicité dans les styles cinématographiques visités par le cinéaste argentin au fil de dix ans de tournage à travers le monde.

Lire la suite

Bacurau – Futur antérieur

Après avoir réalisé deux films dont le centre de gravité géographique était la ville de Recife – Les bruits de Recife (2012) et Aquarius (2016, La mémoire au féminin), Kleber Mendonça Filho exporte pour la première fois son tournage et son récit hors de sa ville natale. Ici, le village d’accueil du récit est celui éponyme au titre du film. Comme dans ces deux précédentes réalisations, le motif développé réside dans la sauvegarde d’un territoire de vie par ses autochtones. Dans la cartographie dressée, Mendonça Filho et Juliano Dornelles manipulent et agencent de nombreux genres cinématographiques pour livrer une allégorie politique. Présenté à Cannes, Bacurau a obtenu le Prix du jury ex-æquo avec le beaucoup plus caricatural Les misérables de Ladj Ly, concurrent français à l’Oscar 2020 du meilleur film étranger…

Lire la suite

Quién te cantará – Tout feu tout flamme ?

Nous retrouvons dans Quién te cantará nombre d’attributs ayant participé au succès du précédent film de Carlos Vermut, La niña de fuego (2014, Conte ibérique) qui avait placé son auteur parmi ceux dont nous attendions la prochaine réalisation. Les liens tant formels que narratifs entre les deux films sont nombreux mais ne font pas de Quién te cantará une simple variation de son aîné. Le cinéaste livre bel et bien un film marqué d’une identité propre très focalisée sur les rapports et dépendances entre les protagonistes jusqu’à la fascination.

Lire la suite

La femme la plus assassinée du monde – Au théâtre de l’étrange

La femme la plus assassinée du monde est le premier film de fiction réalisé par le distributeur et producteur Franck Ribière. Ce film de genre en langue française noue quelques liens narratifs et formels avec le cinéma d’Álex de la Iglesia dont Ribière est l’un des producteurs attitrés : Balada triste (2010), Un jour de chance (2011), Les sorcières de Zugarramurdi (2013). Ces quelques titres permettent de circonscrire l’univers macabre de La femme la plus assassinée du monde qui donne à voir sur Netflix le théâtre du Grand-Guignol sous toutes ses… sutures.

Lire la suite