Boîte noire – Triptyque à l’affiche

Le scénario de Boîte noire démarre sur une catastrophe aérienne fictionnelle mais Yann Gozlan livre bel et bien un film-enquête délaissant le spectaculaire au profit d’ambitions lorgnant vers le cinéma d’auteur. Boîte noire dont le réalisateur est aussi le scénariste à l’image des précédentes réalisations de Gozlan (deux courts-métrages puis quatre longs-métrages depuis 2004) reconstitue aussi le duo formé en 2015 dans Un homme idéal entre le cinéaste et l’acteur Pierre Niney qui endosse de nouveau le rôle principal.

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Paris nous appartient – Au sommaire des Cahiers du cinéma

Paris nous appartient est le premier long-métrage réalisé par Jacques Rivette. Le cinéaste, un des tenants de la Nouvelle Vague, livre en 1961 un film reconnu comme emblème de ce mouvement du cinéma français porteur d’un courant nouveau. Pourtant, peu précurseur sur le fond comme sur la forme, Paris nous appartient semble recéler une part emblématique pour le moins limitée.

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Piège pour Cendrillon – Triple rôle pour Dany Carrel

Piège pour Cendrillon fait partie des films les plus rares parmi ceux réalisés par André Cayatte. Avec l’aide de Jean Anouilh, le cinéaste adapte sur grand écran le roman éponyme de Sébastien Japrisot. L’histoire de doubles racontée se décline en trois rôles pour Dany Carrel. Ce long-métrage, dont la rareté est liée à des droits longtemps bloqués par le romancier insatisfait par le portage de ses écrits sur grand écran, brille d’une double singularité. Il y a celle d’un genre cinématographique peu visité par le cinéaste. Enfin, il y a celle liée aux interprétations de l’actrice également rarement vue dans les registres abordés ici.

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Ne vous retournez pas – Oublier… coûte que coûte ?

Nicolas Roeg réalise Ne vous retournez pas en 1973. Le cinéaste anglais alors quarantenaire n’en est qu’au début de sa carrière de metteur en scène alors qu’il fit ses armes dans le 7ème art durant la décennie précédente en tant que directeur de la photographie. Dans sa filmographie, Ne vous retournez pas s’intercale entre deux films emblématiques : Walkabout (1971) et Bad timing / Enquête sur une passion (1980). Ces trois films certes très distincts n’en partagent pas moins une filiation certaine.

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Westworld – « Live without limits »

Fort d’un budget conséquent, la série Westworld animée d’une ambition cinématographie certaine décline un monde fictionnel dystopique. Sur trois saisons, cette série télévisée produite par HBO et scénarisée par Lisa Joy et Jonathan Nolan noue son intrigue sur une double dystopie. Il y a d’abord deux chronologies mises en parallèle, celle d’un monde légèrement futuriste offrant la possibilité de revisiter le temps de la conquête de l’ouest. L’autre dystopie se joue parmi les protagonistes puisque certains sont humains alors que d’autres sont de pures créations robotiques. Tel est l’objet de Westworld… du moins lors de sa première saison.

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Devs – Deus ex machina

D’abord brillant scénariste notamment pour Danny Boyle (La plage, 28 jours plus tard, Sunshine), Alex Garland est passé derrière la caméra mais sans délaisser l’écriture scénaristique en 2014 avec Ex machina (Futur film culte). Cette première excellente réalisation peu remarquée fut suivie et confirmée par Annihilation (Le miroitement : faits, science, fiction) réalisé en 2018. « Trop intello, trop compliqué » selon David Ellison, l’un de ses producteurs, Annihilation avait alors été relégué à une diffusion via le réseau Netflix. Un chemin de traverse qui ne plaidait pas pour une reconnaissance plus large bien que pourtant méritée. En 2020, Garland, toujours scénariste (ici, « créateur »), élargit le champ des possibles… et son temps d’antenne en livrant Devs, une série TV dont il assure aussi la réalisation et la production. Verdict ? Tant scénariste que réalisateur, Garland demeure à nos yeux l’un des auteurs-cinéastes les plus fascinants d’un siècle naissant.

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La flor – Bouquet cinématographique (3/4)

Après avoir établi le contexte du projet cinématographique de Mariano Llinás, nous vous avions livrés dans le deuxième volet de cet article notre analyse filmique de la première moitié de La flor. Nous clôturons ici cette analyse en nous concentrant logiquement sur la deuxième moitié d’un film-fleuve dont la durée dépasse les huit cents minutes.

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La flor – Bouquet cinématographique (2/4)

Dans le premier volet de ce focus consacré au film La flor de Mariano Llinás, nous avions posé le contexte de ce si singulier projet cinématographique. Il est désormais temps de vous rendre compte de notre analyse filmique. L’objet de ce deuxième article vise à établir une analyse comparative des deux premières parties soit la première moitié de ce film-fleuve.

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La flor – Bouquet cinématographique (1/4)

En 2018, Carlo Chatrian, directeur du festival de Locarno, vit en La flor une « réponse du cinéma aux séries télévisées ». Ce film de Mariano Llinás est une œuvre-monstre qui déroule successivement six histoires sur plus de treize heures. Une narration au long cours découpée en quatre parties et animée par un quatuor d’actrices – Elisa Carricajo, Valeria Correa, Pilar Gamboa et Laura Paredes – qui endosse de multiples rôles. Les spectateurs retrouveront pareille multiplicité dans les styles cinématographiques visités par le cinéaste argentin au fil de dix ans de tournage à travers le monde.

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Bacurau – Futur antérieur

Après avoir réalisé deux films dont le centre de gravité géographique était la ville de Recife – Les bruits de Recife (2012) et Aquarius (2016, La mémoire au féminin), Kleber Mendonça Filho exporte pour la première fois son tournage et son récit hors de sa ville natale. Ici, le village d’accueil du récit est celui éponyme au titre du film. Comme dans ces deux précédentes réalisations, le motif développé réside dans la sauvegarde d’un territoire de vie par ses autochtones. Dans la cartographie dressée, Mendonça Filho et Juliano Dornelles manipulent et agencent de nombreux genres cinématographiques pour livrer une allégorie politique. Présenté à Cannes, Bacurau a obtenu le Prix du jury ex-æquo avec le beaucoup plus caricatural Les misérables de Ladj Ly, concurrent français à l’Oscar 2020 du meilleur film étranger…

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