L’innocent – Prête-nom

Pas encore quarantenaire, Louis Garrel, côté réalisateur, est à la tête d’une filmographie amorcée par trois courts-métrages composés entre 2008 et 2011 et poursuivie par désormais quatre longs-métrages réalisés depuis 2015. Le dernier en date est L’innocent qui, contrairement à ses prédécesseurs restés somme toute assez marginaux et moyennement appréciés, semble accompagné par un certain enthousiasme de la critique. Dès lors, l’an 2022 marquerait-il la révélation d’un nouveau cinéaste ?

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A dark, dark man – De l’esprit des lois

La part sombre (« dark ») du titre annonce ce qu’est A dark, dark man, à savoir un polar noir. Ce film réalisé par Adilkhan Yerzhanov suit dans la filmographie de celui-ci La tendre indifférence du monde (Duo kazakh et art occidental) qui fut en 2018 son premier film distribué en salles en France. A dark, dark man est cependant déjà le septième long-métrage réalisé par ce cinéaste kazakh pas encore quarantenaire. Autant de réalisations derrière lesquelles Yerzhanov apparaît aussi quasi systématiquement en tant que scénariste. Une double casquette que ce jeune cinéaste porte aussi sur ses… cinq prochains films ! Autant de réalisations dont il faudra scruter une éventuelle distribution en France. Talentueux et prolifique, cet auteur doit être suivi de près.

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Roubaix, une lumière – Au commissariat central

Dans Roubaix, une lumière, Arnaud Desplechin rompt avec ses précédentes réalisations plus encore qu’avec Jimmy P. qui en 2013 conservait Mathieu Amalric dans sa distribution. Avec un casting entièrement renouvelé, un genre cinématographique encore jamais visité par le cinéaste, un seul point d’ancrage semble subsister dans ce film présenté en compétition au 72ème Festival de Cannes : Roubaix, ville natale du cinéaste. Cette ancienne cité industrielle florissante, aujourd’hui « la plus pauvre des cent plus grandes villes françaises », prête sa misère sociale, ses bas quartiers et son commissariat central pour servir de cadres au film.

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Grandeur et décadence d’un petit commerce de cinéma – Manifeste anti Pirates

Œuvre rare sur les écrans, Grandeur et décadence d’un petit commerce de cinéma fait partie des quelques contributions de Jean-Luc Godard à la fiction télévisuelle. Ce film produit et diffusé par TF1 en 1986 appartient à une époque révolue durant laquelle la première chaîne de télévision française s’aventurait à financer des réalisations aventureuses. L’écrin de Grandeur et décadence… n’était autre que la collection Série Noire dirigée Pierre Grimblat. Ici, Godard adapte très librement le polar Chantons en chœur ! de James Hadley Chase. A l’écran, Jean-Pierre Léaud incarne un cinéaste flanqué de Jean-Pierre Mocky en… producteur fauché (autoportrait ?).

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N.B. #11 – Le bateau phare (1985, Jerzy Skolimowski)

Pour sa première réalisation américaine, Jerzy Skolimowski livre un film d’un genre indéterminé. Le bateau phare ne dénote donc pas dans la filmographie du cinéaste polonais. Plus que de genre indéterminé il semble plus approprié d’évoquer un « genre » hybride. En effet, Le bateau phare relève tant du thriller que du drame familial. Outre la belle originalité de faire camper l’histoire racontée sur le bateau titre, Skolimowski y aborde pour la première fois et de façon singulière la thématique des relations père-fils.

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Les étendues imaginaires – Contours flous

Les étendues imaginaires est le premier long-métrage de Siew-hua Yeo qui fait l’objet d’une distribution en France. Cette diffusion à l’international de ce film singapourien trouve pour partie son explication dans l’obtention du Léopard d’or au Festival international du film de Locarno 2018. Entre réalisme et onirisme, Yeo fait dériver son film en eaux troubles.

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Une intime conviction – Le réel plutôt que la fiction

Une intime conviction est le premier long-métrage réalisé par Antoine Raimbault. A côté de l’attendu film de procès dicté par la véridique affaire Suzanne Viguier et le procès en appel qui en découla, le cinéaste livre un polar social purement fictionnel. Ce polar-juridique est donc un film double dont la part la plus convaincante n’est pourtant pas celle qui était la plus simple à maîtriser.

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N.B. #9 – Menaces dans la nuit (1951, John Berry)

Suite à sa restauration, le dernier film américain réalisé par John Berry bénéficie d’une ressortie en salle. Menacé par le maccarthysme, le cinéaste américain fut ensuite contraint de s’exiler en France où il entama une seconde carrière avec Eddie Constantine pour acteur fétiche. Il fut aussi la voix américaine de Jean Gabin. Cette ressortie s’accompagne pour la Menace dans la nuit (1951) originelle d’une mise au pluriel. Le menace devient multiple mais l’affaire nous semble anecdotique tant le titre original – He ran all the way – sied bien mieux au récit proposé.

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Dogman – Entre chien et loup

Dans Dogman, Matteo Garrone s’inspire d’un violent fait divers italien de la fin des années quatre-vingts pour questionner notre rapport à la violence et notre esprit de vengeance. Au-delà de la pertinence du regard porté par le réalisateur sur une Italie en déshérence, Dogman brille aussi par la performance de son acteur principal atypique, Marcello Fonte. Le Prix d’Interprétation masculine qui lui a été attribué à l’issue du festival de Cannes 2018 semble pleinement mérité.

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The third murder – Metteur en scène au parloir

Depuis le formidable Nobody knows sorti en salle en 2004, Hirokazu Kore-eda n’a cessé de livrer des drames familiaux à la qualité déclinante et bâtis sur des thématiques ressassant des réflexions sur les liens du sang. Ainsi, au fil des années, le cinéaste japonais a réalisé une œuvre cinématographique maîtrisée, limpide et bien rangée. Autant de qualités devant lesquelles nous pourrions placer l’adverbe « trop ». En l’absence de prise de risque et de renouvellement des thèmes abordés, les films de Kore-eda sont devenus prévisibles. En conséquence, notre sentiment de déjà-vu n’a cessé d’augmenter et notre intérêt de diminuer.

Présenté lors de la Mostra de Venise 2017, The third murder était, il y a quelques semaines, en compétition à Beaune dans le cadre de la dixième édition du Festival international du Film Policier ! Ce long-métrage semble donc matérialiser le changement de registre tant attendu et donc un possible regain d’intérêt.

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