Honfleur 2016

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Depuis 1995, le festival du cinéma russe à Honfleur a pour objet de faire connaître en France le cinéma russe et de contribuer ainsi au développement des liens culturels entre la France et la Russie.

Le Festival présente en compétition une sélection de films de fiction russes de l’année, ainsi que des rétrospectives thématiques, des documentaires, etc. Le festival propose également des films tournés dans les anciennes républiques soviétiques ainsi que des projets internationaux avec une participation russe.

Le jury du 24ème festival du cinéma russe à Honfleur sera présidé par l’écrivain et réalisateur Frédéric Beigbeder.

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Il aura pour membres la productrice Mei-Chen Chalais et le critique de cinéma Philippe Rouyer.

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Ainsi que les actrices Cyrielle Clair, Christa Théret et Victoria Olloqui.

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Notre programme sera composé des films ci-dessous sur lesquels nous vous proposerons une notule après chaque visionnage.


Compétition

Les sept films de l’année en compétition concourent aux quatre prix suivants attribués par je jury :

  • Grand Prix de la ville de Honfleur du meilleur film
  • Prix François-Chalais du meilleur scénario
  • Meilleure actrice
  • Meilleur acteur

Le prix du Public sera décerné par le vote des spectateurs.

Enfin, la région Basse-Normandie récompensera le meilleur premier long-métrage de fiction. Quatre des sept films en compétition sont éligibles à ce prix, ils sont marqués de la mention « Début ».

Dislike

de Pavel Rouminov (2016, Russie, couleur, 85 minutes)

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Huit des vidéo-blogueurs, ou “vlogueurs”, les plus populaires du Web russe ont été réunis pour une nuit dans une luxueuse villa, loin de tout réseau Internet, afin qu’ils testent une nouvelle boisson énergétique. Mais cette invitation est un piège.

Avec Maria Veï, Anastasia Akatova, Andrei Chougov, Evgueni Dakot, Oleg Gaas, Diane Melissone

Avant la projection du film, Françoise Schnerb, directrice du festival, alerte le public sur le fait que ce film est déconseillé aux âmes sensibles. Dislike est le premier film gore sélectionné par l’organisation du festival de Honfleur. Ce sont les qualités du film, celles de son metteur en scène mais aussi son sujet contemporain sur les dérives Internet qui ont motivé la présence du film de Pavel Ruminov dans la sélection officielle.

Notre avis (0.5/5) : Le titre Dislike, antonyme aux likes collectés sur les réseaux sociaux, vaut pour résumer notre appréciation du film. Pavel Ruminov laisse libre cours à son expérience de réalisateur de films publicitaires pour la télévision et de clips musicaux pour des groupes de rock. La transposition de ce savoir-faire sur grand écran éreinte plus qu’elle ne convainc.

Ce huis-clos animé par huit vidéo-blogueurs archétypaux et, pour certains, hystériques, tente en vain de donner sens à un scénario alambiqué. La bataille livrée tourne très rapidement à la débandade. A grand renfort de clichés, Dislike accumule maladresses sur invraisemblances. Ce vaste exercice inutile recèle un sommet de mauvais goût lorsque, dans un flash info en fin de film, une journaliste nous déclare que nous venons de vivre « le 11 septembre russe de l’internet » ! Mettre en parallèle la dizaine de morts fictionnels de Dislike avec les milliers de victimes des Twin Towers laisse pantois.

Dislike se veut tapageur. Devant tant de vacuité à la minute, nous le qualifierons sobrement d’anecdotique. Film dispensable réservé à un public averti et ne souffrant pas de vertige face au vide…

L’encaisseur

d’Aleksei Krasovski (2016, Russie, couleur, 74 minutes) – Section Début

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Arthur est un spécialiste du recouvrement de créances. Il peut déstabiliser ses clients au point qu’ils sont prêts à rendre l’argent uniquement pour avoir la paix. Lui-même reste impuni, jusqu’au jour où il devient à son tour une cible. Il n’a qu’une nuit pour échapper au châtiment.

Avec Konstantin Khabenski, Ksenia Buravskaya, Polina Agureeva, Daria Moroz, Evgueni Stychkin

Avant que son film ne soit projeté, Aleksei Krasovski revendiqua un « petit film » en expliquant que par « petit film » il faut comprendre une production réalisée en totale indépendance. La production de L’encaisseur n’a ainsi bénéficié d’aucun soutien de l’état russe. Le réalisateur avoua au passage son désaccord face à la politique culturelle actuelle de la Russie.

Notre avis (3.5/5) : Dans son premier long métrage, Aleksei Krasovski multiplie les unicités. A l’unicité de lieu (un bureau) s’ajoute celle du temps (une nuit) et celle du personnage. L’unique protagoniste, incarné par Konstantin Khabenski, apparaît sur tous les plans composant le film. Il y a également une unicité de méthode puisque le réalisateur fait se succéder des conversations téléphoniques entre ce personnage central et des interlocuteurs entendus en voix-off (profusion de dialogues).

La redondance de la méthode est cependant contrecarrée par une mise en scène de qualité malgré un espace filmé limité et plongé dans l’obscurité de la nuit (tons monochromes). Aleksei Krasovski parvient à fournir à son suspense psychologique une mise en images toujours variée et dynamisée par de nombreux plans séquences façon Birdman. Nous retrouvons également cette variété dans la bande originale qui contient quelques partitions à la batterie qui, là aussi, ne manquent pas à nous rappeler celles du film d’Alejandro Gonzalez Inarritu.

Présent dans la compétition officielle, L’encaisseur semble être le réceptacle idéal pour l’attribution du Prix du Meilleur acteur à Konstantin Khabenski.

Le jour d’avant

d’Alexander Kott, Vladimir Kott, Alexander Karpilovski, Boris Khlebnikov (2016, Russie, couleur, 91 minutes)

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Depuis l’aube tous les habitants de la planète le savent : une comète rouge va percuter la Terre. Il ne reste qu’un jour ! Les gens de toutes sortes de classes sociales, groupes ethniques et religions, essaient de passer, chacun à sa manière, la dernière journée de leur vie.

Avec Serguei Makovetski, Elena Liadova, Daria Moroz, Ksenia Rappoport, Alexander Petrov, Yuri Stoianov

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Notre avis (2/5)Le jour d’avant est un film à sketches réalisé par quatre cinéastes russes. Quatre perceptions différentes du dernier jour sur terre avant que notre planète ne soit percutée par une comète. Pour le spectateur, c’est autant de chances de s’identifier à au moins l’une des quatre versions présentées… ou pas ! Las, les quatre histoires proposées relèvent de la pure fiction. Chacune frise (in)volontairement la parodie. Le jour d’avant est avant tout un film de divertissement comme l’émission de reality show qui lui sert de fil directeur, pause musicale façon Eurovision comprise.

D’un point de vue cinématographique, seul le troisième sketch, réalisé par Alexander Kott, bénéficie d’une mise en scène qui présente quelques intérêts. Mais, comme pour la globalité du film, le scénario s’avère ban(c)al avant de prendre fin sur un twist choc et un finale démonstratif.

Petit oiseau

de Vladimir Bek (2015, Russie, couleur, 90 minutes)

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Quand votre enfance s’est-elle envolée ? Elle est partie quand, au lieu de jouer au football avec les copains, vous vous asseyez et commencez à contempler en silence la rivière. Elle est partie quand vous réalisez brusquement : cet été est sur le point de finir et c’est le dernier été de votre enfance.

Avec Piotr Skvortsov, Margarita Tolstoganova, Timofeï Choubine, Matveï Ivanov, Alexandra Rybakova

C’est à la productrice du film, Olga Tumasova, que revient la charge de présenter Petit oiseau avant sa projection. Elle révèle que ce deuxième long métrage de Vladimir Bek, un très jeune cinéaste, a été tourné avec très peu de moyen. Le film fait suite à une demande initiale de publicité pour une colonie de vacances que Vladimir Bek a souhaité étendre à un projet plus long. Le film ayant déjà été tourné, la société de production d’Olga Tumasova n’est finalement intervenue que dans le processus de postproduction.

Notre avis (1.5/5) : En évoquant les premières amours en colonie de vacances, Vladimir Bek cherche à faire vibrer la corde de la nostalgie. Nous tenons là le fil directeur de Petit oiseau. La langueur du film tient à un scénario léger comme l’air estival, à une intrigue ténue et à un épilogue évasif sur fond d’amourette entre adolescents. Les rares dialogues servent de ponctuation aux nombreuses et très variées activités de colonie de vacances. Ces éléments contribuent à la langueur du long métrage, elle-même renforcée par une mise en scène esthétisante noircie par quelques instants dont la netteté de prise de vue n’est pas maîtrisée. Seuls quelques matériels et cœurs brisés viennent sporadiquement érafler l’extrême et naïve douceur d’un Petit oiseau, œuvre jeune et fragile dont l’envol est furtif.

Le poisson-rêve

d’Anton Bilzho (2016, Russie, couleur, 80 minutes) – Section Début

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Roman, correcteur d’édition et pur intellectuel arrive dans une petite station d’Estonie. Il doit travailler très sérieusement sur l’encyclopédie “Poissons de la mer Baltique”. Cependant, l’apparition d’Helena va tout bouleverser.

Avec Vladimir Mishukov, Severija Janusauskaite, Maxim Vitorgan, Andrei Bilzho

Vladimir Mishukov, acteur principal du Poisson-rêve, confesse avant séance sa difficulté à présenter correctement le premier long métrage d’Anton Bilzho. Mais il est là, à Honfleur, pour soutenir le film comme un « supporter de foot ». Il souligne que Le poisson-rêve est un long métrage qui n’a bénéficié d’aucun soutien du ministère de la culture russe. Ce long métrage à budget réduit a été entièrement financé par son réalisateur et sa famille.

Notre avis (3/5) : Malgré des moyens financiers limités, le premier long métrage de fiction d’Anton Bilzho fait preuve d’une ambition certaine et accomplie. Le poisson-rêve s’acclimate aussi bien d’une mer calme ou démontée. En bon capitaine de bord, Anton Bilzho dirige ses comédiens avec précision et maîtrise ses virées de bord.

D’abord comédie, le film prend soudainement dans son finale une tournure plus sombre et plus hardcore. La douce mise en scène qui prévalait devient plus heurtée. La caméra posée est désormais portée, les mouvements d’appareil sont plus amples et plus brutaux. La véritable psychologie de chacun des personnages est enfin dévoilée et mise à nue. Le poisson s’en est allé et le rêve aussi. Le poisson-rêve aura longtemps nagé par temps calme, sa traversée se terminera en eaux troubles.

Il serait très étonnant que ce film ne soit pas récompensé par l’un des prix décernés par l’organisation du festival. Concourant dans la catégorie « Début », il pourrait en être le lauréat. On peut également imaginer que le prix du meilleur acteur échoie à Vladimir Mishukov.

Rag union

de Mikhail Mestezki (2015, Russie, couleur, 97 minutes) – Section Début

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Vania, est un ado sans histoire qui doit trouver du travail. Il rencontre trois étranges garçons qui veulent changer le monde. Séduit par ses nouveaux amis, Vania essaie de toutes ses forces de faire partie de leur grandiose organisation. Mais leur voisine, la petite Sacha, a des vues sur cette compagnie.

Avec Alexandre Pal, Ivan Yankovski, Vassili Boutkevitch, Pavel Tchinariov, Fiodor Lavrov

Notre avis (3/5) : « L’union des carpettes » compte trois adolescents pour membres. Un potentiel quatrième membre frappe à la porte. Fuyant le service militaire ou des jobs sans intérêt, entre dissidences religieuse et politique, leurs idéaux révolutionnaires les poussent à l’action. Leur campagne d’entraînement en milieu rural estampillé « bio-détachement expérimental » vise à les affuter pour préparer un autre monde urbain. Leur plan foutraque sera perturbé par quelques éléments extérieurs et autres scorpions bleus hallucinogènes.

Accrochés aux lambeaux d’une enfance passée, nos quatre adolescents résistent pour ne pas basculer dans l’âge adulte, celui des responsabilités. Leurs seules armes sont leurs idées et leur union fait leur force. Une force qui, sous condition d’être bien canalisée, pourrait renverser les idées préconçues qu’ils réfutent et des pans entiers d’un certain passé dont la statue moscovite tant haïe de Pierre le Grand est le symbole. Dans ses moments les plus enlevés, on note dans Rag Union des clins d’œil au cinéma d’Emir Kusturica. Il est probable que l’auteur d’Underground fasse partie des réalisateurs de chevet de Mikhaïl Mestetski.

Le terrain

d’Edouard Bordukov (2016, Russie, couleur, 99 minutes) – Section Début

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Kostya et ses amis – Serge, Mel et Danseur – sont jeunes et aiment le football de rue, qu’ils pratiquent sur un terrain clos en pleine ville. Mais un groupe de Caucasiens prétend se l’approprier. Après quelques affrontements, Russes et Caucasiens décident d’organiser un tournoi en trois matchs; le vainqueur aura le terrain. Ce n’est plus un tournoi de foot, c’est la guerre !

Avec Sergey Romanovich, Sergei Podolny, Kirill Degtyarev, George Soskin, Beyonce Miloslavskaya, Evgenia Dmitrieva

Le terrain est une affaire de famille puisque Kirill Degtyarev, acteur dans le film, est le fils des producteurs (Mikhail Degtyarev et Elena Glickman) également présents en avant séance. Ce trio familial soulignera lors de la présentation du film le côté cosmopolite d’un casting moscovite de nationalités et de religions diverses. Un modèle de cohabitation montré dans le film et que Mikhail Degtyarev juge le plus juste.

Notre avis (3/5) : Edouard Bordukov transpose dans un espace réduit, celui d’un terrain de football de rue, la problématique de l’intégration des populations caucasiennes dans Moscou. Ce terrain anonyme coincé entre des barres d’immeubles sera fertile à l’animosité entre deux équipes, l’une russe, l’autre composée de migrants caucasiens. Les supporters ultras de l’équipe aux couleurs locales ne manqueront pas de jeter de l’huile sur le feu. Sur ce Terrain, le football devient confrontation inter-ethnique.

La mise en scène d’Edouard Bordukov ne manque pas de qualités mais aussi de gimmicks (abus de ralentis et de prises de vue en biais) qui l’alourdissent. La forme sportive du film tient également d’un conséquent travail de montage. Le drame peine à transpirer à l’écran. Le terrain, filmé principalement du point de vue de l’équipe russe, aurait été plus efficient dans son propos s’il avait été mieux équilibré entre les deux parties.

Le message porté par Le terrain parait limpide et universel comme l’est le football. Nos terrains sont à reconstruire ensemble pour faire front face à la xénophobie et la maintenir hors du terrain de jeu.

Un sujet contemporain et universel retranscrit à travers un sport tout aussi universel fait du Terrain un candidat tout désigné du Prix du public.

Nota bene : Lors d’une interview donnée à Radio Sensation, Mikhail Degtyarev indique qu’il existe deux versions du film. Celle projetée lors du festival à Honfleur est déconseillée aux moins de 12 ans. Une version alternative existe mais est déconseillée aux moins de 16 ans.


Panorama : Moscou mon amour

Cette sélection est composée de quatre films russes tournés à Moscou.

L’art pur

de Renat Davletiarov (2016, Russie, couleur, 93 minutes)

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Sasha est une photographe d’art renommée, jeune et belle. Elle a une liaison amoureuse avec le peintre An-drew. Un jour, elle découvre son amant assassiné. Impliquée malgré elle dans une fraude criminelle qui concerne le monde de l’art, elle devient une cible et décide de mener sa propre enquête.

Avec Anna Chipovskaya, Pyotr Fiodorov, Konstantin Yushkevich, Ilya Lioubimov

Notre avis (2.5/5) : Dans L’art pur, Renat Davletiarov décline un pur thriller dans lequel un trafic de faux tableaux sert de toile de fond. Dans ce film, le cinéma est au service de la peinture, à moins que ce ne soit le 3ème art qui soit au service du 7ème. Les parallèles entre cinéma et peinture sont nombreux notamment par le conséquent travail qui a été réalisé sur les couleurs et leur mélange. Ainsi, la composition de certains cadres invoquent des techniques impressionnistes.

Expurgé de tout sous-texte, L’art pur demeure malgré tout confus dans sa première partie à cause d’un trop grand morcellement du montage du film entre actions passées et présentes. Le récit se voit ainsi inutilement complexifié ce qui nuit à l’établissement de liens solides entre les spectateurs et les protagonistes. La deuxième partie adopte une narration plus linéaire jusqu’à un finale sanglant.

De l’amour

d’Anna Melikian (2015, Russie, couleur, 115 minutes)

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Qu’est-ce que l’amour ? Les héros de ce film tentent de répondre. Des personnages, tous différents, mêlent leurs histoires dont le point commun est l’amour.

Avec Renata Litvinova, Vladimir Mashkov, Mikhail Yefremov, Maria Shalaeva, Yuri Kolokolnikov, Yulia Snigir, Alexei Filimonov, Maria Daniliuk

Notre avis (1/5) : Qu’est-ce que l’amour ? La question est vaste et universelle. Avec pour fil directeur une conférence en plein air dont le sujet est de définir l’amour, Anna Melikian tente d’apporter ses réponses à travers plusieurs histoires.

Outre des personnages archétypaux et peu représentatifs de la population moscovite, la réalisatrice a opté pour une mise en scène extrêmement maniérée alors que le sujet de ce film à sketches n’imposait pas un tel choix. La multiplication des messages types SMS, des split screens (jusqu’à six subdivisions par écran !) et la récurrence de l’élargissement ou rétrécissement des écrans en hauteur comme en largeur polluent un propos déjà guère convaincant. De l’amour prend l’allure d’un interminable (près de deux heures) vidéo clip. D’ailleurs, des groupes de rock locaux y sont nommément présentés !

Moscou ne dort jamais

de Johnny O’Reilly (2015, Russie, couleur, 104 minutes)

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Le film plonge le spectateur dans la vie trépidante du Moscou actuel à travers les histoires personnelles de cinq héros. Ces histoires se déroulent sur fond d’un Moscou étouffant qui fête son anniversaire avec un énorme feu d’artifice.

Avec Oleg Doline, Yuri Stoianov, Alexei Serebriakov, Mikhail Efremov, Lioubov Axionova

Notre avis (2/5) : Dans Moscou ne dort jamais, Johnny O’Reilly bâtit son récit autour de cinq personnages principaux : un entrepreneur menacé de faillite, un adolescent devant composer entre son amie et sa grand-mère, une adolescente à la recherche de son père naturel, une chanteuse éprise de deux hommes et un acteur au bout du rouleau. Cet échantillon n’est pas représentatif de la population moscovite.

Le scénario très écrit tisse des liens entre chacun de ces protagonistes. Le récit se veut donc ambitieux. Il l’est probablement trop. Traiter de façon satisfaisante ces cinq personnages en moins de deux heures relève de la gageure. De plus, ce trop grand nombre de protagonistes et de destins associés morcellent Moscou ne dort jamais en séquences courtes. Ceci nuit à l’installation des protagonistes et à leur appréhension par les spectateurs. La mise en scène impactée par le processus narratif suivi ménage cependant de beaux plans, notamment aériens, de la capitale russe qui apparaît ainsi tentaculaire et toujours en activité car Moscou ne dort jamais.

Vendredi

d’Evgueni Sheliakine (2016, Russie, couleur, 92 minutes)

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Le vendredi soir, que chacun attend toute la semaine, Moscou est en pleine effervescence. Dans les clubs branchés, chacun se métamorphose. Comment tout cela peut-il finir ? Chacun ne le saura que le samedi matin.

Avec Danila Kozlovski, Serguei Burunov, Nastasia Samburski, Kirill Pletnev, Evgueni Stychkin

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Notre avis (2/5) : Le ton du film est donné dès ses premiers photogrammes diffusés en accéléré. La présentation des cinq protagonistes principaux suit sous forme d’autant de vignettes n’excédant pas chacune la minute ! La suite de ce Vendredi gardera cet infernal tempo. Elle prendra régulièrement l’apparence d’une succession de vidéo clips empruntant souvent au monde de la publicité sans omettre d’invoquer Google, Facebook et autres avatars numériques. Cette comédie de teenagers, légère et sur-vitaminée, pourra paraître stimulante ou éreintante en fonction des goûts de chacun.


Évènements

Ainsi firent les étoiles

de Serguei Snezhkine invité (2016, Russie-Kazakhstan, couleur, 188 minutes)

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L’écrivain anglais Jeremy Wilson obtient un rendez-vous avec le premier président de la République du Kazakhstan Noursoultan Nazarbaev pour écrire sa biographie. Cependant l’interview prévue se transforme en un long et passionnant voyage du journaliste et du chef d’état, emportés par le flot de l’histoire de ce jeune pays indépendant, de l’année 2015 aux années 1950, 1989, 1986, 1991…

Avec Sergueï Garmach, Aleksei Guskov, Daria Moroz, Berik Aitjanov, Farkhat Abdraimov

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Lors de la présentation de son film, Serguei Snezhkine indique que Ainsi firent les étoiles est le premier film réalisé sur un président en activité. Au-delà, c’est un film sur la naissance d’une nation (Kazakhstan) et la lutte qu’elle a nécessitée.

Notre avis (1.5/5) : Ainsi firent les étoiles fait le récit de l’émancipation du Kazakhstan de la tutelle de sonvoisin soviétique. La narration porte essentiellement sur la période allant de 1985 à 1995 et est découpée en quatre chapitres de durée décroissante.

La précision de certaines données chiffrées (score à l’élection présidentielle, budget annuel de l’Etat Kazakh de plusieurs centaines de millions donné au dollar près !) est absente d’un récit nécessairement elliptique. Entre omissions (volontaires ?), fantasmes (influence du président Noursoultan Nazarbaev sur la météo de La Mecque, bouclier nucléaire arabe), idolâtrie appuyée (vote présidentiel à l’unisson), exagérations (influence directe de Noursoultan Nazarbaev sur les destinées de la Russie) et affabulations sur des politiciens décédés, il est bien difficile de démêler le vrai du faux et de la caricature.

Film de commande oblige, le récit de Serguei Snezhkine est très orienté et insuffisamment précis. La mise en scène académique ne parvient pas à faire oublier une caméra trop orientée vers le « héros ». Elle échoue également à attiser l’attention sur un récit trop long.

Le brise-glace

de Nikolai Khomeriki (2016, Russie, couleur, 120 minutes)

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Un énorme iceberg se trouve sur la route du brise-glace Mikhaïl Gromov. Voulant éviter une collision, le navire entame une dérive forcée au large de l’Antarctique. Le tournage de ce film-catastrophe épique, basé sur des événements réels, a duré trois mois et demi, et a nécessité quatre expéditions de Mourmansk vers Sébastopol.

Avec Piotr Fiodorov, Sergueï Pouskepalis, Anna Mikhalkova, Olga Filimonova

Notre avis (2/5) : Deux films à gros budget ont été produits en 2016 par le cinéma russe : Le duelliste et Le brise-glace. Ce dernier avance fort de nombreux effets spéciaux qui s’avèrent globalement convaincants. Dans ce film catastrophe, Nikolai Khomeriki ne néglige pas d’approfondir les relations entre ses personnages essentiellement masculins puisqu’il n’y a point d’âme féminine à bord du brise-glace Mikhaïl Gromov.

La part féminine du film se limite au traitement en pointillé de l’histoire « bateau » des épouses de deux membres de l’équipage. Ces deux intrigues restent accessoires au sein d’un scénario sans réelle surprise et non exempt de quelques invraisemblances.

Le duelliste

d’Aleksei Mizgirev (2016, Russie, couleur, 110 minutes) – Film d’ouverture

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Officier à la retraite, Yakovlev vit de duels; il se fait payer pour représenter l’un des adversaires. Cependant il est obnubilé par son passé dramatique. Après de longues années d’exil, il revient à Saint-Pétersbourg pour se venger de tous les responsables de ses malheurs et retrouver son honneur perdu.

Avec Piotr Fiodorov, Vladimir Machkov, Yulia Khlynina, Franziska Petri, Serguei Garmash

Notre avis (2.5/5) : L’action du Duelliste prend place à Saint-Péterbourg en 1860. Mais Le duelliste n’est pas un film historique. Aleksei Mizgirev met en scène un duelliste invincible et immortel. Ce personnage purement fictif n’a aucune valeur historique.

Le film à la réalisation soignée est donc destiné aux amateurs de blockbusters peu regardants sur la véracité des propos tenus et la vraisemblance des actions filmées.


Les moments russes

Cette 24ème édition du festival du cinéma russe à Honfleur inaugure une nouvelle section intitulée « Moments russes ». Elle regroupe des films non russes mais qui ont un attrait russe au regard du sujet traité ou des acteurs présents au casting.

Les confessions

de Roberto Andò (2015, France-Italie, couleur, 103 minutes)

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Un luxueux hôtel. Des politiciens sur le point d’approuver un plan mortel. Un moine. Un expert financier suicidaire. Une confession. Un film sur le pouvoir et les secrets.

Avec Toni Servillo, Daniel Auteuil, Lambert Wilson, Aleksei Guskov, Marie-José Croze, Connie Nielsen, Richard Sammel, Togo Igawa, Roman Polanski, Stéphane Freiss

Notre avis (3.5/5) : Présenté en avant-première au festival de Honfleur, le dernier film de Roberto Andò réunit un large casting international pour figurer un G8 peut-être pas aussi fictif que nous le souhaiterions. Ce thriller entre politique et économie en quasi huis clos déroule un scénario écrit avec rigueur et précision. Le personnage principal incarné par Toni Servillo est le suspect numéro un. Sa position de moine ayant fait vœu de silence complexifie de façon tangible la résolution d’une affaire dont le mystère est soigneusement entretenu par Roberto Andò et son coscénariste Angelo Pasquini. Les deux hommes avaient déjà collaboré en 2013 à l’écriture de Viva la libertà, précédent film du cinéaste italien. La formule recherchée est complexe, insondable, probablement signifiante et… visiblement efficace.

La sortie en salle des Confessions est programmée au 25 janvier 2017.

Dans les forêts de Sibérie

de Safy Nebbou (2016, France, couleur, 105 minutes)

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Pour assouvir un besoin de liberté, Teddy décide de partir loin du bruit du monde, et s’installe seul dans une cabane, sur les rives gelées du lac Baïkal. Une nuit, perdu dans le blizzard, il est secouru par Aleksei, un Russe en cavale qui vit caché dans la forêt sibérienne depuis des années.

Avec Raphaël Personnaz, Evgueni Sidikhine

Notre avis (3/5) : Si l’isolement recherché par le personnage incarné par Raphaël Personnaz ne paraît à l’écran que par intermittence, les espaces et le silence sont bien captés sous l’objectif de la caméra de Safy Nebbou. Les prises de vue aériennes réalisées avec un drone sont bien réalisées à l’exception de la plus importante, celle sur la barque, dont le cadrage échoue en fin de séquence… Il faut reconnaître la beauté du geste même si Dans les forêts de Sibérie se montre trop timide sur le traitement des questions existentialistes du personnage de Teddy.

La supplication

de Pol Cruchten (2016, Luxembourg – Autriche – Ukraine, couleur, 90 minutes)

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Ce film ne parle pas de Tchernobyl, mais du monde de Tchernobyl dont nous ne connaissons presque rien. Des témoignages subsistent : des scientifiques, des enseignants, des journaliste, des couples, des enfants. Leurs voix forment une longue supplication, terrible mais nécessaire qui dépasse les frontières et nous amène à nous interroger sur notre condition. D’après le livre de Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature 2015.

Avec Dinara Droukarova, Iryna Voloshyna, Vitali Matvienko, et les voix d’ Eric Caravaca, Marc Citti, Robinson Stévenin

Notre avis (3/5)Pol Cruchten met en images les témoignages authentiques recueillis après la catastrophe de Tchernobyl par Svetlana Alexievitch, Prix Nobel de littérature 2015. La mise en images (prises de vue réalisées in situ) choisie par le réalisateur luxembourgeois s’effectue essentiellement par des plans fixes. Les scènes symboliques sont jouées par des acteurs mutiques. Les cadres composés avec soin illustrent et aident à la compréhension des témoignages anonymes récités en voix-off. Ces cadres remplis de lumières et de couleurs donnent vie aux ruines de Tchernobyl vieilles de trente ans et évitent tout effet macabre ou miséricordieux.

La supplication sera le représentant luxembourgeois aux Oscars 2017 du meilleur film en langue étrangère.


Avant-première

Le disciple

de Kirill Serebrennikov (2016, Russie, couleur, 118 minutes)

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Benjamin, adolescent pris d’une crise mystique, pense qu’il est le meilleur juge des valeurs morales : comment elles doivent être respectées, qui doit en être le garant, ce qui est bien ou mal. Il fait un procès permanent à sa mère, ses camarades et son lycée tout entier. Seule, sa professeur de biologie tente de le provoquer sur son propre terrain.

Avec Petr Skvortsov, Victoria Isakova, Julia Aug, Svetlana Bragarnik, Alexander Gorchilin, Alexandra Revenko

Notre avis (3.5/5)Kirill Serebrennikov adapte au cinéma sa pièce de théâtre éponyme, elle-même inspirée de la pièce du dramaturge allemand Marius von Mayenburg.

Entre satire et  thriller psychologique, Le disciple fait le récit du fanatisme religieux chrétien d’un adolescent auquel ne s’oppose réellement que l’une de ses enseignantes. Le crescendo dramatique et d’usure des relations du protagoniste principal est savamment orchestré. Audacieuse, dérangeante, la démonstration de l’impact de l’obscurantisme sur la vie au quotidien vaut pour scénario. La mise en scène est particulièrement brillante et inspirée. Elle fait la part belle à de nombreux longs plans séquences. Elle sert efficacement un propos dissident et radical à destination notamment de l’Église orthodoxe russe.

En compétition au dernier festival de Cannes, Le disciple a été récompensé par le Prix François Chalais et succède ainsi à Timbuctu en 2014 et Le fils de Saul l’année dernière.


Les grands classiques remasterisés

La ville zéro

de Karen Shakhnazarov (1988, URSS, couleur, 103 minutes)

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Varakine, un ingénieur moscovite, se rend en mission dans une petite ville de province et se trouve plongé dans un tourbillon d’événements insolites.

Avec Leonid Filatov, Oleg Basilachvili, Vladimir Menchov, Armen Djigarkhanyan, Evgueni Evstigneev

Réalisateur de La ville zéro, aujourd’hui Directeur Général des studios Mosfilm, Karen Shakhnazarov indiqua, avant la projection de son film, que celui-ci avait été projeté en France pour la première fois en 1989 au festival de Cannes (Quinzaine des Réalisateurs). Soit quelques mois avant la chute du mur de Berlin, ce grand bouleversement qui fait écho à celui vécu par le personnage principal de La ville zéro.

Notre avis (3.5/5) : Le monde fantasmagorique de La ville zéro, son banal et très commun héros central font penser à l’univers singulier de Roy Andersson. Les aventures insolites mais jamais rocambolesques de Varakine paraissent relever du non sens complet en première analyse. Mais une lecture entre les lignes permet de coller à de nombreux passages un double sens en lieu et place du non sens perçu dans un premier temps.

Cette fable noire et sarcastique porte une vision macabre de la société soviétique. La ville zéro vaut bien plus que le zéro qui lui est affublé pour qui saura déchiffrer et interpréter les messages cachés. Le long métrage de Karen Shakhnazarov  acquiert ici des attributs assez fascinants.

La ballade du soldat

de Grigori Tchoukhrai (1959, URSS, noir & blanc, 90 minutes)

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Aliocha, mobilisé à dix-neuf ans dans les transmissions, a détruit presque malgré lui deux panzers nazis. Proposé pour une décoration, il préfère une permission pour aller embrasser sa mère. Il a six jours pour faire le voyage et revenir.

Avec Vladimir Ivachov , Zhanna Prokhorenko , Antonina Maximova

<Bande annonce>

Notre avis (3/5) : L’action débute quelque part dans l’anonymat du front de guerre russe. Suite à l’accomplissement d’un acte héroïque, Aliocha (Vladimir Ivachov) est autorisé à quitter pour six jours le front des hostilités. Une permission que le jeune soldat souhaite mettre à profit pour retourner chez lui, dans un village éloigné.

C’est le récit de ce retour en terre natale que narre Grigori Tchoukhrai. Cette Ballade du soldat est jalonnée de rencontres fortuites avec d’autres personnages également en transit. In fine, c’est également la confrontation d’un simple soldat à une vie civile qui n’est pas toujours là où elle est espérée…

La ballade du soldat n’est pas un film de guerre. Celle-ci n’est présente à l’écran que de façon sporadique. Grigori Tchoukhrai a détourné le champ de sa caméra de celui de la guerre pour mieux montrer l’envers du décor, celui d’un retour passionné et légèrement romancé à la vie civile où les désillusions sont également présentes.

Film disponible depuis le 6 novembre en coffret DVD/Blu-ray chez Potemkine accompagné du Quarante et unième et Ciel pur, deux autres longs métrages majeurs du cinéaste russe.


Documentaires

Le pays des Oudéguéïs

d’Ivan Golovniov (2015, Russie, 26 minutes)

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Ce film nous emmène dans le monde des Udehe, un peuple indigène de l’extrême est de la Russie. D’après le recensement de 2010, cette population ne compte plus que 1490 âmes.

<Bande annonce>

Notre avis (3/5) : En six courts chapitres, le documentaire Le pays des Oudéguéïs dresse la fiche signalétique du peuple des Oudéguéïs. Le récit démarre par l’origine mi-ours de cette peuplade pour se clore sur la conception de la mort de cette micro ethnie.

A travers les interviews réalisées, il émane du documentaire d’Ivan Golovniov une douceur intemporelle. La bande originale entièrement dédiée aux chants et instruments traditionnels des Oudéguéïs souligne ces instants qui rentrent en parfaite communion avec une nature que ce peuple respecte profondément. Le pays des Oudéguéïs vaut ainsi pour leçon.

Yaptik-hasse

d’Edgar Bartenev (2006, Russie, 32 minutes)

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La vie quotidienne d’une famille Nenet, sur la Péninsule Yamal, est centrée sur l’élevage de rennes. Ses moindres occupations sont régies par l’ancienne philosophie qui se transmet à travers les siècles de génération en génération. Le plus jeune de ses membres, Yaptik-Hasse, 4 ans, sait déjà prendre un renne au lasso. Il est le bon esprit de la famille Yaptik et a le privilège de voyager sur la luge sacrée, que tirent des rennes ou des chiens. La route est son foyer. Tant qu’il la parcourra il y aura toujours des rennes, des chiens et des Nenets.

Ce film a été récompensé dans de nombreux festivals nationaux et internationaux, notamment Monterrey (Grand prix) , Leipzig (Pigeon d’or), Saint-Petersbourg (Centaure d’or).

<Bande annonce>

Notre avis (2/5)Edgar Bartenev ne procède à aucune interview et n’utilise aucune voix-off. Les quelques bribes de dialogues ne sont pas sous-titrées. Seuls quelques commentaires inscrits sur l’écran aiguillent le spectateur.

Yaptik-hasse, littéralement esprit (de la famille) Yaptik, fait la description d’une famille de Nénètses. La tribu Yaptik de son membre le plus jeune, 1 an, au patriarche familial âgé de 90 ans mais qui dit n’avoir que 35 ans. L’erreur est pardonnée car dans la toundra on ne fête pas les anniversaires. Ces quelques individus nomades semblent perdus dans l’immensité des paysages, au milieu de nulle part, entre nord et sud, leurs deux mondes. Là où les rennes sont rois.

Le siège

de Sergueï Loznitsa (2005, Russie, noir & blanc, 52 minutes)

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La ville de Leningrad et le blocus durant la Seconde Guerre Mondiale. Ni mots ni musique. Seulement les sons et les images d’une cité à l’agonie.

Ce film a reçu de nombreux grands prix internationaux (Moscou, Kiev, Cracovie, Jerusalem, St Petersburg, Vyborg, Chicago …)

<Bande annonce>

Notre avis (4/5) : Comment est-il possible de donner sens à des images d’archives sans commentaires ? Cette question complexe trouve sa réponse dans le travail de montage intelligent et pertinent effectué par Sergueï Loznitsa.

Les images d’archives agencées par le cinéaste russe sont celles du siège subit par la ville de Leningrad pendant plus de deux ans durant la seconde Guerre Mondiale. Un siège monstrueusement destructeur où les incendies répondent aux bâtiments éventrés. Aux conséquences matérielles s’ajoutent celles sur le plan humain également innombrables et indicibles. Puis vient la neige, celle d’un hiver précoce et particulièrement rigoureux. Outre la couche de glace formée, cet hiver formera aussi une couche supplémentaire sur un drame déjà trop épais. Le point de non retour sera atteint et rendra la dernière séquence du Siège, pourtant cruelle, étrangement anodine…

Tsurtsula

d’Alekxeï Telnov (2015, Russie, couleur, 52 minutes)

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Une équipe de tournage se rend dans la petite ville d’Arvay, aux confins du désert de Gobi. Là se trouvait une base militaire soviétique en 1986. Chaque jour, des soldats avaient coutume de graver la date au sommet de la montagne qui surplombe la base, ce qui se voit encore aujourd’hui.

Meilleur documentaire long-métrage au Festival d’Ekaterinburg, au Festival “Message to man” et nombreux autres prix en Russie en 2015-2016.

<Bande annonce>

Notre avis (2/5)Tsurtsula est un documentaire très personnel sur une ancienne base militaire soviétique. On note aujourd’hui la présence de quelques militaires mongoles mais surtout des baraquements et des bâtiments dont il ne restent que les fondations. Seules de vieilles vidéos et photographies peuvent désormais témoigner d’une vie en parfaite communion entre Russes et Mongoles. La nostalgie de ce temps révolu est surlignée par les musiques choisies par Alekxeï Telnov pour habiller ce documentaire.


Table ronde

Le cinéma russe est-il un bon prof d’histoire ?

Table ronde animée par Joël Chapron

Connaître l’Histoire en allant au cinéma est-il d’une source sûre ? A travers les époques, les réalisateurs sont nombreux à avoir traité des sujets historiques récents ou anciens, comme la guerre, la politique, les événements qui ont marqué leur pays. Films de fiction ou documentaires représentent une masse d’images et de points de vue, mais l’objectif de la caméra n’est-il pas éminemment… subjectif ?

Compte-rendu : Le cinéma russe est-il un bon prof d’histoire ?