Belle toujours – L’élégance d’une variation buñuelienne

En 2006, Manoel de Oliveira livre Belle toujours, délicate réminiscence près de quatre décennies plus tard de Belle de jour. N’excédant guère la durée d’une heure, Belle toujours résonne comme une réponse aussi condensée qu’élégante au chef d’œuvre de Luis Buñuel. Le réalisateur portugais, alors quasi centenaire, déploie toute son expertise dans ce film qui demeure à ce jour la plus belle variation proposée sur l’univers buñuelien et le plus délicat hommage rendu au grand maître espagnol.

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Passion – Art pour art(s)

Dans Passion, Jean-Luc Godard procède à une mise à nu de sa passion, la création cinématographique ou, plus globalement, la création artistique. Au fil d’une narration déconstruite qui cite et invoque les grands maîtres de la musique classique et de la peinture, l’auteur d’A bout de souffle insuffle une énergie nouvelle faite de contrastes entre beauté et laideur, musique et bruit. Sous des traits assurément godardiens, la composition de tableaux vivants rivalise avec l’excellence de celle des plans-séquences.

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Les fantômes d’Ismaël – Chaos narratif orchestré

Dans Les fantômes d’Ismaël, Arnaud Desplechin s’appuie à nouveau sur ses deux alter-égos fictionnels, Ismaël Vuillard incarné par Mathieu Amalric son acteur fétiche et Dédalus sous les traits de Louis Garrel. Cette nouvelle variation de la saga Vuillard-Dédalus, véritable dédale scénaristique, louvoie entre film d’auteur et film de genre qui, entre ses très nombreuses autocitations, prend des accents bergmaniens.

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Le pont des espions – Entre deux eaux calmes

Le pont des espions de Steven Spielberg s’inscrit dans la veine des films historiques chers au cinéaste américain qui, sous couvert de faits réels, réunit Tom Hanks et Mark Rylance. Derrière la brillante et minutieuse reconstitution du New-York et du Berlin de la Guerre froide, le cinéaste met en œuvre une mise en scène classique et maîtrisée. Film de procès puis thriller d’espionnage, Le pont des espions déroule un récit humaniste doublé d’une étude sociale historique.

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Anna – Nouvelle Vague, pop art et… télévision

Dans Anna, Pierre Koralnik fait se rencontrer la Nouvelle Vague du cinéma français et la culture pop art sur le petit écran. Ce premier téléfilm français tourné en couleur réunit Anna Karina et Jean-Claude Brialy ainsi que Serge Gainbourg qui signe la bande originale d’une comédie musicale très pop. Aux qualités des paroles et de la composition musicale de L’homme à tête de chou, Pierre Koralnik adjoint celles d’une réalisation soignée et inventive.

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