It must be heaven – En sourdine

Une décennie sépare la réalisation de It must be heaven d’Elia Suleiman et Le temps qui reste (2009), désormais avant-dernière réalisation en date du réalisateur palestinien. Celui-ci n’aura signé que cinq longs métrages de fiction en un quart de siècle. Son dernier opus, dont il est question ici, lui a permis d’obtenir le Prix Fipresci et une Mention spéciale lors de l’édition 2019 du festival de Cannes. Il y a dix ans, Le temps qui reste avait aussi eu les honneurs de concourir à l’obtention de la Palme d’or. L’insuccès de 2009 s’est transformé en succès en 2019. Voilà une étrangeté puisque It must be heaven déroule le même canevas narratif et use des mêmes ressorts dramaturgiques que son aîné. Deux films jumeaux dont l’écart d’âge est de dix ans !

Lire la suite

Neruda – Insolite polar picaresque

Pablo Larraín déroule de façon insolite, entre faits réels et fictifs, la chronique picaresque d’une fuite soigneusement mise en scène. Se refusant au biopic académique, Neruda, d’abord film policier puis western existentiel, tire le portrait peu complaisant de son personnage-titre devenu clandestin dans sa patrie natale. Sur l’errance physique du sénateur-poète chilien viendra sans tarder se refléter l’errance mentale du spectateur.

Lire la suite

Eva ne dort pas – Clairs-obscurs post mortem

Eva ne dort pas - Bougies

Pablo Agüero livre une trilogie post mortem dédiée à la mémoire d’Eva Perón. Ni biographie, ni récit historique ou politique, sans militantisme, Eva ne dort pas se décline en un triple huis clos audacieux sur la forme comme sur le fond. Entre onirisme et surréalisme, ce film étrange, fascinant, artistiquement ambitieux, déroule de longs plans séquences baignés dans de somptueux clairs-obscurs.

Lire la suite