N.B. #9 – Menaces dans la nuit (1951, John Berry)

Suite à sa restauration, le dernier film américain réalisé par John Berry bénéficie d’une ressortie en salle. Menacé par le maccarthysme, le cinéaste américain fut ensuite contraint de s’exiler en France où il entama une seconde carrière avec Eddie Constantine pour acteur fétiche. Il fut aussi la voix américaine de Jean Gabin. Cette ressortie s’accompagne pour la Menace dans la nuit (1951) originelle d’une mise au pluriel. Le menace devient multiple mais l’affaire nous semble anecdotique tant le titre original – He ran all the way – sied bien mieux au récit proposé.

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Top 2018

Début d’année oblige, nous cédons à l’exercice consistant à vous livrer notre classement des meilleurs films d’une année 2018 désormais close. Comme pour les millésimes précédents (20152016 et 2017), nous limitons notre sélection aux dix films qui finalement nous auront laissés le plus d’images en tête et ceux dont le propos nous semble les plus intéressants. Un classement subjectif, éminemment critiquable, mais que nous assumons complètement et que nous complétons par une analyse pour en extérioriser les principales caractéristiques.

Et, au-delà des traditionnels vœux de bonne année que nous adressons à nos lecteurs, puisse le millésime 2019 briller de multiples propositions cinématographiques audacieuses et fortes que nous tâcherons de relater dans ces colonnes.

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Sparring – Boxing delay

Dans Sparring, Mathieu Kassovitz incarne un boxeur semi-professionnel au soir de sa carrière. Un père de famille humble à l’image du premier film réalisé par Samuel Jouy. Entre précarité sociale et précarité sportive, la souffrance est tout aussi morale que physique. Le traitement documenté et subtil des coulisses et des rituels du noble art sonne juste et touche, scène après scène.

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Une affaire de famille – Affaire courante

Exception faite de son désormais avant-dernier film, The third murder (2017, Metteur en scène au parloir), depuis Nobody knows (2004), Hirokazu Kore-eda n’a cessé de creuser une veine familiale devenue très familière au fil des années. Des variations thématiques ou, plus exactement, des déclinaisons, souvent prévisibles, à la qualité déclinante depuis le chef d’œuvre qu’est Nobody knows. Dès lors, avant visionnement, il est tentant de suffixer Une affaire de famille par « de plus » tant le film s’annonce comme une énième affaire courante pour le cinéaste japonais. Mais celle-ci s’est vue gratifiée du prix le plus prisé du 7ème art : la Palme d’or du festival de Cannes, heureux présage ?

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Itinéraire d’un enfant gâté – Non ba(na)lisé

Film d’ouverture du festival Lumière 2018, Itinéraire d’un enfant gâté (1988), fort d’une version très récemment restaurée, arbore fièrement ses trente ans. Le récit libre participe à la modernité du métrage en suivant un cheminement dont la seule contrainte semble être constituée par le passé du personnage principal. Claude Lelouch évoque même un film presque autobiographique réalisé durant une période où casser sa vie dorée et passer à autre chose n’étaient pas des idées qui lui étaient alors étrangères.

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Les confins du monde – Aux confins de l’humanité ?

Les confins du monde n’est ni un récit historique, ni un film de guerre mais un film psychologique et métaphysique sur la guérilla du Tonkin. Dans ce long métrage présenté à la Quinzaine des Réalisateurs du festival de Cannes 2018, les retranchements filmés sont tant géographiques (la jungle indochinoise) que psychologiques (la psyché malade d’un soldat incarné par Gaspard Ulliel). Guillaume Nicloux nous invite à un voyage dont la destination est indéterminée. Serions-nous en route pour les confins de l’humanité ?

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Les âmes mortes – Jamais le souffle de l’Histoire ne faiblira

Présenté en deux parties en séance spéciale lors du festival de Cannes 2018, c’est finalement en trois volets cumulant huit heures et demi de visionnement que le documentaire de Wang Bing a été distribué en salle. Les âmes mortes émerge de six cents heures de rushes et de cent vingt témoignages captés entre 2005 et 2008 puis complétés en 2016 auprès de survivants. Ce documentaire-enquête sur la période appelée « la campagne anti-droitiste » menée en Chine nait aussi de la fiction-reconstitution Le fossé (2010) que le documentariste chinois avait aussi réalisé.

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