Le charme discret de la bourgeoisie – Ruptures et répétitions

Le charme discret de la bourgeoisie fait partie des films les plus maîtrisés de la période française de son auteur. D’ailleurs, c’est avec ce film que Luis Buñuel remporta l’unique Oscar de sa carrière, celui du Meilleur film étranger en 1973. Comme sur tous ses films français depuis Le journal d’une femme de chambre, Luis Buñuel coécrit avec Jean-Claude Carrière un scénario articulé autour de six personnages bourgeois et amis échouant à diner ensemble.

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Get out – Mixité des genres

Acteur et scénariste pour des productions télévisées, Jordan Peele réussit son passage à l’écriture et à la réalisation d’un film destiné au cinéma. Get out force à la réflexion en se positionnant entre la satire sociale contemporaine et le thriller horrifique et paranoïaque. Une belle, originale et surprenante proposition comme seul le cinéma de genre sait nous en fournir.

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Le jour d’après – Les couleurs des sentiments

Triangle amoureux, filmage en noir et blanc, Sang-soo Hong signe un récit proche de ceux de Philippe Garrel qu’il agrémente d’un travail subtil sur le schéma narratif adopté. Le jour d’après ne déroge ni à l’économie de réalisation ni aux tiraillements sentimentaux de ses protagonistes, deux marqueurs de l’œuvre cinématographique du cinéaste sud-coréen. Plus grave que ses précédentes réalisations, il n’est pas interdit de voir en Bongwan, personnage central du film, un possible alter-ego du scénariste-réalisateur.

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Creepy – Petits meurtres entre voisins

D’abord animé par une classique intrigue criminelle, Creepy s’assombrit aux côtés de Nishino, personnage psychopathe efficacement incarné par Teruyuki Kagawa. Le film se mue ainsi, petit à petit, en thriller horrifique et psychologique. Kiyoshi Kurosawa, auteur d’une filmographie aux multiples genres, rompt donc avec ses plus récentes réalisations et renoue avec un genre qu’il visita déjà avec succès  en 1997 avec Cure. Maîtrisant à la perfection son art, le cinéaste livre un pur film de mise en scène… plein-champ.

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Ana, mon amour – La psychanalytique de projections mentales

En prenant pour modèle une séance de psychanalyse, Calin Peter Netzer livre un film en marge des canevas narratifs usuels. Entre réalité, rêve et illusion, la volonté du réalisateur roumain de perdre le spectateur est patente et contraint ce dernier à la recherche d’indices au fil d’un récit extrêmement exigeant. Ana, mon amour, film psychanalytique dans sa forme, procède de la double projection mentale de la trajectoire de son duo amoureux et interroge la vie de couple. Illusoire possiblement, brillant probablement, passionnant assurément.

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Le direktør – Du Dogme95 à l’Automavision

La singularité de la filmographie de Lars von Trier n’a plus à être démontrée tant elle apparaît désormais flagrante. Chaque film de l’auteur d’Antichrist occupe une place qui n’est jamais celle pressentie à la lecture du synopsis. Le direktør (2006) n’échappe pas à cette ligne par essence non directrice d’une œuvre aussi passionnante que fascinante. Ici, le réalisateur danois endosse le costume de narrateur et alerte son auditoire dès la première séquence du film : « c’est une comédie, un genre inoffensif » !

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Hippocrate – Radiographies et diagnostic

Hippocrate radiographie les maux de la fonction hospitalière française. Réalisateur-scénariste mais aussi médecin, Thomas Lilti porte un regard aussi précis que lucide sur le corps médical. La mise en scène classique et les alternances mises en œuvre entre d’une part, la pratique et la psychologie et d’autre part, la gravité et la légèreté, rythment un film qui brille de toute son acuité. Ce réalisme indéniable n’est certainement pas étranger au Valois d’or obtenu par Hippocrate lors de l’édition 2014 du festival du film francophone d’Angoulême.

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