Un jour un chat – Couleurs d’âme

Un jour un chat – © Malavida

Un jour un chat a obtenu une première consécration en 1963. Ce film réalisé par Jasny Vojtech était en effet appelé à concourir à l’obtention de la Palme d’Or. Le jury du festival de Cannes 1963 présidé par Armand Salacrou, auteur de pièces de théâtre, lui décerna finalement son Prix spécial du jury ainsi qu’à Harakiri, un long-métrage réalisé par Masaki Kobayashi et fort différent de Un jour un chat. Ce n’est que fin 1965 que ce dernier fit enfin l’objet d’une distribution dans les salles françaises. L’année 2021 marque quant à elle un double retour célébrant la superbe restauration numérique du film : retour à Cannes en sélection officielle Cannes classics et retour en salle orchestré ce 1er décembre par le distributeur Malavida.

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Entre deux trains – De et vers la gare d’Austerlitz

Entre deux trains est le premier long-métrage de fiction de Pierre Filmon dont la précédente réalisation est le documentaire Close encounters with Vilmos Zsigmond (2016). C’est d’ailleurs au célèbre chef opérateur hongrois décédé en 2016 qu’est dédié Entre deux trains. Dans une certaine mesure, cette dédicace inscrite à l’écran dès le début du film pourrait bien constituer un appel aux spectateurs. Nous invitons en effet nos lecteurs à adopter un regard porté sur la technique mise en œuvre dans la réalisation de ce film.

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Le franc-tireur – Les hasards de la Résistance

Prod DB © Acacias / Le franc-tireur (1972) de Jean-Max Causse et Roger Taverne avec Philippe Léotard.
Titre de ressortie : Les hasards de la gloire

Le franc-tireur est l’unique film écrit et réalisé par Jean-Max Causse et Roger Taverne. Le premier nommé n’est autre que le fondateur avec Jean-Marie Rodon du réseau des cinémas Action, salles emblématiques de la cinéphilie parisienne à partir de 1966 et sur plusieurs décennies. Cet unique long-métrage réalisé en 1972 n’a depuis bénéficié que d’une distribution très tardive et confidentielle. Cinquante ans plus tard, ce constat à défaut d’être expliqué continue de surprendre. Un pan du cinéma-vérité français reste boudé par les distributeurs et les exploitants probablement à cause de sujets abordés jugés « sensibles » et à ne pas promouvoir. Le franc-tireur longtemps censuré puis placardisé est un film maudit sur une époque maudite. L’urgence est là : réhabiliter en urgence une œuvre injustement méconnue.

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Jean Vigo – Etoile filante du 7ème art

Sous l’égide du distributeur Malavida, l’intégrale des réalisations cinématographiques de Jean Vigo est actuellement proposée à l’affiche des cinémas. Décédé à l’âge de 29 ans, ce cinéaste français nous a légué une courte mais marquante filmographie réalisée entre 1930 et 1934 et composée de deux courts-métrages puis un moyen-métrage et conclue par un long-métrage. Cette filmographie, proposée ici en copies restaurées 4k, cumule moins de trois heures de métrage mais chaque minute qui la compose relève d’un cinéma d’avant-garde extrêmement riche et passionnant.

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Boîte noire – Triptyque à l’affiche

Le scénario de Boîte noire démarre sur une catastrophe aérienne fictionnelle mais Yann Gozlan livre bel et bien un film-enquête délaissant le spectaculaire au profit d’ambitions lorgnant vers le cinéma d’auteur. Boîte noire dont le réalisateur est aussi le scénariste à l’image des précédentes réalisations de Gozlan (deux courts-métrages puis quatre longs-métrages depuis 2004) reconstitue aussi le duo formé en 2015 dans Un homme idéal entre le cinéaste et l’acteur Pierre Niney qui endosse de nouveau le rôle principal.

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Annette – Opéra(tique)

Près d’une décennie sépare Annette de Holy motors, précédent long-métrage réalisé par Leos Carax et sorti en salles en 2012. Dans la chronologie du 7ème art, ces neuf ans paraissent une éternité y compris à la lumière d’une filmographie débutée quatre décennies plus tôt et « forte » désormais de seulement six longs-métrages et autant de courts-métrages. Voir un nouveau film de Carax à l’affiche de son cinéma préféré est donc une chose rare. C’est même un évènement tant les précédentes réalisations du cinéaste français ont été forces de propositions cinématographiques dans l’antre d’un 7ème art français souvent convenu.

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Effacer l’historique – Reboot social

Effacer l’historique est le neuvième long-métrage écrit et réalisé pour le cinéma par le duo Benoît Delépine et Gustave Kervern depuis Aaltra distribué en salle en 2004. Autant de collaborations qui ont abouti à constituer une filmographie singulière dans le paysage des comédies françaises portées au grand écran. Sous couvert d’un humour jamais vulgaire et souvent grinçant, les deux cinéastes composent une filmographie qui tire le portrait de notre société de consommation et de ses dérives. Effacer l’historique ne déroge pas à cette formule désormais familière et reconnue.

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The father – Justesse d’interprétation, fausseté du récit

The father, premier film réalisé par Florian Zeller, est précédé d’une belle réputation. Selon le recensement effectué sur le site IMDb, ce film a obtenu 133 nominations dont 26 ont abouti à des récompenses. Parmi les prix obtenus, on retient plus particulièrement l’oscar du meilleur acteur dans un premier rôle pour Anthony Hopkins et celui de la meilleure adaptation octroyé au réalisateur et à son coscénariste Christopher Hampton. Ces deux oscars sont le reflet exact des deux BAFTA Awards obtenus deux semaines plus tôt. Le parcours de ce long-métrage parmi les festivals et autres cérémonies de remises de prix que compte le 7ème art est pléthorique. Il est d’autant plus impressionnant qu’il vient célébrer la première réalisation pour le cinéma d’un homme de théâtre. Et, comme il n’y a jamais de fumée sans feu, il nous est peut-être donné à voir à travers The father la naissance d’un cinéaste à l’avenir prometteur.

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Les fantômes de Goya – Fresque inquisitrice

Les fantômes de Goya est l’ultime film de Milos Forman ayant bénéficié d’une distribution à l’international en 2006 et 2007. Celle-ci fut cependant discrète, l’heure de gloire du cinéaste était passée au fil d’une filmographie à la qualité déclinante. Pourtant, ce long-métrage mérite d’être découvert notamment au regard de l’ambition narrative qui l’anime. Mais nous évoquons là une caractéristique souvent décelée dans les réalisations de l’auteur de Ragtime (1981, Naissance d’une nation chorale).

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A dark, dark man – De l’esprit des lois

La part sombre (« dark ») du titre annonce ce qu’est A dark, dark man, à savoir un polar noir. Ce film réalisé par Adilkhan Yerzhanov suit dans la filmographie de celui-ci La tendre indifférence du monde (Duo kazakh et art occidental) qui fut en 2018 son premier film distribué en salles en France. A dark, dark man est cependant déjà le septième long-métrage réalisé par ce cinéaste kazakh pas encore quarantenaire. Autant de réalisations derrière lesquelles Yerzhanov apparaît aussi quasi systématiquement en tant que scénariste. Une double casquette que ce jeune cinéaste porte aussi sur ses… cinq prochains films ! Autant de réalisations dont il faudra scruter une éventuelle distribution en France. Talentueux et prolifique, cet auteur doit être suivi de près.

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