L’insulte – À mots couverts

Après À l’abri des enfants (1998) et L’attentat (2012), Ziad Doueiri poursuit l’étude des maux politico-religieux qui minent le Liban. Il donne un accent sioniste à la partie chrétienne de son film pour interroger, en biais, les relations israélo-palestiniennes. L’insulte s’inscrit ainsi dans la lignée du combat de son auteur contre la minorité anti-israélienne libanaise.

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Le 13e – Dérives du justiciable à l’injustifiable

Diffusé par Netflix, le documentaire Le 13e réalisé par Ava DuVernay fait la généalogie du 13ème amendement de la constitution des États-Unis depuis sa ratification en décembre 1865 jusqu’à nos jours. Le constat tiré est terrifiant. De mesures répressives en lois coercitives, là où « plaider coupable » est un système de « défense », la culpabilité de l’esclavage a peu à peu été transférée des législateurs vers les victimes.

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Un homme intègre – À tort et à raison

Dans Un homme intègre, film lauréat du Prix un Certain Regard lors du festival de Cannes 2017, Mohammad Rasoulof aborde à nouveau un sujet d’une grande pertinence. L’entêtement éthique du personnage principal est le parfait reflet de l’audace et du courage politique du cinéaste iranien. Désormais assigné à résidence dans son pays pour « atteinte à la sécurité nationale et […] propagande contre le régime », Rasoulof livre un film nécessaire et indispensable frappé, comme ses prédécesseurs, d’une interdiction de projection en Iran.

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La juste route – Itinéraire physique, errances mentales

Dans La juste route, Ferenc Török traite de la Shoah de façon originale et digne. Entre nazisme et communisme, la campagne hongroise de 1945 filmée en noir et blanc sert d’écrin à une narration brillante dans son écriture et sa composition. Le respect scrupuleux des unités de temps, de lieu et d’action renforce le sentiment d’un récit implacable et maîtrisé de bout en bout au sein d’un film louvoyant avec le cinéma de genre.

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A ghost story – Corps spectral

Présenté en 2017 lors du festival de Sundance, A ghost story a obtenu trois prix (Jury, Critique et Révélation) lors du festival de Deauville. Dans ce film, David Lowery met en œuvre un dispositif simple, prodigieux, prodigieusement simple et simplement prodigieux duquel émane une profonde singularité qui n’a d’égale que le minimalisme assumé qui l’anime. À charge aux spectateurs d’effectuer le grand saut dans le vide, là où la dimension spatiotemporelle n’existe plus.

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Octobre à Paris – Devoir de mémoire

Dans Octobre à Paris, Jacques Panijel délaisse une approche historique au profit d’un regard militant et politique pour relater les tragiques évènements du 17 octobre 1961. Le réalisateur mêle captation documentaire, reconstitution des évènements relatés et commentaires militants dans un brûlot dénonciateur d’une tragédie niée par les autorités françaises. La fragilité technique de ce documentaire réalisé clandestinement et avec très peu de moyens est amplement compensée par la force des témoignages qu’il recèle.

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The last family – Intimes chaos relationnels

The last family, sans être un film biographique, trace le portrait d’une famille dysfonctionnelle et interroge sur le rôle des images d’un quotidien déréglé. Jan P. Matuszynski dénude de tout sentimentalisme son premier long-métrage de fiction et le dote d’une indéniable originalité et ambition tant sur le fond que sur la forme. La réussite du film tient aussi à la direction d’acteurs et à une gestion subtile des ruptures de ton.

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