Mad Dog and Glory – De Niro mène l’enquête ou presque

John McNaughton réalise Mad dog and Glory en 1991 qui ne connaîtra un début d’exploitation en salles que deux ans plus tard. Pourtant, ce polar virant sciemment vers une comédie au ton volontiers ironique est pourvu d’un scénario sans temps mort et d’un beau casting regroupant Robert de Niro, Bill Murray, Uma Thurman et David Caruso dans les rôles principaux. A cela s’ajoutent la photographie de Robby Muller et la musique de Elmer Bernstein.

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Bertrand Tavernier – Homme essentiel dans un art qui ne l’est pas moins

Michel Piccoli, Michael Lonsdale, Robert Hossein, Jean-Claude Carrière, Jean-Loup Dabadie, Guy Bedos et bien d’autres nous ont quittés ces derniers mois. Le cinéma français, victime collatérale de la crise sanitaire, ne cesse de perdre ses plus illustres talents. Cette activité jugée unilatéralement non essentielle par quelques énarques a subi une nouvelle perte majeure ce 25 mars 2021. Nous sommes désormais orphelins de Bertrand Tavernier qui nous a quitté dans sa quatre-vingtième année. Bertrand est parti rejoindre son plus fidèle compagnon de jeu : Philippe Noiret. Après près de quinze ans de séparation, ces deux camarades ont certainement beaucoup de choses à se raconter. Nous les savons volubiles et passionnés.

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Du rififi chez les hommes – Sans mot dire

A la fin des années 1940 et de l’autre côté de l’Atlantique, Jules Dassin placé sur la « liste noire » par les promoteurs du maccarthysme sur dénonciation d’Edward Dmytryk fut poussé à l’exil. Le cinéaste américain partit s’installer à Londres et réalisa en 1950 un remarquable et remarqué film noir : Les forbans de la nuit (Cavale labyrinthique nocturne). Après cinq ans de silence, alors installé en France, il réalisa Du rififi chez les hommes. Ce film plus méconnu que son prédécesseur n’en partage pas moins de nombreuses qualités.

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Le silence – Persona(e), non grata

Ultime opus du triptyque sur « l’absence de Dieu » composé par Ingmar Bergman après A travers le miroir (1961, Reflets intimes) et Les communiants (1963, En manque de (re)pères), Le silence (1963) est sans nul doute l’un des films les plus fascinants du cinéaste suédois. C’est l’histoire d’un exil mais aussi celle d’un univers mental, abstrait par définition, qui n’est pas sans annoncer Persona réalisé trois ans plus tard, tant sur le fond que sur la forme.

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Interlude #7 – Suspense (Phillips Smalley et Lois Weber)

Pionnière du 7ème art à Hollywood, Lois Weber réalisa Suspense avec son époux Phillips Smalley en 1913. Malgré sa durée limitée à une dizaine de minutes, ce court-métrage est animé d’une mise en scène particulièrement novatrice. Alors que le récit était adapté d’une pièce de théâtre, le duo de réalisateur prit à contrepied tous les codes du théâtre filmé. Par les qualités techniques qu’il recèle, Suspense constitue un court-métrage jalon de l’histoire du cinéma.

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Deburau – En vers, en verve

Auteur de la pièce de théâtre Deburau, Sacha Guitry en tint le rôle-titre au théâtre du Vaudeville en 1918 puis reprit sur les planches cette même pièce au théâtre du Gymnase au mitan du siècle dernier. C’est lors de cette reprise que vint à l’homme de théâtre devenu aussi metteur en scène au cinéma d’adapter sa propre pièce au grand écran. La formule à double succès du théâtre est reprise pour le 7ème art, Guitry y endosse ainsi à nouveau le rôle-titre, celui de Jean-Gaspard Deburau (1796-1846), mime… ici très loquace.

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Hotel by the river – Bris et conte glacés

Bien que présenté lors de l’édition 2018 du festival de Locarno, Hotel by the river n’a bénéficié que d’une sortie tardive en salles, plus de deux ans après sa réalisation. Etrange constat pour son auteur, Hong Sang-soo, qui jouit pourtant d’une renommée certaine à l’international et tout particulièrement en France. Si la forme est coutumière au cinéaste sud-coréen, le fond et sa teneur sont plus surprenants. Non, Hotel by the river n’est pas une énième variation des précédentes réalisations de son auteur.

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Paris nous appartient – Au sommaire des Cahiers du cinéma

Paris nous appartient est le premier long-métrage réalisé par Jacques Rivette. Le cinéaste, un des tenants de la Nouvelle Vague, livre en 1961 un film reconnu comme emblème de ce mouvement du cinéma français porteur d’un courant nouveau. Pourtant, peu précurseur sur le fond comme sur la forme, Paris nous appartient semble recéler une part emblématique pour le moins limitée.

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Gardiens de phare – En éclaireur du 7ème art

Réalisé en 1929 au crépuscule de l’ère du cinéma muet, Gardiens de phare fut un temps perdu avant qu’une copie du film ne soit retrouvée en 1954 au Danemark. Pour reprendre la formule de Jean Grémillon, son auteur, Gardiens de phare était « perdu en mer ». Puis, longtemps, ce long-métrage n’a été visible que dans une mauvaise copie avant de bénéficier récemment d’une restauration salvatrice. Gardiens de phare est un chef-d’œuvre méconnu pour les raisons citées ci-dessus mais aussi parce qu’il a été réalisé par un cinéaste qui n’a jamais été réhabilité. Pourtant, l’auteur de Remorques (1941) fait partie, dans le sillon tracé par la première avant-garde, des figures importantes du cinéma français.

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La particule humaine – Faire style fertile

Nous connaissons peu l’œuvre cinématographique de Semih Kaplanoglu. Ce cinéaste turc a pourtant été lauréat de l’Ours d’or 2010 pour Miel dont nous venons de rendre compte dans nos colonnes (Douceur visuelle). Sept ans plus tard, Kaplanoglu nous amène sur des sentiers bien différents avec La particule humaine. Difficile en effet d’établir une filiation certaine entre cette dernière réalisation en date et Miel, si ce n’est une appétence certaine à calibrer avec soins les compositions visuelles imaginées.

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