La dernière séance – Fin d’époque et innocence perdue

Nommé huit fois aux Oscars en 1972, La dernière séance de Peter Bogdanovich y remporta ceux des meilleurs actrice et acteur dans un second rôle. Deux Oscars décernés respectivement à Cloris Leachman et à Ben Johnson qui remporta aussi le même prix aux Golden Globes de 1972. Ces nominations et ces récompenses parmi tant d’autres venaient saluer un titre emblématique du Nouvel Hollywood. Aux États-Unis, elles firent de Bogdanovich un scénariste-réalisateur reconnu dès ce troisième film de fiction. En terres américaines, il devint le chef de file des réalisateurs qui tournaient des films à l’européenne. En France, alors que La dernière séance s’inscrivait dans la veine de la Nouvelle Vague dont son auteur s’inspirait pleinement, l’accueil fut moins chaleureux. Étrangement, Bogdanovich n’a jamais bénéficié sous nos latitudes d’une presse favorable.

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N.B. #14 – Wrong cops (2013, Quentin Dupieux)

D’abord chapitre, puis court-métrage, puis film et enfin mini-série dont il est question ici, Wrong cops de Quentin Dupieux n’a pas la saveur de ses aînés, notamment Rubber (2010) et Wrong (2012). La part conceptuelle de cette réalisation est circonscrite à l’utilisation d’optiques russes des années 60 sur un Canon 5D. D’un point de vue visuel, les images obtenues sont laides. La surexposition de certaines d’entre elles ne constitue qu’un procédé cache misère.

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Le jeune Ahmed – Ahmed terroriste, Dardenne auteurs-réalisateurs

Le phénomène de radicalisation islamiste parmi la jeune génération fait se succéder les films à l’affiche de nos cinémas. Sorti en salle le 24 avril dernier, L’adieu à la nuit d’André Téchiné se voit progressivement éclipsé par Le jeune Ahmed. Dans la foulée de sa présentation en sélection officielle du festival de Cannes, le film de Jean-Pierre et Luc Dardenne aborde ce sujet difficile sous un angle tout autre que celui adopté par Téchiné. Le résultat obtenu est pourtant le même : deux films inadaptés de bout-en-bout à leur sujet.

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Douleur et gloire – Douleurs présentes et gloire passée

Douleur et gloire figurait en bonne position parmi les films les plus cités pour l’obtention de la Palme d’or 2019. De nombreux critiques avisés avaient ainsi fait du dernier opus de Pedro Almodóvar leur « Palme du cœur ». Ce film, le septième du cinéaste présenté en compétition au Festival de Cannes depuis Tout sur ma mère (1999), n’a pas remporté le graal du 7ème art. Faut-il crier à l’injustice ? Non, car la Palme d’or n’a pas vocation à corriger d’éventuels manquements de palmarès passés. Elle vient honorer le meilleur film d’une sélection, rang auquel Douleur et gloire ne peut prétendre. Mais nul doute que si le cinéaste espagnol ne parvient pas à obtenir cette récompense avec l’une de ses prochaines réalisations, son honneur sera défroissé tôt ou tard par l’obtention d’une Palme d’Or… d’Honneur.

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The dead don’t die – Genre désaxé

Depuis longtemps, la qualité première d’un film d’ouverture du festival de Cannes réside dans son casting. Sur ce plan, The dead don’t die a satisfait au cahier des charges en livrant une « belle » montée des marches. De la large distribution taillée pour satisfaire toutes les générations de spectateurs, Tilda Swinton, Bill Murray, Adam Driver et Chloë Sevigny notamment ont sacrifié au rituel du tapis rouge. Par contre, sur le plan cinématographique, valeur-première (?) de la grand-messe du 7ème art, nous pouvons constater que le contrat n’est pas rempli. Jim Jarmusch livre un film certes divertissant mais peu marquant et peu surprenant, donc mineur.

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N.B. #13 – Les lois de l’hospitalité (1923, Buster Keaton et John G. Blystone)

La ressortie en salle et en version restaurée des Lois de l’hospitalité offre une belle opportunité de redécouvrir ce film réalisé en 1923 par John G. Blystone et Buster Keaton. Ce dernier signait là sa deuxième coréalisation d’un long-métrage après avoir réalisé une vingtaine de courts-métrages au début des années 1920. Les lois de l’hospitalité brille d’ailleurs de reflets empruntés à ces courts-métrages.

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Petra – Paternité des faits

Cinq des six longs-métrages réalisés par Jaime Rosales ont été présentés à Cannes, soit à Un certain regard – La soledad (2007) et La belle jeunesse (2014), soit à la Quinzaine des réalisateurs – Las horas del día (2003), Rêve et silence (2012) et donc Petra lors de l’édition 2018 du festival cannois. Comme les précédentes réalisations de ce cinéaste espagnol, Petra obéit à un schéma narratif singulier, intrigant accompagné d’un travail formel fort intéressant.

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