The father – Justesse d’interprétation, fausseté du récit

The father, premier film réalisé par Florian Zeller, est précédé d’une belle réputation. Selon le recensement effectué sur le site IMDb, ce film a obtenu 133 nominations dont 26 ont abouti à des récompenses. Parmi les prix obtenus, on retient plus particulièrement l’oscar du meilleur acteur dans un premier rôle pour Anthony Hopkins et celui de la meilleure adaptation octroyé au réalisateur et à son coscénariste Christopher Hampton. Ces deux oscars sont le reflet exact des deux BAFTA Awards obtenus deux semaines plus tôt. Le parcours de ce long-métrage parmi les festivals et autres cérémonies de remises de prix que compte le 7ème art est pléthorique. Il est d’autant plus impressionnant qu’il vient célébrer la première réalisation pour le cinéma d’un homme de théâtre. Et, comme il n’y a jamais de fumée sans feu, il nous est peut-être donné à voir à travers The father la naissance d’un cinéaste à l’avenir prometteur.

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Les fantômes de Goya – Fresque inquisitrice

Les fantômes de Goya est l’ultime film de Milos Forman ayant bénéficié d’une distribution à l’international en 2006 et 2007. Celle-ci fut cependant discrète, l’heure de gloire du cinéaste était passée au fil d’une filmographie à la qualité déclinante. Pourtant, ce long-métrage mérite d’être découvert notamment au regard de l’ambition narrative qui l’anime. Mais nous évoquons là une caractéristique souvent décelée dans les réalisations de l’auteur de Ragtime (1981, Naissance d’une nation chorale).

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A dark, dark man – De l’esprit des lois

La part sombre (« dark ») du titre annonce ce qu’est A dark, dark man, à savoir un polar noir. Ce film réalisé par Adilkhan Yerzhanov suit dans la filmographie de celui-ci La tendre indifférence du monde (Duo kazakh et art occidental) qui fut en 2018 son premier film distribué en salles en France. A dark, dark man est cependant déjà le septième long-métrage réalisé par ce cinéaste kazakh pas encore quarantenaire. Autant de réalisations derrière lesquelles Yerzhanov apparaît aussi quasi systématiquement en tant que scénariste. Une double casquette que ce jeune cinéaste porte aussi sur ses… cinq prochains films ! Autant de réalisations dont il faudra scruter une éventuelle distribution en France. Talentueux et prolifique, cet auteur doit être suivi de près.

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N.B. #26 – Basta capital (2020, Pierre Zellner)

En réalisant Basta capital, Pierre Zellner a fait œuvre politiquement incorrecte. A l’extrême (gauche), parfois jusqu’au-boutiste, ce film détonne dans le paysage cinématographique français contemporain volontiers véhicule de valeurs conservatrices. Film politique, Basta capital prône la révolution, non pas celle du cinéma faute de moyens, mais celle politique du fonctionnement de notre société libérale.

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La femme qui s’est enfuie – Narration évasive

Lors de l’édition 2020 de la Berlinale, Hong Sang-soo a obtenu l’Ours d’argent du meilleur réalisateur. Ce prix venait saluer la réalisation de La femme qui s’est enfuie. Ce film concourait aussi à l’obtention de l’Ours d’or du meilleur film qui revint finalement au Diable n’existe pas réalisé par Mohammad Rasoulof. Il faut reconnaître que sur le fond peu de chose distingue le millésime 2020 du cinéaste sud-coréen de ses prédécesseurs. Mais pareil constat peut aussi être fait du côté d’une réalisation immédiatement identifiable par son extrême minimalisme.

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The wicked darling – Browning-Chaney première

Comment maintenir le lien avec son public festivalier en temps de fermeture des salles de cinéma ? Les organisateurs de l’Arras Film Festival ont opté pour l’organisation de ciné-concerts. Un choix original qui ne peut que ravir les cinéphiles passionnés de cinéma muet. Leur chaîne YouTube #ArrasFilm permet ainsi l’accès libre au dernier ciné-concert en date visant à célébrer The wicked darling réalisé en 1919 par Tod Browning et dont il est question ici.

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Mad Dog and Glory – De Niro mène l’enquête ou presque

John McNaughton réalise Mad dog and Glory en 1991 qui ne connaîtra un début d’exploitation en salles que deux ans plus tard. Pourtant, ce polar virant sciemment vers une comédie au ton volontiers ironique est pourvu d’un scénario sans temps mort et d’un beau casting regroupant Robert de Niro, Bill Murray, Uma Thurman et David Caruso dans les rôles principaux. A cela s’ajoutent la photographie de Robby Muller et la musique de Elmer Bernstein.

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Bertrand Tavernier – Homme essentiel dans un art qui ne l’est pas moins

Michel Piccoli, Michael Lonsdale, Robert Hossein, Jean-Claude Carrière, Jean-Loup Dabadie, Guy Bedos et bien d’autres nous ont quittés ces derniers mois. Le cinéma français, victime collatérale de la crise sanitaire, ne cesse de perdre ses plus illustres talents. Cette activité jugée unilatéralement non essentielle par quelques énarques a subi une nouvelle perte majeure ce 25 mars 2021. Nous sommes désormais orphelins de Bertrand Tavernier qui nous a quitté dans sa quatre-vingtième année. Bertrand est parti rejoindre son plus fidèle compagnon de jeu : Philippe Noiret. Après près de quinze ans de séparation, ces deux camarades ont certainement beaucoup de choses à se raconter. Nous les savons volubiles et passionnés.

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Du rififi chez les hommes – Sans mot dire

A la fin des années 1940 et de l’autre côté de l’Atlantique, Jules Dassin placé sur la « liste noire » par les promoteurs du maccarthysme sur dénonciation d’Edward Dmytryk fut poussé à l’exil. Le cinéaste américain partit s’installer à Londres et réalisa en 1950 un remarquable et remarqué film noir : Les forbans de la nuit (Cavale labyrinthique nocturne). Après cinq ans de silence, alors installé en France, il réalisa Du rififi chez les hommes. Ce film plus méconnu que son prédécesseur n’en partage pas moins de nombreuses qualités.

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Le silence – Persona(e), non grata

Ultime opus du triptyque sur « l’absence de Dieu » composé par Ingmar Bergman après A travers le miroir (1961, Reflets intimes) et Les communiants (1963, En manque de (re)pères), Le silence (1963) est sans nul doute l’un des films les plus fascinants du cinéaste suédois. C’est l’histoire d’un exil mais aussi celle d’un univers mental, abstrait par définition, qui n’est pas sans annoncer Persona réalisé trois ans plus tard, tant sur le fond que sur la forme.

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