N.B. #14 – Wrong cops (2013, Quentin Dupieux)

D’abord chapitre, puis court-métrage, puis film et enfin mini-série dont il est question ici, Wrong cops de Quentin Dupieux n’a pas la saveur de ses aînés, notamment Rubber (2010) et Wrong (2012). La part conceptuelle de cette réalisation est circonscrite à l’utilisation d’optiques russes des années 60 sur un Canon 5D. D’un point de vue visuel, les images obtenues sont laides. La surexposition de certaines d’entre elles ne constitue qu’un procédé cache misère.

Los Angeles, 2014. Duke, un flic pourri et mélomane, deale de l’herbe et s’enthousiasme de terroriser les passants. Cependant, ses collègues du commissariat ne sont pas mieux : un obsédé sexuel, une flic maître chanteur, un chercheur de trésor au passé douteux, un borgne difforme se rêvant star de techno… Alors qu’ils réalisent tous leurs petites combines sans trop de soucis, tout va changer lorsque la dernière victime de Duke, un voisin laissé pour mort dans son coffre, se réveille.

Wrong cops n’est donc sans réelle valeur conceptuelle contrairement aux précédentes réalisations de Quentin Dupieux. Penchons-nous désormais sur les autres aspects de cette mini-série. L’histoire imaginée par le plus américain des cinéastes français paraît bricolée comme faite de bric et de broc. Peu nonsensique mais toujours loufoque, elle ne convainc guère et laisse peu de souvenirs.

Dupieux y met en scène un groupe de flics mené par Duke (Mark Burnham). Le désœuvrement de ces Wrong cops dans un Los Angeles où la délinquance a fortement baissé les contraint à jouer les policiers tout à la fois incendiaires, sans gêne et un brin vulgaire. Le tout demeure sans réelle conséquence notable. Dans le rôle de Duke, Burnham se montre plutôt à l’aise. Ses quelques scènes partagées avec un Marylin Manson méconnaissable en adolescent lymphatique sont les plus réjouissantes de Wrong cops.

L’autre bricolage constaté est celui du découpage en sept épisodes de moins de quinze minutes. Ainsi, chaque segment couvre un jour de la semaine pour un récit dont il est illusoire d’imaginer qu’il puisse se dérouler sur une semaine complète. Ce montage en sept épisodes, œuvre du réalisateur également crédité à la composition de la bande originale, brille avant tout par son caractère arbitraire. Le format long-métrage sied bien mieux aux aventures de ces Wrong cops.

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