La dernière vie de Simon – Retour vers le passE.T.

La dernière vie de Simon à l’affiche actuellement de nos cinémas est le premier long métrage réalisé par Léo Karmann, fils du cinéaste-scénariste-acteur Sam Karmann. Ce film a été présenté en 2019 lors du Festival du Film Francophone d’Angoulême mais aussi en ouverture de celui d’Albi (Les Œillades). Dans cette première réalisation, Karmann marie film fantastique et film initiatique d’adolescents. Le réalisme entre naturalisme et surnaturel qui se dégage de La dernière vie de Simon renvoie au cinéma de divertissement américain des années 1980 et 1990. Nul doute que ce cinéma-là a bercé les jeunes années du primo-réalisateur.

Simon a 8 ans, il est orphelin. Son rêve est de trouver une famille prête à l’accueillir. Mais Simon n’est pas un enfant comme les autres, il a un pouvoir secret : il est capable de prendre l’apparence de chaque personne qu’il a déjà touchée… Et vous, qui seriez-vous si vous pouviez vous transformer ?

Étrange et possiblement peu vendeur que ce titre – La dernière vie de Simon – pour un film qui aurait pu tout aussi bien (et avantageusement) être titré Les multiples vie de Simon. En effet, pour les besoins du récit, le personnage-titre prend les traits de quatorze comédiens différents et de tout âge. Pour son premier long-métrage, Léo Karmann a pris le pari de réaliser un film fantastique. Un genre peu visité par les cinéastes français notamment à cause des difficultés à imposer ce type de projet à des producteurs plus enclin à financer des projets plus fédérateurs et à plus large public.

La genèse de La dernière vie de Simon a duré huit ans dont cinq passés à trouver un producteur. Le long cheminement suivi a été rythmé par de nombreuses versions du scénario : « officiellement, douze versions du scénario, officieusement, le double. » Un scénario très travaillé donc, bien ficelé et dont l’originalité n’est pas la moindre des qualités.

Karmann anime sa mise en scènes de quelques belles idées et mouvements fluides de caméra. Les effets spéciaux observés, essentiellement de type morphing, servent la narration. Quelques artifices clinquants et inutiles mais pas trop nombreux émaillent la bande son et la photographie du film. Dans l’ensemble, ces éléments dénotent une narration plutôt ambitieuse. Nous pouvons juste regretter que la fable fantastique et magique mise en images ne porte pas un message plus fort. A trop vouloir bien faire, Karmann ne prend aucun risque dans sa narration et livre un film lisse, un peu trop consensuel. Ce premier film se révèle donc confortable à l’image de sa durée de tournage : quarante jours.

La dernière vie de Simon animé par un casting façon Twilight et porté par une équipe de trentenaires invoque les productions américaines de divertissement familial des années 1980 et 1990. Ici, c’est le cinéma de Robert Zemeckis, James Cameron et surtout de Steven Spielberg qui irrigue celui de Karmann. Ainsi, les clins d’œil notamment à E.T., l’extra-terrestre (1982) sont nombreux. Les références sont si marquées qu’il demeure bien difficile d’identifier la part personnelle mise par le réalisateur dans cette première réalisation. Le prochain film réalisé par Karmann permettra peut-être de mieux le caractériser.

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