La fille au bracelet – Beau rôle à la défense

Après le remarqué Terre battue (2014), Stéphane Demoustier avait réalisé Allons enfants (2018), un film moins abouti que La fille au bracelet à l’affiche depuis le 12 février. Ce troisième long métrage de fiction fait le récit d’un drame familial que le réalisateur décline en un véritable film de procès. En effet, la majorité des scènes de La fille au bracelet sont celles du procès du personnage-titre (Melissa Guers) suspecté du meurtre de l’une de ses amies.

Lise, 18 ans, vit dans un quartier résidentiel sans histoire et vient d’avoir son bac. Mais depuis deux ans, Lise porte un bracelet car elle est accusée d’avoir assassiné sa meilleure amie.

Dans cette affaire, tout semble d’abord accuser Lise, unique belligérante suspectée du crime. Le récit est inspiré du scénario du film Acusada (2018) de Gonzalo Tobal que le réalisateur avait écrit avec Ulises Porra. La voie choisie par Stéphane Demoustier est celle du procès de la jeune adolescente sous la défense de son avocate (Annie Mercier) et les attaques d’une procureure incarnée par Anaïs Demoustier, sœur du réalisateur.

Comme dans Terre battue, le réalisateur explore patiemment la culpabilité d’une jeune génération opposée à celle de leurs aînés. La confrontation mise en images vaut pour abîme et choc générationnel. Une génération sépare les protagonistes, plus encore, un monde d’incompréhension et de non communication. Lise, La fille au bracelet, est-elle coupable ou pas du crime dont on l’accuse ? Le scénario coécrit par le réalisateur s’échine à renverser nombre d’éléments du dossier qui, de prime abord, paraissaient pourtant tenir de la certitude. L’objectif tenu est de maintenir dans la durée l’incertitude sur la culpabilité de Lise.

Si La fille au bracelet échappe au caractère répétitif des scènes de tribunal, c’est plus grâce à un récit bien écrit (et peut-être trop écrit) qu’à une mise en scène certes précises mais frontale et peu variée. Les espaces composés dans le tribunal reflètent les divisions qui font débat mais aussi des cloisonnements parfaitement étanches. Les allers-retours orchestrés entre le tribunal et l’extérieur offrent quelques rares moments de réelle communication.

La force du film tient aussi à la qualité de son casting. On retient ainsi les belles interprétations fournies notamment par Melissa Guers et Annie Mercier. Ces deux actrices jouent d’une autorité naturelle qui sied parfaitement au caractère des personnages qu’elles incarnent. Derrière les mots prononcés par l’accusée se cachent probablement quelques émotions que l’impassible visage de la jeune actrice ne trahira cependant pas. Pour sa part, Anaïs Demoustier convainc moins que ses deux consœurs dans un rôle visiblement trop exigeant pour la jeune actrice qu’elle est.

Il y a un an, Antoine Raimbault livrait un premier long métrage : Une intime conviction (2018, Le réel plutôt que la fiction) qui nous avait laissé sur un avis mitigé. Autre film de procès mais de pure fiction cette fois, La fille au bracelet de Stéphane Demoustier nous laisse sur le même sentiment.

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