N.B. #26 – Basta capital (2020, Pierre Zellner)

En réalisant Basta capital, Pierre Zellner a fait œuvre politiquement incorrecte. A l’extrême (gauche), parfois jusqu’au-boutiste, ce film détonne dans le paysage cinématographique français contemporain volontiers véhicule de valeurs conservatrices. Film politique, Basta capital prône la révolution, non pas celle du cinéma faute de moyens, mais celle politique du fonctionnement de notre société libérale.

En 2020, dans un contexte social plus tendu que jamais, une communauté d’activistes perd l’un des leurs lors d’une manifestation, sous les coups des forces de l’ordre. Suite à ce drame, ils vont enlever des patrons du CAC 40 pour forcer Emmanuel Macron à appliquer une réelle politique anticapitaliste.

Basta capital a une portée indéniablement d’ordre politique. Son titre comme celui du projet dont il est issu – Décapita(lisa)tion – ne font pas mystère du positionnement du film sur l’échiquier politique. Les thèses avancées sont celles de l’extrême-gauche. Dans ce métrage tourné en huis clos, les visages de Louise Michel, Thomas Sankara, Angela Davis ainsi que celui de Che Guevara apparaissent peints sur l’un des murs du lieu unique qui sert de décorum au film. Dans la même veine, le personnage central incarné par Jean-Jacques Vanier, à la tête d’un groupuscule de sept autres activistes, cite dans de larges mesures Pierre-Joseph Proudhon, premier théoricien révolutionnaire du XIXème siècle et précurseur de l’anarchisme.

L’acte de rébellion politique mis en scène par Pierre Zellner est marqué par une radicalité extrême. Film-militant et plus encore film-tract, Basta capital relève d’une certaine utopie. On comprend que le réalisateur-scénariste a imaginé son scénario fictionnel comme un possible acte prophétique. Film frénétique, souvent brouillon jusqu’à la caricature, l’absence de moyens mis à disposition du metteur en scène est visible. Zellner ne s’attarde ainsi guère sur la mise en scène et laisse ses acteurs, non professionnels pour la plupart, livrés à eux-mêmes. L’attention du réalisateur se porte plus volontiers sur le message qu’il souhaite faire passer au fil de dialogues dont on distingue mal l’étendue de la part improvisée. Mais l’application portée sur le fond vire parfois au didactisme. Maladroit, Basta capital est affaiblit par nombre de défauts constatés dans de nombreux premiers films. Le propos militant et indubitablement sincère est ainsi malheureusement desservi par les erreurs techniques constatées sur la forme et la direction d’acteurs.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.