N.B. #4 – Dark river (2017, Clio Barnard)

Dans Dark river, Clio Barnard reconduit la veine socio-réaliste qui caractérisait Le géant égoïste (2013), son précédent et premier long-métrage. Dans son Yorkshire natal, la réalisatrice britannique filme un quotidien agricole âpre et précaire sur fond de querelles familiales entre un frère (Mark Stanley) et une sœur (Ruth Wilson).

Après la mort de son père et quinze ans d’absence, Alice revient dans son Yorkshire natal réclamer la ferme familiale qui lui était promise. Mais son frère Joe, usé par les années à s’occuper de l’exploitation et de leur père malade, estime que la propriété lui revient. Malgré les trahisons et les blessures du passé, Alice va tenter de reconstruire leur relation et sauver la ferme.

Clio Barnard semble emprunter les mêmes codes et ressorts cinématographiques que ceux employés dans Le géant égoïste. Si Dark river troque la ville pour la campagne pour transposer le Yorkshire aux Cévennes, lieu de l’action du roman Les silences de Rose Tremain ici adapté au cinéma, il convainc cependant moins que son aîné. La faute en revient principalement à un scénario faussement rendu complexe par un montage mêlant de façon artificielle un présent et un passé séparés d’une quinzaine d’années.

L’autre faiblesse scénaristique provient du traumatisme vécu quinze ans plus tôt par Alice. La cause de celui-ci sera rapidement devinée par les spectateurs. De la même manière, les mauvaises relations entretenues avec son frère ne font pas non plus mystère longtemps, y compris pour les spectateurs n’ayant pas lu le synopsis du film. Dès lors, l’intrigue de Dark river perd beaucoup en intérêt et se réduit comme une peau de chagrin. De plus, l’épilogue ouvert à toutes les ellipses peut surprendre et laisser le spectateur perdu dans les beaux paysages du Yorkshire.

Le roman de Rose Tremain proposait une belle matière mais Barnard l’exploite de manière non optimale. La veine socio-réaliste empruntée était la bonne d’autant que la réalisatrice ne sur-dramatise pas son récit mais la construction alambiquée de celui-ci sert questionne plus qu’il n’entretient un mystère éculé, dommage.

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