Saul Bass – Graphisme, affiches et génériques (3/4)

Au-delà de la conception d’affiches et de génériques pour, entre autres, Otto Preminger et Alfred Hitchcock, Saul Bass (1920-1996) s’orienta progressivement vers des activités de conception visuelle avant d’exercer ses talents de graphistes dans la réalisation cinématographique d’un film et de plusieurs courts métrages.

En 1960, Alfred Hitchcock et Stanley Kubrick lui laissèrent le soin d’effectuer la conception visuelle  de séquences entières. Stanley Kubrick lui confia ainsi de dessiner toutes les scènes de combats de Spartacus.

Dans Psychose, il fut l’auteur du storyboard du meurtre de Marion Crane sous la douche, de celui du détective Arbogast dans l’escalier ainsi que de la découverte du cadavre de la mère dans la cave. La scène du meurtre de l’héroïne défiait alors la censure par sa violence et sa nudité. Pour cette célèbre séquence, Saul Bass livra un storyboard composé de quarante-huit photogrammes correspondant exactement à la scène finalement filmée et montée.

Nous pouvons constater que cette scène culte affiche deux caractéristiques alors inédites dans les réalisations du cinéaste anglais. A l’extrême découpage de la séquence est associé un montage technique très rapide. Ces deux particularités servent parfaitement l’ambiance anxiogène recherchée par le réalisateur. A peine pouvons-nous rapprocher de cette fragmentation celle du corps de l’affiche et du générique d’Autopsie d’un meurtre (Anatomy of a murder, Otto Preminger), œuvres, un an plus tôt, de Saul Bass.

En 1961, Saul Bass fut chargé de concevoir, outre le générique, la présentation des bandes rivales du début de West side story de Robert Wise. Il conçut donc toute l’ouverture du film jusqu’aux plans aériens sur le terrain de jeux à Manhattan des deux bandes rivales.

En 1966, il fut également conseiller visuel et réalisateur du générique pour Grand prix de John Frankenheimer. Pour ce générique, Saul Bass reprit le dispositif mis en œuvre dix ans plus tôt dans celui du Tour du monde en 80 jours (Michael Anderson) mais en s’appuyant cette fois-ci sur des prises directes.

Au-delà du générique, il réalisa pour John Frankenheimer les nombreuses scènes de courses du film. Chacune de ces séquences est filmée et montée selon un principe propre, aucune redondance n’est détectable.

Il faut rappeler que Grand prix suit de deux ans le premier court métrage réalisé par Saul Bass. C’est en effet en 1964 qu’il réalisa The searching eye (25′). Un premier essai qui obtint le prix du meilleur film sur l’adolescence lors de la Mostra de Venise de 1965. Cinq autres courts métrages suivront, tous expérimentaux et consacrés au thème de la communication, dont Why man creates qui remporta l’Oscar du meilleur court métrage documentaire en 1969.

Ces succès le poussèrent à la réalisation de longs-métrages. Sa première tentative demeurera unique car Phase IV (1974), film de science-fiction ambitieux, ne rencontra pas de succès public malgré d’indéniables qualités. La raison de l’échec du film auprès des critiques et du public est très probablement liée au caractère très avant-gardiste de Phase IV.

Lire la suite : Saul Bass – Graphisme, affiches et génériques (4/4)

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