N.B. #25 – Miel (2010, Semih Kaplanoglu)

Lauréat de l’Ours d’or décerné lors de l’édition 2010 de la Berlinale, Miel du cinéaste turc Semih Kaplanoglu s’adresse à tous les publics. De 7 à 77 ans, tout le monde peut trouver intérêt à visionner ce film qui s’inscrit bien dans la veine du cinéma turc actuel et notamment dans le sillon tracé par Nuri Bilge Ceylan auteur récemment du Poirier sauvage (2018, Racines domestiques). Cependant, aux héros adultes de ce dernier, Kaplanoglu préfère la mise en scène d’un jeune protagoniste.

Yusuf a 6 ans, il vit avec ses parents dans un village isolé d’Anatolie. Pour le petit garçon, la forêt environnante est un lieu de mystère et d’aventure où il aime accompagner Yakup, son père apiculteur. Il le regarde avec admiration installer ses ruches et récolter le miel à la cime des arbres. Les abeilles se faisant de plus en plus rares, Yakup est obligé de partir travailler plus loin dans la forêt. Mais il tarde à revenir, et le monde se retrouve soudain plein de son absence.

Certes le scénario mis en œuvre est sans grande surprise ni grand suspense. Certes l’histoire racontée ne bénéficie pas non plus d’une extrême originalité. Mais la narration est parfaitement maîtrisée de bout en bout par Semih Kaplanoglu. Un scénario dont le réalisateur est aussi coauteur et qui s’articule autour de Yusuf âgé de 6 ans et de ses parents. Leur village isolé d’Anatolie et la forêt environnante proposent un terreau fertile en mystères pour le jeune héros au côté de son père apiculteur.

Surtout, Miel jouit d’indéniables qualités formelles. Par leur beauté visuelle, certaines séquences du film sont à ranger dans la catégorie du cinéma contemplatif. Kaplanoglu fait notamment preuve d’une indéniable aisance dans sa gestion magnifique de la profondeur de champ. Pour tous les spectateurs, Miel est un bel exercice pour former son regard et apprendre à bien « regarder ». Pour les cinéphiles, ce film, par ses références directes, est un hommage au cinéma d’Andreï Tarkovski et plus particulièrement au Miroir (1975) ou encore à Stalker (1979, Œuvre originelle).

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